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Marchisio, le petit prince de Turin

A la Juve, il y a Pirlo, le génie. Matri, le buteur. Buffon, le leader spirituel. Mais il y a surtout Claudio Marchisio. Loin d’être le plus médiatisé, le milieu de terrain est en train de réaliser un début de saison monstrueux, contribuant largement au renouveau turinois.

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Dans le nouveau Juventus Stadium, les tifosi bianconeri n’ont pas tardé à lui trouver un surnom. « Il Principino » . Le petit prince. Petit ? Pas autant que ça. Du haut de ses 25 ans, bientôt 26, Marchisio a désormais tout d’un grand. La classe, le charisme, et même la gueule. D’ailleurs, les entraîneurs qui ont croisé sa route le savent mieux que quinconque. « Claudio est l’un des meilleurs milieux de terrains italiens en absolu. Il a tout : la force physique, le tir de loin, les petites passes. Il a une grande intelligence à l’intérieur et en dehors du terrain. Techniquement, il est même plus fort que Tardelli » assure son coach de l’époque Empoli, Luigi Cagni. Une année d’exil en Toscane. C’était en 2007-08. Marchisio avait 21 ans, et découvrait ainsi la Serie A. Depuis, le petit prince a bien grandi. Il est aujourd’hui le leader naturel du milieu de terrain de la Juve. Les dirigeants bianconeri ont beau rameuter des concurrents chaque été. Marchisio s’en fout. D’un revers, il les balaye, et reprend toujours sa place de titulaire. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, cet été, lorsque Beppe Marotta envisage de l’insérer dans la transaction pour arriver à Mirko Vucinic, le joueur ne tremble pas. Oui, car à ce moment-là, les dirigeants ont des doutes quant à sa permanence à Turin. L’arrivée d’Antonio Conte, adorateur du 4-2-4, semble même être un signal fort : Marchisio, indésirable, doit partir. Les supporters s’insurgent. On ne touche pas à Marchisio. Les semaines qui vont suivre vont inéluctablement leur donner raison.

Changement de dispositif

Car Marchisio reste. Pire, il reste, et s'impose. Encore. Dans un effectif qui compte des joueurs comme Matri, Vucinic, Quagliarella, Del Piero, Toni, Iaquinta ou encore Giaccherini, Marchisio joue les irrévérencieux. Avec ses quatre buts inscrits depuis le début du championnat, il est actuellement le meilleur buteur de la Vieille Dame. Et pas contre n’importe qui. Un but fantastique contre Parme, un doublé contre le Milan AC et un but décisif contre l’Inter Milan, samedi soir. Excusez du peu. Son record de la saison dernière est déjà égalé. Et nous ne sommes que fin octobre. Mais ce qui a réellement changé, chez Claudio Marchisio, ce n’est pas forcément son nombre de buts inscrits. C’est surtout la dimension qu’il a pris dans le jeu de la Juve.

Avec l’arrivée d’Andrea Pirlo, il a enfin trouvé le partenaire qui lui manquait. Celui qui lui permet de ne pas redescendre trop bas, et de ne pas jouer le rôle « ingrat » de 6. Car Marchisio n’est pas un 6. C’est un vrai 8, comme le numéro qu’il porte fièrement sur ses épaules. Lui aime s’insérer dans l’entrejeu, prendre l’aile, s’approcher de la surface, et revenir donner un coup de main à sa défense lorsque la physionomie de la rencontre le demande. Finalement, la comparaison avec Marco Tardelli n’est peut-être pas si inappropriée que ça. Et si elle ne l’était pas, alors pourquoi Antonio Conte aurait modifié son dispositif (de 4-2-4 à 4-2-3-1), rien que pour lui ?

De la Serie B à la Nazionale

Ce qu’aiment les tifosi, c’est aussi ce que Marchisio représente. Le renouveau turinois. Le joueur évolue avec les couleurs blanches et noires depuis déjà 18 ans. Avec son club de cœur, il a gravi tous les échelons, jusqu’à s’attirer les faveurs de Fabio Capello, qui le convoque plusieurs fois dans la Juve de Trezeguet, Nedved et Del Piero. Sans jamais lui offrir, néanmoins, la joie des débuts en Serie A. Et puis, l’été 2006. Calciopoli. Le scandale. La relégation. Marchisio, alors âgé de 20 ans, est projeté au premier plan par Didier Deschamps, qui en fait un titulaire en Serie B après les départs de Vieira et d’Emerson. La Juve obtient la promotion en Serie A, et Marchisio, au lieu de rester, part faire ses armes à Empoli. Avec le maillot bleu, il découvre l’élite mais aussi l’Europe. Ses prestations suffisent à convaincre les nouveaux patrons juventini.

Le joueur est rapatrié l’été suivant, et débute enfin en première division avec le maillot de son cœur. Petit à petit, il s’y impose, malgré les hauts et les bas de l'équipe. Marcello Lippi finit même par le convoquer en équipe nationale. Marchisio a la chance de disputer le Mondial Sud-Africain. Une chance qui se transforme en cauchemar, après l’élimination au premier tour. Si Cesare Prandelli fait le ménage lors de sa prise de fonction, il n’a aucun doute sur le fait que Marchisio doit être l’un des points forts de sa prochaine Nazionale. Le milieu de terrain dispute pratiquement tous les matches de qualification à l’Euro 2012, et ponctue la campagne pour son premier but sous le maillot azzurro, contre la Serbie (1-1), le 7 octobre dernier. L’Euro est dans sa ligne de mire.

Le petit prince et le futur roi

L’Euro, oui, mais aussi, et surtout, le Scudetto. Marchisio en rêve depuis qu’il est gamin. Depuis qu’il voit ses idoles, de Baggio à Vialli, de Del Piero à Buffon, empiler les trophées dans une vitrine qui est en train de prendre la poussière depuis 2003. Après la victoire contre l’Inter, samedi, dont il a été l’un des protagonistes absolus, le joueur ne se cache plus : « Nous sommes premiers. Cet esprit là, c’est l’esprit que nous devons avoir à chaque rencontre. Ces premières journées confirment qu’il s’agit là d’un tournoi équilibré. Nous devons utiliser ce moment pour faire le trou avec nos concurrents. L’exclusion de l’Europe peut nous aider : avec tant de nouveaux joueurs, nous entraîner toute la semaine nous fera forcément progresser » assure-t-il dans une interview au journal Libero.

L’Europe. Le grand absent de la saison. Mais Marchisio, qui a déjà goûté deux saisons de suite (2008-09 et 2009-10) à la Ligue des Champions, reste confiant. Bientôt, sa Juve y sera à nouveau. Il en donne sa parole, et toute son âme bianconera. Oui. Dans quelques mois, les tifosi turinois perdront leur bandiera, le roi Alessandro Del Piero. Mais leur tristesse trouvera rapidement des raisons de réconfort. Car tout roi lègue son trône à un héritier. Et cet héritier là est déjà tout trouvé.

Eric Maggiori
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marchisiojuve Niveau : District
MA-GNI-FIQUE encore du très grand maggiori pour un joueur qui va vraisemblablement devenir un des meilleur milieu de terrain de la planète si se n'est déjà le cas. forza juve ( à quand maggiori dans l'équipe type du dimanche ???)
Je me souviens encore de ses matchs en Serie B. Le voir partir cet été, après les Palladino, Nocerino et autres Giovinco, ça aurait été assez dur à digérer. M'enfin bon, y'a plus à tortiller des fesses maintenant.
Shellai-93 Niveau : DHR
Je me souviens d'un article sur Marchisio l'année dernière, ici même, beaucoup moins dithyrambique. Certes on y parlait de son placement hasardeux mais on l'avait quasi condamné à ne jamais réussir à Turin.

Comme le dit Matthi8, c'est vraiment une bonne chose de pas avoir laissé partir un énième joueur prometteur.

La conclusion par contre, ça me parait être difficile (Pinturichio addict!) mais c'est tout le mal que je lui souhaite.
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