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Mario Lemina ne veut plus perdre de temps

Blessé depuis début novembre, Mario Lemina devrait bientôt faire son retour sur les prés de Serie A avec la Juventus. Apparu seulement à six reprises avec la tunique noire et blanche sur les épaules, Mario Lemina pourrait faire son retour dès cet été sur le Vieux-Port. À moins que l'ancien de La Garenne-Colombes ne finisse par s'imposer durablement dans le Piémont. Comme il l'a souvent fait par le passé.

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De Mario Lemina, le grand public retient surtout cette photo prise à la hâte, le 31 août dernier, devant la Clinica Fornaca de Turin, quelques instants après avoir atterri sur le sol italien. La crête impeccablement peignée, le pouce en l'air et le sourire aux lèvres, l'ancien Merlu venait de s'engager pour un an avec la Juventus sous la forme d'un prêt à 1,5 million d'euros. Cinq mois plus tard, que reste-t-il de l'international gabonais qui avait débuté par quatre titularisations en Serie A et un but face à Naples trois semaines après son arrivée ?

À l'heure où la Vieille Dame commence tout doucement à penser à son huitième de finale face au Bayern, Max Allegri a rendu il y a quelques jours la liste des joueurs sélectionnés pour la seconde phase de la Ligue des champions. Une liste de vingt-trois hommes où figurent les noms de Paul Pogba et de Patrice Évra, mais pas celui du natif de Libreville. Un crève-cœur pour le jeune Mario qui s'apprête à faire son retour de blessure et qui aurait bien croqué, même un minuscule bout, dans ce huitième de finale si ragoûtant. Mais qu'importe, le principal reste de jouer, peu importe contre qui et contre quoi. Car comme l'écrivait l’intéressé le 26 janvier sur Twitter : « Beaucoup pensent que dans mon club actuel ça se passe mal, mais tout se passe vraiment très bien. »

Timide et sans complexe


Si l'arrivée de Mario Lemina à la Juve en fin de mercato a fait bondir la plupart des observateurs, force est d'avouer que ses premiers pas en bianconero furent loin d'être le fiasco que beaucoup lui prédisaient. Marchisio et Khedira blessés, le récupérateur franco-gabonais est lancé dès la deuxième journée par Allegri lors du déplacement à Gênes. Deux ans et demi après ses débuts en Ligue 1 avec Lorient, voilà le petit Mario propulsé dans la cour des très grands, quelque part entre Gigi Buffon, Giorgio Chiellini et Stephan Lichtsteiner. Une évolution fulgurante qui en a surpris plus d'un, sauf son ex-coéquipier et actuel gardien du FCL, Benjamin Lecomte : « J'ai aussi joué avec lui en CFA et en centre de formation. Sur le terrain, c'était un jeune pétri de talent, mais il était encore trop fou-fou pour franchir ce palier-là. Il aurait pu venir s'entraîner avec les pros plus tôt, mais ça n'a pas été le cas. Mais en revanche, une fois qu'il est arrivé, il a marqué directement les esprits et n'a plus du tout bougé. Je ne suis pas du tout étonné par son parcours et qu'il soit aujourd'hui à la Juventus, c'est... normal. »


En revanche, depuis ses débuts professionnels un soir de janvier 2013, Lemina n'a jamais cumulé plus de vingt-cinq matchs par saison. La faute, le plus souvent, à une concurrence importante au milieu de terrain et peut-être, aussi, à ce tempérament taiseux qui l'empêche parfois de s'imposer. « En dehors du terrain, il n'affirmait pas forcément sa personnalité. Il était timide avec les anciens, mais avec les gens de son âge, il était bon vivant, il rigolait de tout, il aimait bien vanner et chambrer » , se remémore son pote Cheick Doukouré, qui l'a connu au centre de formation de Lorient. « Il était assez timide, mais n'hésitait pas à poser des questions, à s'informer. C'était quelqu'un de très à l'écoute. Quand il a commencé à s'entraîner avec les pros, on voyait qu'il avait des qualités. Au début, il ne se lâchait pas totalement parce qu'il voyait qu'il y avait des joueurs qui étaient en place devant lui, notamment Mvuemba et Romao » , poursuit le milieu messin. Alors forcément, quand on passe de Romao à Marchisio, mieux vaut être patient et rigoureux.

Papa poule


Ces qualités d'écoute et d'attention, Mario Lemina les doit en grande partie à son père, un dingue de foot toujours prêt à aider et à conseiller son fiston. « Mon père a toujours cru en moi. Il voyait en moi plein de choses que les autres n’avaient pas. Il m’a inculqué ce qu’il pouvait, jusqu’au moment où j'ai dû partir de la maison » , racontait-il à Orange au moment de son arrivée à Marseille. Un papa qu'il remercia d'ailleurs chaleureusement en choisissant le Gabon – son pays d'origine – quelque temps plus tard, après avoir gagné la Coupe du monde des moins de vingt ans avec le maillot tricolore. Car même s'il a passé toute son enfance dans les environs de Nanterre, c'est bien à Libreville que le petit Mario voit le jour le 1er septembre 1993, cinq mois après Paul Pogba, avec qui il joue aujourd'hui à la Juve.


Désormais au Paris FC, Rachid Khlifi, qui a fait le forcing pour le faire entrer à Lorient, se souvient d'un gamin au talent certain, du temps où il le coachait à La Garenne-Colombes : « C'était la saison 2007/2008 quand je l'avais entraîné. Il avait 14 ans. À cette époque, on était en DH ou en DSR. Il avait des qualités techniques offensives. Après, défensivement, c'était moyen. Et sur les deux ans où je l'ai eu, c'est là où il a énormément progressé – dans la lecture du jeu, l'anticipation et la récupération du ballon. Du fait qu'il ait énormément progressé sur ces domaines-là, et compte tenu de ses qualités, ça paraissait logique qu'il puisse prétendre au haut niveau. » Le haut niveau, Lemina y goûte donc en début d'année 2013 sous l'impulsion de Christian Gourcuff, encore sur le banc des Merlus à l'époque. Face à Nancy, le petit Mario entre à un quart d'heure du terme en replacement d'Enzo Reale. Sur la touche, Benjamin Lecomte, de deux ans son aîné, suit avec attention les premiers pas du jeunot. « L'intégration s'est bien passée au niveau du groupe, mais aussi sur le terrain. Après, il fallait qu'il prenne conscience des attentes. Que ce soit au niveau du jeu et en dehors, le monde professionnel et celui du centre de formation sont différents. Mais ça, il l'a vite assimilé et est ensuite devenu l'un des titulaires indiscutables malgré son jeune âge » , commente le portier breton.

Chambrage et danse africaine


Trente-neuf matchs à Lorient et une saison avec Bielsa plus tard, voici Lemina de l'autre côté des Alpes, à Turin, où son apprentissage se poursuit aux côtés des meilleurs. Plus utilisé par Allegri depuis le 3 novembre et le match de Ligue des champions face au Borussia Mönchengladbach (Lemina s'est blessé au genou entre-temps), le Franco-Gabonais commence tout juste à refouler les vertes pelouses de Vinovo. En attendant de danser de nouveau le dab avec Pogba et Dybala sur le terrain, Lemina fait ce qu'il sait faire de mieux : travailler et attendre son heure. « Au centre de formation, on se réunissait souvent dans ma chambre. On mettait la musique à fond et on dansait, on dansait jusqu'à transpirer. On passait des bonnes soirées, on était une bande de potes. À cette époque-là, c'était un peu la naissance d'une danse africaine qui s'appelle le logobi. C'est une danse ivoirienne qui commençait à se faire connaître en France et je sais qu'il aimait bien ce style de musique » , poursuit Cheick Doucouré.


« Franchement, il chambrait beaucoup. Au centre, il y avait une super ambiance notamment grâce à des joueurs comme Mario. Quand on gagnait des matchs, il aimait bien faire des cris de guerre, danser et animer les choses. Ça contrastait aussi avec sa timidité vis-à-vis des plus anciens. » Un tempérament rigolard confirmé par Benjamin Lecomte : « C'est un grand déconneur, un grand chambreur. Tu vois toutes les petites conneries de Paul Pogba, les danses, etc ? Bah ça, c'est inévitable ! » Ne reste maintenant plus qu'à lui souhaiter d'avoir le même parcours.

Par Morgan Henry
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Dans cet article

Quand je pense à son départ qui a acté celui de CG... triste. Ripoll fait du bon boulot, moins rigide dans son schéma tactique et dans son management mais c'est pas pareil.
J'espère que Lemina réussira, il en a les qualités. Il faut juste lui faire confiance.
clement6628 Niveau : CFA2
Note : 1
"Partout où il est passé, il a fini par s'imposer". A l'OM, il n'a quand même jamais été un pilier de l'équipe.
Après la Juventus... Déjà qu'il n'était pas indiscutable face à Imbula et Romao, face à Pogba, Marchisio, Khedira, Sturaro, Perreyra, Hernanes, etc., il ne fallait pas s'attendre à le voir enchaîner les titularisations.
Mouais. Tant qu'il gardera cette coupe meme en remportant des titres il sera jamais vraiment pris a serieux.
Ses matchs de préparation avec l'OM cet été étaient prometteurs, une place de titulaire l'attendait à côté de Diarra. Mais logique des transferts...
Débuts difficiles, mais le contexte du début de saison était particulier, entre les blessés et les nouveaux arrivants.
Connaissais pas.

Bonne chance à lui! Il ne manque pas d'ambitions. En même temps quand la Juve s'intéresse à toi, difficile de dire non. Même si, idéalement, il aurait dû rester à l'OM et s'y imposer vraiment.
Message posté par Trevy
Mouais. Tant qu'il gardera cette coupe meme en remportant des titres il sera jamais vraiment pris a serieux.


Jean Michel reac ?
Merci pour le focus sur ce joueur, j'espère que la juventus lui donnera le temps, il m'avait fait bonne impression en début de saison.

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