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Marius Trésor : « Si tu te fais chier sur le terrain, pas la peine de choisir ce sport »

Ancien défenseur, capitaine de l’équipe de France, joueur d’Ajaccio, Marseille et Bordeaux, Marius Trésor travaille désormais avec la réserve des Girondins comme adjoint de Patrick Battiston. Le grand Marius nous parle football, société, cinéma et évoque quelques souvenirs de son grand ami Jean-Pierre Adams avec qui il formait la célèbre Garde noire des Bleus dans les années 70.

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Jeune, vous aimiez les films avec Delon, Bronson, Belmondo...
Ils ne jouent plus, mais je les aime toujours.
« Les films cultes que je regarde très souvent sont ceux de Bruce Lee. Lorsque Opération Dragon est sorti, je suis arrivé au cinéma à 13h30. Je suis ressorti du cinéma, il était minuit et demi. Je suis resté les quatre séances à la suite ! »
Les films cultes que j’ai et que je regarde très souvent sont ceux de Bruce Lee, même s’il est mort en 1973. Je me régale et je vais vous dire, lorsque Opération Dragon est sorti, et je le dis sur la tête de mes enfants, je suis arrivé au cinéma à 13h30, ça faisait un quart d’heure que la séance avait débuté. On était au début du film quand il disait au revoir à sa mère sur sa tombe ! Je suis ressorti du cinéma, il était minuit et demi. Je suis resté les quatre séances à la suite ! Je trouvais sa vitesse d’exécution fantastique. À l’époque où je jouais à l’Olympique de Marseille, on avait un président qui s’appelait Fernand Meric, c’est à lui qu’appartenait le cinéma. Il nous donnait des cartes pour y aller. Ces derniers temps, il y a un film que j’ai aimé : Jack Reacher avec Tom Cruise, magnifique. J’ai aussi bien aimé le film Logan, le dernier X-Men ! Si un film est trop mou, je m’endors. Il faut que ça dépote !

Mission Impossible ou James Bond ?
J’ai tous les Mission Impossible et tous les James Bond. C’est un choix difficile, mais je prendrais quand même les James Bond.

Pour ce qui est du film de votre vie, vos débuts dans le foot commencent en Guadeloupe.
J’ai commencé à jouer assez tôt, mais d’une manière tranquille. Mon frère faisait du vélo. Moi, j’ai toujours voulu m’amuser avec mes amis. Le vélo n’était pas un sport où je prenais du plaisir. En plus, quand je voyais l’état dans lequel revenait mon frère ou mes oncles après une chute... Et puis, j’avais la plage de Sainte-Anne où on était très souvent avec mes copains en train de jouer. Je pense que ce sont ces conditions qui m’ont permis d’être physiquement bien pour affronter le sport en Guadeloupe, puis en Métropole un peu plus tard. J’ai fait aussi de l’athlétisme et ça m’a beaucoup aidé.

Hors foot, le petit Marius a fait des bêtises ?
En remontant dans mes souvenirs, je crois que ma mère ne m’a mis une rouste qu’une seule fois. La fois où elle m’a tapé, je le méritais. J’ai pris ça comme un avertissement et à partir de là, j’ai fait moins de conneries qu’avant. Je pense avoir reçu une très bonne éducation de la part de mes parents et c’est ce que j’essaie de mettre en pratique avec mes enfants.

Le motif de cette rouste ?
J’étais avec des amis et j’avais pris cinq francs chez une tante, aujourd’hui ça ne représente pas grand-chose. C’était pour aller acheter des conneries. Ma mère a su que c’était moi, donc elle m’a remis à ma place par une bonne volée. Mes parents m’ont inculqué le respect des aînés, le fait de toujours bien se comporter, ne pas faire le con, respecter les gens, ne pas se laisser aller. Ce sont des principes que j’ai toujours essayé de garder et ça m’a réussi.

Si on comparait la Guadeloupe dans laquelle vous êtes né et celle d’aujourd’hui ?
À mon époque, il n’y avait pas cette invasion des Dominicains, Haïtiens, Jamaïcains... Ils venaient en Guadeloupe, mais c’était vraiment tranquille. Après, il a commencé à y avoir la drogue, des trucs comme ça. Je n’ai pas vraiment connu cette période, mais j’ai un petit neveu qui malheureusement est complètement hors du temps maintenant. Il allait régulièrement sur la plage de Sainte-Anne et les gens l’ont fait fumer et là, il est comme un mort-vivant. Ça fait très mal de voir ça. Moi, tout le temps que j’ai passé sur cette plage, c’était seulement pour jouer au football. À cette époque-là, la plage était immense. On pouvait faire un 11 contre 11 sans empêcher les touristes de bronzer. L’étendue de plage était magnifique. Au fur et à mesure du temps, avec les océans qui montent, on a un peu moins de place pour jouer.

Pourquoi la Guadeloupe a-t-elle autant changé ?
Vous savez, c’est une île. Il n’y a pas beaucoup de possibilité d’emploi. Le taux de chômage y est conséquent. À partir de là, il y a de la délinquance. C’est terrible de voir où on en est alors qu’à mon époque, c’était la joie de vivre. On vivait beaucoup mieux. Maintenant le soir, tu ne peux pas te balader dans certains quartiers de Pointe-à-Pitre. Les gens ont peur. On ne peut plus laisser sa maison ouverte. Des connaissances se sont fait braquer en mangeant chez eux. En 1969, j’avais une belle et sympathique île, enfin elle l’est toujours.

Comment améliorer les choses ?
Faire en sorte que les gens aient un travail. Le taux de chômage est élevé. À partir de là, ils sont capables de faire n’importe quoi.

Vidéo

Avez-vous eu peur au moment de quitter la Guadeloupe ?
Bien sûr que j’ai eu peur.
« Si je n’étais pas tombé dans un endroit aussi merveilleux que la Corse, jamais on aurait entendu parler de Marius Trésor. »
Je quittais un endroit que je connaissais par cœur, mais le fait d’arriver sur une île m’a facilité les choses. Les Corses ne m’ont pas considéré comme un étranger, mais comme un îlien comme eux. J’ai toujours dit que si je n’étais pas tombé dans un endroit aussi merveilleux que la Corse, jamais on aurait entendu parler de Marius Trésor.

On parle beaucoup du racisme sur les terrains corses. Vous n’en avez jamais été victime ?
Non. La seule fois où on m’a parlé de ma couleur de peau sur un terrain de foot, c’était lors d’un match à Angoulême avec Ajaccio en 70-71. L’attaquant adverse a fait une allusion à la couleur de ma peau, mais je lui ai répondu : « Je sais que je suis noir, je suis né comme ça et tes insinuations ne me font rien.  » J’ai joué plusieurs fois à Bastia, je n’ai jamais eu de problème, c’est peut-être parce que j’avais joué à Ajaccio. J’y suis revenu avec Marseille et Bordeaux et en sortant du terrain, je discutais avec les gens, je n’ai jamais entendu de « sale nègre » ou ce genre de truc. Certains joueurs avaient peur de venir jouer en Corse. Ceux-là peuvent dire n’importe quoi. Moi, ça ne m’est jamais arrivé, donc je ne vais pas inventer. En plus, je ne suis pas le seul noir à avoir joué là-bas, regardez l’histoire du football corse : Roger Milla, Jacques Zimako et même dans l’équipe actuelle avec Saint-Maximin... S’ils jouent en Corse, c’est qu’ils y sont bien et n’ont pas de problèmes de racisme. Et il faut aussi savoir se comporter, que ce soit en Corse ou aux Antilles. Parfois, les gens pensent qu’ils arrivent en pays conquis et croient pouvoir faire ce qu’ils veulent. Il faut respecter les us et coutumes des Corses. Après, peut-être que mon intégration a été facilitée parce que j’étais joueur et que les Corses aiment le football. Mes années en Corse, je ne les oublierai jamais.

Georges Boulogne, ancien entraîneur de l’équipe de France, vous décrivait comme un joueur de classe. Quel était votre style ?
Je taclais beaucoup, mais lorsque je le faisais, ce n’était que pour récupérer le ballon, pas pour faire mal ou blesser l’adversaire. L’athlétisme m’a donné la capacité d’aller assez vite, ça m’a beaucoup aidé. Je suis arrivé en équipe de France après deux ans passés dans le football français. Je pense que ce que m’a demandé Georges Boulogne, j’ai réussi à l’apporter à l’équipe de France. J’ai toujours considéré le football comme un jeu. Si tu ne prends pas de plaisir, si tu te fais chier sur le terrain, ce n’est pas la peine de choisir ce sport. Même dans les mauvais moments, j’ai pris du plaisir parce que le football me permettait de me défouler.

Aujourd’hui, on a l’impression que tacler, salir son short, c’est limite dégradant pour un défenseur.
Ceux qui pensent ça ne sont pas de vrais défenseurs, mais nous ne taclions pas à tout-va. C’est en dernier recours, quand tu ne peux plus faire autrement, c’est un geste noble. Des tacles, j’en ai fait des milliers et je n’ai jamais blessé quelqu’un. Il y a tellement de tricherie maintenant. Tu ne touches même pas l’attaquant, il gueule et les arbitres qui n’ont pour la plupart jamais joué au football sifflent alors qu’il n’y a rien.

Vous avez joué attaquant, stoppeur puis libéro, un poste quasi disparu. Expliquez-nous les spécificités du rôle.
À cette époque, on jouait avec un arrière droit, un arrière gauche, un libéro et un stoppeur. Le libéro était un défenseur libre qui était là pour couvrir les trois autres. Quand il prenait le ballon, il était aussi capable d’apporter cette supériorité numérique par ses montées, chose qu’on ne voit plus chez un défenseur central. Les latéraux montaient peu. La plupart du temps, c’était le stoppeur et le libéro qui sortaient. Aujourd’hui, les latéraux apportent le surnombre, débordent et centrent. J’ai regardé jouer le Paris Saint-Germain à plusieurs reprises, quand je vois un joueur comme Thiago Silva, il ne franchit la ligne que pour les coups de pied arrêtés. Le dernier défenseur que j’ai vu sortir pour aller mettre le feu dans la défense adverse, c’est Souleymane Diawara. Bordeaux mène 2-0 à Marseille. À l’arrivée, on fait 2-2 et on a failli perdre dans les dernières minutes parce que dès qu’il prenait le ballon, il percutait, apportait cette supériorité numérique.

Vidéo

On connaît vos talents de footballeur... mais aussi de chanteur. D’où vient la chanson Sacré Marius ?
C’est la faute de Julien Clerc. J’étais en stage avec l’Olympique de Marseille et je reçois un coup de fil de son secrétaire. Il était invité sur l’émission Le Grand Échiquier. Je crois que sa grand-mère était d’origine antillaise, il voulait que je participe à cette émission. Puis Julien me demande : « Est-ce que tu veux fredonner une petite chanson ? » Je lui réponds : « Je suis un footballeur professionnel, mais un piètre chanteur. » Je me retrouve sur le plateau et il lance : « Il m’avait dit qu’il ne voulait pas chanter, mais il ne va pas refuser de fredonner une petite chanson antillaise avec moi.  » On a chanté Adieu foulard, adieu madras. Lorsque je retourne sur Marseille, deux gars viennent me voir en disant : « On a regardé Le Grand Échiquier, tu sais que tu as une voix extraordinaire... on peut faire quelque chose. » J’ai refusé. Et puis l’équipe de France gagne face à la Bulgarie 3-1. On est qualifié pour le Mondial 78 en Argentine. Dans l’euphorie générale, j’ai accepté, on a fait un 33 tours.

Pour revenir au terrain, qu’avez-vous ressenti au moment de soulever la Coupe de France, votre seul titre obtenu avec Marseille ?
Énormément de plaisir. On avait fait un championnat assez moyen. Je crois qu’on avait terminé 10es, donc pour nous, c’était une façon de sauver cette saison. Le seul garçon qui avait déjà gagné plusieurs Coupes de France était Georges Bereta. Il nous a déridés un peu.

Vidéo

Vous auriez aimé jouer au Bayern...
Oui, c’était lors de la saison 79-80. Au mois de décembre, je reçois une proposition du Bayern. Je monte à Munich, j’y passe la visite médicale, tout est OK. Il me restait six mois de contrat, il ne manquait que l’accord entre Marseille et le Bayern. Une personne du club a demandé une somme astronomique et ça a capoté. Ça m’aurait permis de connaître autre chose. C’était un challenge assez élevé puisqu'il fallait remplacer Franz Beckenbauer. Ce n’était pas n’importe qui ! J’avais 30 ans, je m’étais dit pourquoi pas.

Vous avez subi des blessures qui vous freineront beaucoup par la suite, mais vous signez à Bordeaux avec un contrat assez révolutionnaire.
Quand j’arrive à Bordeaux en 1980, c’est un challenge. Pour la majorité et on l’a lu dans les journaux, ils considéraient que le football était terminé pour moi. Claude Bez, le président, m’a dit : « On va faire un deal. Tant que nous sommes dans les cinq premiers, aux portes de l’Europe, tu auras quelque chose. En revanche, au départ, 10 000 francs par mois et c’est à toi d’aller chercher le reste.  » Les quatre années où je suis resté à Bordeaux, on a toujours côtoyé les places européennes.

Vous avez vécu une deuxième jeunesse à Bordeaux. Qu’est-ce qui vous plaît tant ici ?
« Je suis venu à Bordeaux en 1980 pour un an et en 2017, j’y suis toujours. »
Quand on s’installe quelque part, il faut aimer la région et elle est magnifique. Ma femme adore la neige. Elle n’est qu’à deux heures, et la mer n’est pas loin non plus. Je suis venu à Bordeaux en 1980 pour un an et en 2017, j’y suis toujours.

Vidéo

Revenons brièvement sur France-Allemagne 82 où vous marquez cette fameuse volée. Vous avez dit avoir fermé les yeux, c’est vrai ?
Non, je rigole ! Mon ami Patrick Battiston n’arrête pas de me chambrer en disant : « Il voulait dégager, il s’est juste trompé de côté. » Il m’est arrivé de marquer des buts dans d’autres circonstances et dans d’autres matchs. J’ai joué attaquant, il y a des choses qu’on sent, qu’on retient.

Après la Coupe du monde, vous vous retrouvez à l’aéroport, la délégation allemande discute avec l’arbitre. Jean Tigana veut en découdre et vous le retenez.
C’est l’attitude de Monsieur Corver qui était vraiment déplacée. Il nous regardait, discutait avec les Allemands, rigolait. On a été obligés de retenir Jean Tigana qui était furieux, mais l’arbitre n’avait pas à avoir ce comportement.

Et selon vous, pourquoi l’avait-il ?
Avec tout ce qu’il se passait à la FIFA, on peut se demander s’il n’y a pas des choses arrangées, parce que Monsieur Corver avait été très bien en première mi-temps. Le voir passer à côté et complètement disjoncter en seconde et pour le reste du match, tu te demandes si... l’Italie était déjà qualifiée. À cette époque, s’il y avait eu un Italie-France en finale, ça aurait été moins huppé qu’un Italie-Allemagne. On se demande si en haut lieu, il n’y a pas eu des choses qui se sont passées et qu’on ne connaît pas. Je ne comprends toujours pas.

À vos débuts en équipe de France, vous formiez une sacrée paire avec Jean-Pierre Adams, plongé dans un profond coma depuis trente-trois ans après une erreur d’anesthésie.
Vous savez, la première fois que j’ai rencontré Jean-Pierre Adams, on était adversaires, c’était la fois où on a fait un 2-2 face à Nîmes avec Ajaccio. Pendant le match, il y a un ballon entre nous deux et j’ai un coéquipier, Réginald Dortomb, qui me crie : « Chope-le ! Je ne sais pas s’il parlait du ballon.  » On s’est arrêté quasiment en même temps avec Jean-Pierre et il lui a dit : « Entre nous, on ne mange pas de ce pain-là.  » On s’est retrouvé à l’hôtel de ville d’Ajaccio où on a discuté un peu, puis lors de la tournée avec l’équipe de France au Brésil en 72. On a vraiment appris à se connaître. Quand on nous voyait jouer, les gens parlaient de la Garde noire. C’était Ștefan Kovács qui nous avait surnommés comme ça après une victoire en Pologne. À cette époque, il n’était pas courant que la France gagne un match à l’extérieur.

Quel genre d’homme était Jean-Pierre Adams ?
C’était un roc. Jouer derrière Jean-Pierre, c’était un régal. Lorsque l’attaquant arrivait à sortir de ses griffes, il ne restait pas grand-chose, donc c’était tout bénef pour moi. On a passé de très bons moments ensemble. Il n’y avait pas d’iphone ni de tablette, donc on jouait souvent aux cartes, au tarot. Même ceux qui ne jouaient pas étaient intéressés. On était toujours en train de discuter. Pour moi, Jean-Pierre était un joueur exceptionnel et ce qui lui est arrivé est vraiment dommage.

Propos recueillis par Flavien Bories
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
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Dans cet article

Arrggghhh, je savais bien que je n'aurais pas dû lancer la vidéo...
Et cette saloperie d'arbitre qui se marre avec ce salopard de dopé de gardien de but allemand...
Cafu crème Niveau : Ligue 2
Sacré Marius!
Vous plaisantez ou quoi,

Comment voulez vous que je commence à lire votre interview quand on voit la photo Gay Pride juste avant de démarrer..

Tout le Sérieux part en sucette...

RiKette Mon Amour
InspectorNorse Niveau : Ligue 2
"ce qui lui est arrivé est vraiment dommage"...comme une chaussette qu'on aime bien et qu'on perd dans un Ouibus...
Immense joueur, mais un peu vieux con non?
J'ignorais complètement ses contacts avec le Bayern. Excellent joueur, très élégant.
Ce commentaire a été modifié.
Mon père a connu son arrivé chez nous, à Ajaccio, il avait laissé un super souvenir au club. C'est vrai que les joueurs (et même au delà les gens) d'origines antillaises se plaisent bien ici en général.

ps: mention spéciale pour la photo avec Paga' en légende ! Aucun respect les mecs ! ^^
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 3
Marius Trésor.

Rarement connu quelqu'un qui portait aussi bien son nom. Quel inépuisable Trésor !

Je l'ai raté le trésor, à une génération près ; mais j'ai bien comblé la distance. Je l'ai vu mon Marius, se battre comme un diable pour remporter cette coupe de France face à l'OL de Chiesa et Lacombe. Je l'ai vu, paré de sa superbe tunique bleue, constituer notre sublime garde noire, dont il était l'étincelle de joie.
Il y a ce fameux match au Maracana, où l'équipe d'Hidalgo a fait taire tout un peuple pourtant si fier de son football. Et c'est Marius qui les a fait taire !
Rivelino, Paulo César, Roberto "Dynamite", les minots Edinho et Cerezo... Il y avait un gratin inestimable en face. Didier Six a inscrit son chef-d'oeuvre en bleu et Marius a parachevé le morceau. Point final !
Je pense que ce nul est l'un des grands socles du règne d'Hidalgo. Une pierre d'achoppement qui a permis de construire le règne à venir.
Et puis cette reprise à Séville, bouleversante. Et encore plus que la reprise, la joie incommensurable qu'il y a eut derrière.
Joie, joie, joie, inépuisable joie !

Un trésor de joie. Un trésor d'homme.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 1
Je l'appelle "Mon Marius", bien qu'il n'appartienne pas à ma génération. Mais tout homme un peu amoureux du foot et un peu amoureux du maillot bleu ne peut que l'appeler MON Marius.

Cet homme nous a tout donné. Nous a rendu fier.

Il nous appartient autant que nous lui appartenons.
De retour ?


Plaisir de te retrouver ici.
2 réponses à ce commentaire.
Dommage qu'il ait arrêté sa carrière internationale fin 1983.
Il aurait mérité de participer au titre européen de 1984.
Pour sa dernière saison, il aura au moins été champion de France avec Bordeaux.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  21:21  //  Aficionado de l'Argentine
Note : 2
Petit détail mais la plage de Saint-Anne où je passais tous mes étés, gamin, a surtout été victime des cyclones qui l'ont profondément modifiée, déracinant les cocotiers et dévastant les digues de rochers naturelles ! Dommage, la plage est toujours très belle mais il y a 20-30 ans, elle était vraiment sublime ! J'en ai fait des parties de foot endiablées là-bas, jusqu'à la tombée de la nuit...
Dernier point hors-foot : je regrette un peu qu'il tienne ce discours sur les Haïtiens et Dominicains - comme beaucoup de Guadeloupéens aujourd'hui (je me prends souvent la tête avec ma grand-mère à ce sujet) - qui font office de boucs émissaires faciles alors que les maux de l'île sont beaucoup plus complexes que ça et sûrement pas imputables à cette immigration clandestine de la misère.

Mais comme c'est Marius, je lui pardonne. Guadeloupéen + légende de l'OM : forcément, je ne peux qu'être un admirateur.
Et puis, quel footballeur ! Calme, précis, élégant, technique, solide, excellent au marquage, très bon relanceur, et puis ce charisme magnétique... Je trouve que sa place dans l'histoire du foot français est parfois un peu sous-évaluée alors qu'il fut l'un des grands défenseurs centraux des années 70/début 80 et pour moi, l'une des références mondiales du poste. D'ailleurs j'ai toujours vu une certaine filiation entre Marius Trésor et le Laurent Blanc libéro des grandes années.

Et comme le souligne l'inestimable Alegria, Marius, c'est bien sûr Séville 82 mais aussi ce fameux nul 2-2 en 77, au Maracaña. Certes, ce n'était plus la mythique Seleçao de 70 et pas encore le fabuleux Brésil 82. Certes, le militaire Claudio Coutinho n'était pas connu pour être un adepte du futebol arte et du joga bonito. Mais quand même, il y avait du beau monde côté auriverde : le légendaire Rivelino, l'immense Toninho Cerezo, le roc Edinho, l'artilleur Roberto Dinamite, la muraille Leao, le fantasque Paulo Cesar ou encore le funambule Paulo Isidoro ! Un match sans nul doute fondateur pour l'EDF et qui posa quelque part les bases des succès futurs, après de longues années de vaches maigres...
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Note : 1
Superbe hommage mon ami ! Tu m'as plongé dans ton enfance comme une langouste dans le court-bouillon.

Tu m'as donné envie de cuir et de me faire décarcasser !
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  23:55  //  Aficionado de l'Argentine
C'est malin, maintenant je vais rêver d'une bonne langouste grillée et d'un court-bouillon de poissons... ou même de ouassous (les écrevisses antillaises, un vrai délice !), à déguster dans une paillote, les pieds dans l'eau. ^^
 //  00:26  //  Fidèle de Lyon
Pareil je suis de Martinique et le passage m'a fait bondir. Tu comprends avec ce genre de raisonnement le score de Marine dans certaines îles... C'est beaucoup trop facile de dire que c'est la faute de l'immigré bref...
Sinon je plussoie son commentaire sur les îles.. Les mecs qui arrivent en mode conquistador et qui ne comprennent pas le fonctionnement... De là à dire qu'il n'y a pas de racisme en Corse ..
3 réponses à ce commentaire.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  21:23  //  Aficionado de l'Argentine
Sinon la photo est juste magique !^^
Bravo pour cette superbe carrière Marius !
Beaucoup a été dit sur cet homme, et mieux que moi, donc j'en rajouterais pas ^^

Ceci dit, et même si je suis un fervent partisan de donner un rôle aux grands anciens, faut avouer que l'expérience Battiston, et Trésor a un degré moindre car peu de responsabilités jusqu'à peu, sont un fiasco pour la formation bordelaise, on arrive a sortir des joueurs corrects (L1) mais tous dans le même moule physique/soldat qui fait pas de vague, mais aucun qui sort du lot, que ce soit par son niveau/talent intrinsèque ou par son jeu déstabilisant.
Exception faite de Vada, arrivé a 14ans d'argentine, et de Ounas, qui a tellement été surprotégé, que le gamin a des chevilles de la taille d'un porte-avion.
Laborde a du attendre 23 piges pour pouvoir jouer un rôle en équipe première, tellement il n'a pas été préparé pour ça ^^
Stop a l'escroquerie Battiston qui dure depuis trop longtemps maintenant, qu'on lui donne un rôle honorifique ou de représentation du club mais pas plus.
Pierrot Labat tu nous manques !
Je viens de jeter un œil pour la première fois au site du club où l'organigramme indique que Battiston est responsable du centre de formation mais que c'est Stopyra qui a la responsabilité du recrutement du centre de formation.
Tu as l'air de connaitre le sujet (en tout cas mieux que moi), les responsabilités ne sont-elles pas un peu partagées du coup ?
Battiston a en fait le rôle depuis des années de faire le lien entre les équipes de jeunes et le groupe pro, il entraîne la CFA depuis 2003 tout en étant le directeur du centre de formation avec Marius Trésor jusqu'au début des années 2010.
Il a également été directeur sportif de 1991 a 1995 puis directeur marketing l'année suivante, directeur sportif des jeunes entre 1996 et 1998, directeur du centre de formation de 1998 a 2003.
En bref une armoire Louis XV bien installée au Haillan.
Ses compétences ont très souvent été remises en question pour ce job, par les supporters évidemment, mais surtout par les différents coachs passés par le Haillan et même par certains joueurs, qui ne le disait pas trop fort pour ne pas passer pour des ingrats ou des arrogants.

En fait sa philosophie en jeunes est de gagner, d'assurer des résultats pour pouvoir présenter un bilan sportif honorable à sa direction et garder son statut.
Aucune vision a long terme pour la progression des joueurs ni de l'apport potentiel a l'équipe première.
Je peux te citer pêle-mêle des joueurs comme Trémoulinas qui a attendu 22ans et l'arrivée de Blanc pour monter en équipe 1 et que Blanc ait dû se déplacer voir la réserve pour constater que notre pénurie d'arrière gauche pouvait se résoudre facilement alors que Battiston lui disait qu'il n'avait pas de joueur a ce poste, Poundje 20ans, Laborde 23ans, tous ont attendu car Battiston ne poussait pas pour les faire monter, ne leur donnait pas le cadre nécessaire a une solidité et une connaissance des rouages du monde pro, pour pouvoir les garder encore un peu et assurer un minimum de résultats.
Ensuite des joueurs comme Baysse, Kryckhowiak, Valbuena, Lasne,Chalmé... tous des bons joueurs de championnat, voir plus, ont du s'exiler pour trouver de la considération ailleurs.
Il suffisait d'aller voir jouer la réserve pour constater l'absence total de projet de jeu, d'idées, de tactique.
Simplement une bonne condition physique pour dominer des équipes de ce niveau.
Je l'avais rencontré plusieurs fois a l'occasion de tournois de foot en -11,-13 il y a quelques années déjà,ça me rajeunit pas ^^ car on tapait tout le temps les équipes des girondins (qui d'ailleurs était loin d'être des cadors dans cette catégorie d'âge a l'époque) et il dégage une froideur, un truc hautain pas du tout humain qui est assez repoussant et qui donne pas vraiment confiance.
Il n'est pas entièrement responsable bien sur de ces manquements dans la transition jeune--groupe pro, ce serait bien trop simpliste, mais il a une grande part de ces responsabilités sur l'aspect sportif et le projet mis en place à la vue des exigences du haut-niveau français.
J'ajoute que la pierre philosophale de la formation bordelaise c'était Pierrot Labat, qui a pris du recul depuis quelques années.
Je m'attendais pas à une réponse aussi détaillée !
Merci beaucoup d'avoir pris le temps d’éclairer ma lanterne.
3 réponses à ce commentaire.
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