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Manuel Amoros : « Mes origines espagnoles m’ont donné cette fierté »

Manuel Amoros, 82 sélections, est considéré par beaucoup de supporters français comme le meilleur latéral tricolore de l’histoire. Solide derrière, explosif devant, habile des deux pieds, doué techniquement, l’ancien Monégasque, Marseillais et Lyonnais est l’un des premiers latéraux modernes. Retour sur quelques épisodes de la carrière de Manu.

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Vous avez été élu deuxième meilleur joueur de la Coupe du monde 1986, votre Coupe du monde, derrière Maradona.
Ce fut une grande fierté de terminer deuxième derrière un joueur aussi exceptionnel que Maradona. C’est la récompense de mes performances, mais aussi du travail de mes coéquipiers qui m’ont mis en valeur tout au long de la Coupe du monde. Ça restera ancré, c’est inoubliable. En 1986, on arrivait en pleine osmose avec tous les joueurs qui composaient cette équipe, surtout avec des éléments comme Michel Platini, Jean Tigana, Alain Giresse, Luis Fernandez. On a éliminé l’Italie, le tenant du titre, le Brésil et, malheureusement, on est encore tombé face aux Allemands, mais c’est vrai que dans nos têtes, on se disait : c’est notre Coupe du monde.

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« Les joueurs que je vois jouer au poste de latéral aujourd’hui me donnent surtout l’impression d’être de très bons contre-attaquants. Ils oublient ce rôle défensif parce qu’ils manquent d’agressivité, d’anticipation, de justesse, de faculté à gagner des duels, à savoir couvrir. »

Durant votre formation à Monaco, vous avez évolué à tous les postes.
Oui, ça m’a aidé à sentir le jeu, à aller plus près de l’adversaire quand il touchait le ballon : monter sur le porteur du ballon ou sur celui qui allait le recevoir. C’est de l’anticipation. Après, c’est au niveau du placement. Lorsque vous êtes latéral, vous avez le jeu devant vous, quand vous êtes milieu de terrain, vous l’avez parfois dans votre dos, donc il faut savoir agir et réagir lorsqu'on vous donne le ballon : se retourner rapidement, faire des contrôles orientés, des enchaînements techniques qui vous permettent d’avoir le jeu devant vous. Ça m’a permis d’acquérir une certaine technique aussi parce que latéral, ce n’est pas pareil que milieu latéral ou défensif où il faut vraiment défendre, attaquer le ballon, être dans l’agressivité en permanence. Ce n’est pas non plus pareil que les postes de 8 ou de 10, ce sont des joueurs qui s’expriment techniquement, voient le jeu, le visualisent, des postes complètement différents. À travers ma formation, j’ai pu m’adapter à tous les postes qu’on m’a demandé d’occuper, tant bien que mal parce que je n’ai pas fait que des matchs exceptionnels. Mais vous savez, pour nous les footballeurs, jouer c’est le plus important. Aujourd’hui, je m’offusque de voir certains qui ne jouent pas à leur poste passer totalement à travers le match et dire à la fin : « Je n’ai pas joué à mon poste » pour se trouver des circonstances atténuantes. Non. On peut avoir des postes préférentiels, mais l’essentiel, c’est de jouer et se donner à fond pour son équipe.


Vous jouiez à gauche comme à droite.
Avec Gerard Banide, lors de ma formation à Monaco, on discutait beaucoup autour de mon poste réel. Je pouvais jouer défenseur, milieu ou attaquant, donc Monsieur Banide m’a dit : « Tu vas te positionner sur un côté, au poste de latéral gauche. Tu as le physique pour faire des allers-retours en permanence, de la qualité technique, un pied gauche qui peut amener des centres ou tu peux éventuellement rentrer sur ton pied droit et frapper. Tu as cette anticipation, cette agressivité qui vont te permettre de pouvoir exploser à ce poste. » C’est vrai qu’il m’a fallu quelques matchs pour m’adapter, mais après, ça a été tout seul et, finalement, j’ai joué beaucoup plus côté gauche qu’à droite. Il n’y a pas beaucoup de différences. Si vous avez les deux pieds, vous n’êtes aucunement gêné.

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La référence du poste aujourd’hui selon vous ?
C’est compliqué, parce que les joueurs que je vois jouer au poste de latéral aujourd’hui me donnent surtout l’impression d’être de très bons contre-attaquants. Ils oublient ce rôle défensif parce qu’ils manquent d’agressivité, d’anticipation, de justesse, de faculté à gagner des duels, à savoir couvrir. Si vous jouez à gauche et que le ballon est à droite, il faut fermer derrière les deux centraux et, malheureusement, j’ai du mal à retrouver ça chez beaucoup, beaucoup de joueurs. Pour prendre l’exemple de Benjamin Mendy, c’est surtout un super contre-attaquant. Défensivement, il a énormément de lacunes, et c’est ça aujourd’hui qu’on devrait inculquer beaucoup plus dans les centres de formation. Latéral ou défenseur central doivent d’abord être des défenseurs. Quand je jouais défenseur central, j’amenais ce plus au milieu de terrain. On portait la balle, on venait fixer les milieux adverses et on passait le ballon en faisant des décalages. Aujourd’hui, je ne vois pas beaucoup de défenseurs centraux faire ça.

« À l’époque, certains joueurs vivaient chez l’habitant parce qu’il n’y avait pas de centre de formation. Cinq autres et moi-même étions dans un hôtel tout en haut, sous les toits, dans des préfabriqués. C’était bien, correct. On avait une vue exceptionnelle sur le port de Monaco. »

Vous êtes né le 1er février 1962 à Nîmes, et vos parents viennent d’Espagne.
Mes parents subissaient l’oppression en Espagne avec Franco, on est donc arrivés en France. Vous imaginez pour eux, voir leur enfant porter le maillot de l’équipe de France, ce fut une fierté immense. Mes origines espagnoles m’ont donné cette fierté, cette envie d’aller plus loin, de gagner, de devenir quelqu’un quand on m’en a donné l’opportunité au centre de formation, pour se battre et arriver à signer ce premier contrat professionnel. Quand vous entrez au centre de formation, vous vous imaginez qu’un jour, vous serez peut-être professionnel, mais il faut se battre tous les jours, se remettre en question, des joueurs veulent prendre votre place parce qu’ils ont eux aussi envie de jouer et de devenir professionnels. C’est une bataille qui a duré de quinze à dix-neuf ans, âge où j’ai signé mon contrat professionnel. Mes origines espagnoles m’ont permis d’avoir cette envie, cette volonté d’aller plus loin, de montrer à mes parents qu’ils ont bien fait de me laisser partir si jeune au centre de formation.

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Vous avez fini votre formation à l’AS Monaco. Une ville, un pays.
Monaco, c’est un pays, mais aussi un petit village. (Rires.) Tout le monde se connaît. À l’époque, certains joueurs vivaient chez l’habitant parce qu’il n’y avait pas de centre de formation. Cinq autres et moi-même étions dans un hôtel tout en haut, sous les toits, dans des préfabriqués. C’était bien, correct. On avait une vue exceptionnelle sur le port de Monaco. Les 25 joueurs se retrouvaient pour les repas dans un restaurant qui s’appelait le Biarritz. On déjeunait vers 8h, 9h. On partait au stade Louis-II se changer, puis on avait entraînement à 10h. On faisait tout à pied comme rien n’était loin. La vie d’un jeune footballeur est un peu frustrante parce qu’on nous enlève notre adolescence quelque part, mais après il faut savoir ce que l’on veut. Soit on passe une adolescence avec toutes les sorties possibles et imaginables, soit on est concentré complètement dans le foot parce qu'on a envie de réussir. Ça ne nous a pas complètement empêchés d’aller boire un coup sur le port de temps, en discothèque ou chez des amis, mais l’objectif premier était de passer professionnel.


À Monaco, vous avez inscrit 42 buts en 348 rencontres. Pas mal pour un défenseur.
Oui, je crois qu’une année, j’ai marqué huit buts en une saison. Comme j’étais assez offensif, je me permettais de marquer des buts et puis j’évoluais avec Bruno Bellone sur mon côté. Il savait comment je jouais. Il me laissait l’opportunité de prendre le couloir et restait un peu plus défensif au cas où je perdais le ballon, ou en cas de contre-attaque. On s’entendait très bien. Ça m’a permis de marquer pas mal de buts, parfois exceptionnels.

« Contre Belgrade, c’est vrai que c’était un moment important, une finale. Enfin, je pense que ce n’est pas là où le match s’est perdu. On a eu beaucoup, beaucoup d’occasions qu’on n’a pas su concrétiser. Et puis Tapie n’a pas bien fait l’équipe, puisque c’est lui qui la composait. Quand tu laisses Stojković sur le banc parce que tu penses qu’il va être acheté par l’Étoile rouge, que tu écartes Jean Tigana alors qu’il avait fait une saison exceptionnelle, c’est se mettre dans la difficulté. »

En 1991, vous défendez les couleurs de l’OM et vous loupez votre tir au but face à l’Étoile rouge.
Avant de tirer, on se dit toujours qu’on ne doit pas calculer : « Je vais prendre un côté et mettre le ballon, là. Il faut que je le marque, que je mette le ballon au fond. » Après, plus que le penalty manqué, c’est la déception. Mais vous savez, celui qui ne tire pas de penalty n’en loupe jamais. Si on revient en 1982 lors de la demi-finale contre l’Allemagne, peu de joueurs voulaient tirer, comme Tigana, Trésor ou Bossis. Michel Hidalgo est venu vers moi et m’a demandé : « Veux-tu le tirer ? Il nous manque des joueurs. » J’ai dit : « Oui, pas de problème. » Contre Belgrade, c’est vrai que c’était un moment important, une finale. Enfin, je pense que ce n’est pas là où le match s’est perdu. On a eu beaucoup, beaucoup d’occasions qu’on n’a pas su concrétiser. Et puis Tapie n’a pas bien fait l’équipe, puisque c’est lui qui la composait. Quand tu laisses Stojković sur le banc parce que tu penses qu’il va être acheté par l’Étoile rouge, que tu écartes Jean Tigana alors qu’il avait fait une saison exceptionnelle, c’est se mettre dans la difficulté. Ça ne veut pas dire qu’on aurait gagné avec eux, mais quand on dispute une finale, essayons de mettre tous les atouts et les ingrédients de notre côté pour gagner. J’ai loupé un tir au but, c’est comme ça, que voulez-vous que j’y fasse ? On pourrait dire que Pascal Olmeta n’en a pas arrêté non plus. (Rires.) Ce sont les aléas du football. Michel Platini en a bien loupé un en 1986, tout comme Zico. Vous savez, tous les plus grands joueurs ont loupé un penalty.



Ne pas disputer la finale de 1993, c’est un regret.
Oui, parce que je suis un compétiteur dans l’âme. Après, c’est un choix de Tapie de me laisser à la maison, mais je suis aussi fier d’avoir participé au début de la campagne. J’étais déçu sur le moment, mais super heureux pour mes coéquipiers. Je pense que Tapie aurait pu nous inviter parce que je n’étais pas le seul à ne pas assister au match. Il n’a même pas pris cette peine. On est forcément déçu, mais les coéquipiers ont fait le nécessaire pour gagner.

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Avec l’équipe de France, vous avez été suspendu une bonne partie de l’Euro 1984. Durant la finale, Patrick Battiston aurait feinté une blessure pour que vous puissiez entrer.
Patrick est venu me voir à la fin du match en me disant : « Je voulais te faire participer à cette finale. » Patrick, c’est quelqu’un de très bien, très attachant, très affectif. C’est vrai qu’il a simulé cette blessure. Michel Hidalgo ne comprenait pas qu’il veuille être remplacé. C’est le geste d’une équipe, d’un coéquipier qui voulait faire participer tout le monde à cette grande fête. Ça prouve bien qu’on s’entendait tous bien, et qu’on était liés d’amitié. J’ai joué quinze ou vingt minutes. Ce n’était pas un cadeau, mais il savait que j’avais les capacités pour tenir mon poste et mon rôle sans problème.


De quoi êtes-vous le plus fier ?
De l’aboutissement de cette carrière de footballeur, de mes enfants, de ma femme, de mes parents. Je leur ai donné ce sentiment de bonheur qu’ils vous procurent lorsque vous êtes vous-même enfant ou adolescent. Le fait de pouvoir leur rendre ce bonheur et cette fierté en tant qu’immigrés, cette reconnaissance... Mine de rien, votre nom est en permanence cité, les journaux sont élogieux. Ça a été une grande fierté pour eux aussi.



Propos recueillis par Flavien Bories
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