Maradona, l'éternel retour

Diego Maradona et la Seleccion, ce n'est pas forcément de l'histoire ancienne. Tout du moins pour El Diez, qui n'a pas renoncé à un retour. Ultime coup de folie ou coup d'épée dans l'eau ?

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L'Argentine pensait avoir tourné la page Maradona. Ses larmes qui riment avec Coupe du Monde, à l'orée d'un tournoi remporté sans lui à la maison (78), un soir de défaite en finale (90), de suspension pour dopage (94) ou d'humiliation (2010), ses dribbles diablotins, ses buts d'extraterrestre et ses mains de Dieu. Seulement voilà, le Pibe de Oro n'a jamais vraiment clos le chapitre ciel et blanc, un étendard qu'il a fièrement porté jusqu'à la Coupe du Monde 1994, avec trente-trois printemps au compteur. Mis à l'écart de la sélection albiceleste fin juin, après l'humiliation allemande en quart de finale du Mondial sud-africain (4-0), Diego avait convoqué la presse dans la foulée afin de régler ses comptes avec les deux principaux responsables de son éviction : Julio Grondona, le président de la fédération argentine, et Carlos Bilardo, le manager de la sélection, qualifiés respectivement de « menteur » et de « traître » à l'époque. Pas à une sortie médiatique outrancière près, Diego s'en est pris cette fois-ci à son successeur et ancien coéquipier de la Seleccion, qui vient donc de rejoindre le cercle très ouvert de ses souffre-douleur favoris (d'autres anciens partenaires, tels Daniel Passarella et Jorge Valdano avaient déjà fait subi les foudres de Maradona par le passé).

Batista en prend pour son grade


Sans raison valable apparente, Diego a mis en avant sa notoriété tout en dénigrant le relatif anonymat du “Checho” et de son adjoint, “Tata” Brown, lui aussi champion en 86 sous le cagnard mexicain, comme si cela offrait un gage de réussite. « Ce n'est pas de ma faute si je suis célèbre partout dans le monde et que lorsque Batista et Brown traversent le Rio de La Plata pour se rendre en Uruguay, personne ne les connaît » , s'est notamment fendu Diego Maradona, dans une forme olympique. Une petite phrase balancée par Batista à son arrivée à Dublin, quelques jours avant son premier match face à l'Irlande (1-0), a mis le feu aux poudres d'un Maradona incendiaire. “Checho” avait alors souligné le bonheur retrouvé de Léo Messi. « Qu'est-ce que cela veut dire ? Il lui semble qu'il n'était pas heureux pendant les quarante jours qu'on a passés ensemble en Afrique du Sud ? Tu t'es déguisé en Piñon Fijo (un fameux clown argentin, ndla), Batista ? » , lui a rétorqué l'ancien numéro 10, très touché par la perte de son trône. Tellement affecté qu'il s'est dit prêt à « donner un bras pour revenir » à la tête des « muchachos » , ces joueurs qu'il a tant chéris pendant ses vingt mois de sélectionneur.

Un retour difficilement concevable


La porte est-elle seulement encore ouverte à un éventuel retour ? Tout semble indiquer que non. Outre ses propos diffamatoires à l'encontre des différents acteurs de la fédération, les bons résultats de Batista et surtout l'éclat retrouvé de l'Albiceleste face aux champions du monde (4-1), le 7 septembre dernier, ont enterré l'idée d'un retour. Ce malgré le fait que le “Checho” n'ait toujours pas été confirmé dans ses fonctions et que Carlos Bilardo s'évertue en permanence à refroidir ses ardeurs par voie de presse, en insistant pour que son contrat coure jusqu'à la Copa America 2011 et non jusqu'au Mondial brésilien. Maradona exige que Grondona et compagnie se décident à écouter la rue, mais aussi le couple présidentiel, Cristina et Néstor Kirchner. D'après lui, l'ancien président de la République n'aurait pas apprécié que son contrat n'ait pas été renouvelé à l'issue de la Coupe du monde. Il s'agit surtout d'une énième manœuvre politique des “K”, en quête d'un regain de popularité à un an des élections présidentielles. Et la rue, qu'en pense-t-elle alors ? Les différents sondages publiés sur les sites des médias argentins sont sans appel : les Argentins ne veulent plus de lui à une grande majorité et semblent satisfaits du nouvel élan impulsé par Sergio Batista. Cela ne devrait pas suffire à arrêter un homme qui a « soif de revanche » .

Alejandro Carbone, à Buenos Aires

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Il s'accroche au poste de sélectionneur comme un pou dans une chevelure. Vite du parapoux !
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