Marseille entame son demi-fond

L'OM se rend à Lens, avant-dernier du championnat, avec un impératif logique de victoire. C'est que les Marseillais se doivent d'engranger pour le sprint final. Qui n'est pas pour de suite, contrairement à ce qui est annoncé.

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Le reporter du Canal Football Club voulait faire de l'humour. Du "décalé", comme ils disent. Tant qu'à parler de sprint, ils voulaient demander à Didier Deschamps qui courait le plus vite, vendredi à la Commanderie. La réponse de l'entraîneur marseillais ne fut pas loin d'être l'une des phrases les plus intéressantes de la journée : « Il reste dix journées, ce n'est pas un sprint. C'est plus un demi-fond. Un sprint, pour moi, c'est court, c'est quand il reste quatre-cinq matchs. Là, ce n'est pas le cas » . Pas faux. 10 journées, c'est plus d'un quart du championnat, pas de quoi s'enflammer. Même si l'emballement médiatique est prompt à condamner le moindre faux-pas, à assimiler une bonne victoire à un grand pas vers le titre ou la Ligue des Champions, nous n'y sommes pas encore. Ce qui veut dire que l'OM n'a pas le couteau sous la gorge, et que Lille finira bien par laisser des points en route. D'autant que pour Stéphane M'Bia, l'OM a neuf points à rattraper. Lorsqu'on fait remarquer au Camerounais que l'écart avec Lille n'est que de quatre unités (avant la victoire lilloise contre Caen ce samedi, ndlr), il brandit un tableau de marche interne au groupe : «  J'intègre les défaites à Nice et contre Lille. Sans ça, on aurait neuf points de plus » . Probablement des histoires de bonus offensifs...

Une chose est sûre, le match à Lens, le syndicaliste le place dans la catégorie des matchs où l'OM n'a pas autre chose à faire que prendre les trois points. Même si le match est diffusé un dimanche soir sur Canal, que c'est peut-être une des dernières occases pour les joueurs lensois d'améliorer leur image, les Marseillais doivent montrer qu'ils sont costauds, et qu'ils peuvent faire sans Souleymane Diawara, suspendu. « Je n'ai pas de soucis. Ni devant, ni derrière. J'ai juste des choix à faire » , rappelle Deschamps à ce sujet. Pour pallier l'absence du Sénégalais, l'entraîneur marseillais peut faire redescendre M'Bia en charnière, ou le laisser au milieu, offrant la possibilité à Hilton de refaire surface. Quand on demande à la Dèche si le Brésilien a 90 minutes dans les jambes, il rétorque : « Vous avez qu'à me demander qui va jouer, c'est plus simple » . Un début de réponse. C'est qu'au milieu de terrain, M'Bia est apparu sacrément affûté au côté de Cheyrou. L'attelage permet aux quatre éléments situés plus haut sur le terrain d'attaquer sans retenue, comme ce fut le cas en début de match contre Paris. Même s'il ne saura qu'à la causerie de dimanche, 18 heures, à quel poste il joue, le numéro 17 abonde dans ce sens : « Ben, c'est mon aîné, je suis à l'écoute de lui. Il est super technique, super intelligent. Comme Lucho » . Bien vu Stéphane. L'Argentin, indiscutable aux yeux de Deschamps, devrait lui aussi faire son retour.

Valbuena devrait donc être rebasculé sur un poste d'attaque, boutant Rémy ou Gignac hors du onze de départ, puisque André Ayew est en feu. Il y en a toujours, et ils sont de plus en plus nombreux, pour dire que les deux attaquants français devraient être alignés au profit de Lucho Gonzalez, qui n'a rien montré lors de son entrée contre Paris. « El Commandante » , nettement moins bien cette saison, apparaît même comme une des seules faiblesses du bilan de Deschamps à l'OM. Un bilan que l'on annonce de plus en plus définitif au terme de cette saison, sus à Jean-Claude Dassier. « Je ne sais pas pourquoi on parle sans cesse de ça. Il y a peut-être moins d'actualités, ça concerne peut-être moins d'entraîneur. Moi, ce qui m'intéresse, c'est que l'on atteigne nos objectifs » , rétorque Deschamps, peu convaincant, à l'évocation de ce sujet. Voilà donc pourquoi l'OM est obligé de gagner à Lens. Car si l'on compare sans cesse cette équipe à celle de l'an dernier, le parallèle avec la formation d'il y a deux saisons paraît autrement plus pertinent. Après des semaines d'incertitudes, Gerets, pris de court, avait annoncé son départ à son groupe avant la fin du championnat. Alors autant faire le plein de points, avant que Deschamps ne convoque tous ses joueurs à la fin d'un entraînement pour leur dire que ce que raconte le quotidien du sport et de l'automobile est vrai. Car avec 10 matchs à jouer, tout peut encore très mal se terminer.

Par Romain Canuti.

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