Manuel Neuer, le maillon faible?

Manuel Neuer aurait dû être le troisième gardien de l'Allemagne pendant la Coupe du Monde. La belle affaire. Un concours de circonstances en a décidé autrement. A 24 ans et sans expérience internationale, le géant blond était désigné comme le maillon faible de sa sélection. Ses prestations depuis le début du tournoi semblent donner tort aux sceptiques.

Modififié
0 1
D'abord, le making of. A l'automne dernier, il était prévu que Manuel Neuer soit le troisième gardien de la Nationalmannschaft. Le suicide de Robert Enke, le 10 novembre 2009, bouleverse déjà la hiérarchie. Puis la fracture à la côte de René Adler, numéro un tout désigné, change encore la donne. Nous sommes alors en mai 2010, et Neuer n'a que deux sélections dans les pattes. Sur le finish, enfin, ce sont Tim Wiese et Jorg Butt qui se font passer devant par le natif de Gelsenkirchen. Voilà donc Neuer propulsé gardien titulaire pour la Coupe du Monde, à 24 ans. Au pays, les premières critiques fusent. Jens Lehman : « Avec lui dans les cages, ça va être dur de de ramener la coupe » . « Et dire que Jens était mon modèle... » , répond l'intéressé, qui se sait attendu au tournant pendant ce Mondial.

Sa titularisation participe de la politique globale de Löw : renouveler et moderniser sa sélection, quand les autres équipes nationales tentent vainement de faire du neuf avec du vieux. Certes, Neuer n'a pas beaucoup d'expérience, mais il a déjà à son actif un titre de champion d'Europe des moins de 21 ans (une victoire quatre pions à rien l'an passé contre l'Angleterre en finale) et plusieurs matchs de coupe d'Europe dans sa besace (C1 et C3) dans lesquels il a gagné en maturité, et en confiance (remember Schalke 04-Porto, une prestation incroyable). Surtout, le géant blond (1m90 pour 85 kilos) fait partie de ces gardiens ayant réussi leur mue : aujourd'hui le dernier rempart doit désormais savoir anticiper le jeu, l'orienter, et être ni plus ni moins que le dernier défenseur de son équipe. Comprendre : savoir se servir de ses pieds et de sa tête, en plus de ses mains. Ça tombe bien, le jeu au pied, Neuer s'en est fait une spécialité. Le dernier exemple en date ? Son dégagement le 26 juin dernier contre l'Angleterre qui atterrit sur Klose, lequel n'a plus qu'à y aller d'un petit coup d'épaule pour éliminer son adversaire direct et tromper James. Kick and rush à l'ancienne, la vista en plus, 1-0 pour les Blancs. Avant le début du Mondial, un canard allemand avait titré “Nous avons un libéro dans les buts”. Rien de vraiment étonnant, quand on sait que le garçon espérait jusqu'à l'adolescence ne pas faire carrière dans les bois. Mais dans sa surface, le garçon a une autorité que les autres n'ont pas. Et ses tentatives de jouer à un autre poste (même lorsqu'il évoluait avec l'équipe B de Schalke) n'ont jamais vraiment convaincu ses entraineurs. Va pour les bois, donc.

Cette autorité, Neuer l'a acquise au fil des ans à Schalke, où il est chez lui. Et pour cause : il y joue depuis ses cinq ans. Depuis, il a connu toutes les équipes de jeunes, avec comme camarade de pré et de banc d'école un certain Mevlüt Özil. C'est peu dire que Manu est attaché au club, et ce malgré les yeux toujours plus doux que lui fait le grand Bayern. Au vrai, Neuer est un peu le Paoli Di Canio local –l'alcool (il est abstinent), le fascisme et la violence en moins : lorsqu'il était dans les équipes de jeunes, il se rendait en Nordkurve supporter son équipe, au milieu des ultras locaux. Du virage à la ligne de but, il n'y avait qu'une dizaine de mètres qu'il a franchis. Aujourd'hui encore, il est le chouchou des supporters.

Et sa Coupe du Monde dans tout ça ? Contre l'Australie et la Serbie, Neuer n'a rien eu à faire : zéro tir des premiers, un seul des seconds, un but sur lequel il ne peut rien. Contre le Ghana, « il a sauvé l'équipe » , selon les dires même du sélectionneur, et sa prestation contre les Trois Lions a été plus qu'honorable. Les sceptiques repasseront. En attendant le quart contre l'Argentine, Neuer savoure tranquillement : « Je me sens enfin le numéro un, et cette Coupe du Monde me servira pour ne pas retourner sur le banc, même quand Adler sera guéri. C'est ma chance » . Et l'homme est bien décidé à la saisir jusqu'au bout.

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Il aurait un seul défaut en fait : avoir pour modèle Jens "Maboule" Lehman ! Enfin Neuer a 24 ans, il est galbé comme un platane. Techniquement il est au point et ne peut que progresser... il s'installe tout tranquillement dans les bois de la Manschäft, facile... Autant dire qu'avec Lloris et Neuer, la France et l'Allemagne sont pénards pour 10 ans... On cherche encore les futurs portiers de l'Angleterre et de l'Italie !
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
0 1