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Maréchal des logis-chef Mekil : « Je ne suis pas une rock star »

En une reprise de Don't Look Back in Anger d'Oasis, le maréchal des logis-chef Mekil est devenu la star de la rencontre entre la France et l’Angleterre, reléguant à l’arrière-plan Mbappé, Dembélé et Pogba. Le musicien de la Garde républicaine, qui ne revendique pas son éphémère statut de rockstar, revient sur ce moment qu’il qualifie d’extraordinaire.

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Alors, quel effet ça fait d’être dans la peau d’une rock star le temps d’une chanson ?
Je ne suis pas rentré dans la peau d’une rock star. Je suis resté dans ma peau humble d’un musicien de la Garde républicaine qui change un petit peu son quotidien pour un événement particulier, pour rendre hommage aux victimes des attentats de Manchester et Londres. J’ai essayé de faire le travail du mieux que je pouvais avec toute mon énergie, mon enthousiasme, et surtout mes sentiments.

Vous rendez-vous compte qu’on parle presque plus de vous aujourd’hui que du match ?
C’est complètement bizarre, je ne me rends pas bien compte, ça m’a beaucoup surpris. Hier soir, quand je suis sorti du Stade de France, j’ai été inondé par des messages de gens que je connaissais, amis, famille, amis d’amis. Comme je ne suis pas vraiment branché réseaux sociaux, je n’ai pas vu ce qui se passait. Je suis rentré chez moi satisfait d’avoir fait un travail globalement correct, c’est le sentiment que j’avais en sortant du stade. Tous mes amis, ma famille m’envoyaient des captures d’écran des critiques dithyrambiques. Jusqu’à quatre heures du matin, j’ai essayé de répondre à tous ces gens qui m’envoyaient des témoignages de soutien et d’affection. Je dois avouer que ça m’a assez bouleversé. Ça s’est poursuivi dès le lever ce matin, avec tout cet enchaînement médiatique qui me dépasse complètement.

Aviez-vous déjà joué devant autant de personnes ?
La musique de la Garde républicaine est amenée à se produire de temps en temps au Stade de France pour jouer les hymnes lors de différents événements. On était déjà venu dernièrement pour la finale de l’Euro. Mais être à l’intérieur de l’orchestre, jouer un répertoire qui est le nôtre dans le cadre de notre travail quotidien, et se retrouver seul avec un tout autre répertoire, ça n’est pas pareil.

Avez-vous l’habitude de jouer hors des représentations de la Garde républicaine?
« Il y a une différence entre jouer devant 80 personnes dans le bar en bas de la caserne et 80 000 personnes au Stade de France. »
Oui, mais il y a une différence entre jouer devant 80 personnes dans le bar en bas de la caserne et 80 000 personnes au Stade de France et devant des personnalités telles que le président de la République et Theresa May. Jouer avec cette tension émotionnelle liée à ces événements dramatiques, c’est quelque chose à laquelle je ne suis pas préparé, je ne suis pas une rock star. Au contraire, je suis plutôt quelqu’un de discret dans ma vie quotidienne. Mais me retrouver au centre de ce type de dispositif a été quelque chose d’extraordinaire au sens propre du terme. Je dois avouer être assez satisfait du résultat et des répercussions que ça a sur la musique de la Garde républicaine en particulier, et de la gendarmerie en général.

Justement, Emmanuel Macron ou Theresa May sont-ils venus vous parler de votre prestation ?
Je les ai juste vus quand je suis entré dans le stade. Mon premier regard a été pour eux. Ils ont applaudi chaleureusement. Mais juste après avoir joué, on quitte la pelouse et on repart directement dans notre caserne, on n’assiste pas au match.

Au moment d’entrer sur la pelouse, le trac est-il le même qu’habituellement ou avez-vous ressenti une pression supplémentaire ?
Ça n’est pas du tout le même trac que lorsque je suis au milieu de l’orchestre. C’est un trac que j’ai eu à gérer en amont, une dizaine de jours avant l’événement. J’ai dû gérer des périodes de doutes et d’angoisse. Mais une fois dans le stade, honnêtement, j’étais détendu, parce que j’étais vraiment prêt, j’étais dans mon morceau. Il y avait un soutien palpable dès les premiers instants, dès que j’ai pénétré sur la pelouse. Quand le présentateur a annoncé le morceau, on sentait une attente, on sentait une véritable communion. Dès les premiers accords, tout le monde était bouleversé.

Justement, comment avez-vous trouvé le public du Stade de France qui est un public souvent critiqué ?
Je l’ai trouvé génial. Pour avoir joué au Stade de France un nombre de fois assez important, j’ai le souvenir d’hymnes nationaux absolument extraordinaires, des Marseillaise qui nous ont mis les poils, vous ne pouvez même pas imaginer. Critiquer le public du Stade de France, ce n’est pas moi qui le ferais.

On a senti une petite sensibilité rock en vous voyant gratter votre guitare. Est-ce que vous êtes amateur de cette musique?
Bien sûr, j’écoute du rock, car c’est une musique qui me touche particulièrement. C’est une musique simple, directe, qui vous pousse, et moi c’est ce qui me plaît. Cette musique me parle énormément.


Vous êtes plutôt Blur ou Oasis ?
« Pour moi, il y a des choses qui ne se comparent pas. Blur c’est Blur, Oasis c’est Oasis. »
Pour moi, il y a des choses qui ne se comparent pas. Blur c’est Blur, Oasis c’est Oasis. Ils ont chacun des univers différents, je trouve les deux projets musicaux tout à fait intéressants. Il y a des jours où je me sens plus proche d’Oasis et des jours où j’aime la pop légère et sucrée de Blur.

Amateur de rock, en aviez-vous le look avant d’entrer dans la Garde républicaine ?
(Rires) J’avais un look de rockeur, mais quand je suis arrivé à l’armée, j’ai dû couper mes cheveux, raser ma barbe, arrêter de porter des habits un peu louches. Après mon tour chez le coiffeur, mon épouse ne m’a pas beaucoup reconnu.

Vous jouez souvent avec la Garde républicaine pour des matchs de foot. Êtes-vous amateur de foot ?
Oui, bien sûr. Un peu comme tout le monde ! Le football fait partie de notre culture, c’est un beau sport. Je suis originaire du Pas-de-Calais, du coup, j’étais supporter du RC Lens, j’allais beaucoup au stade quand j'étais gosse.

Oasis s’est séparé car les frères Gallagher ne se parlent plus. Y a peut-être un coup à jouer pour vous. Vous remplacez l'un des deux, et le groupe se reforme, non ?
Non, ne vous inquiétez pas, dès demain, je vais reprendre le chemin de mon bus de la Garde républicaine et je vais aller rendre les honneurs et faire mon métier de garde républicain.

Propos recueillis par Maeva Alliche
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