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Manu Petit, Grande Allemagne…

Et pour quoi faire ? Quand Manu descend, il n'a jamais sa langue dans sa poche. Et souvent elle fourche. En glorifiant l'œuvre de son pote Thierry Henry, qu'il jugeait insuffisamment célébrée par la France du foot, Manu Petit a dérapé. Retour polémique sur sa saillie pangermaniste…

Ne m'appelez plus jamais France


Il y a du Michel Sardou chez Manu Petit. Les deux aiment leur pays. Ils ont le droit. Quand Michel fustigeait la France qui coule, ça donnait ça : « Ne m'appelez plus jamais France / La France elle m'a laissé tomber / Ne m'appelez plus jamais France / C'est ma dernière volonté » (Le France, 1975). Quand Manu fustige la France qui coule, c'est via la défense de son pote Thierry Henry, le mal aimé du foot français, selon lui. Manu s'en prend à la presse écrite nationale ( « Elle n'a aucun recul et ne s'excuse jamais » ) et aux « élites de notre pays et leur mépris à l'égard des sportifs » . Michel Sardou tapait aussi sur les Français, pas reconnaissants envers les Américains venus sauver la France en juin 44 : « Si les Ricains n'étaient pas là / Vous seriez tous en Germany / À parler de je ne sais quoi / À saluer je ne sais qui. » (Les Ricains, 1967). Quand Manu savate les Français, toujours pour défendre son Titi, ça donne ça : « Il n'est pas détesté, il n'est surtout pas aimé. Ce qui n'est pas normal, déjà. En France, il n'a aucune connivence avec la presse, et alors ? Peut-être parce qu'il ne souriait pas lorsqu'il marquait pour les Bleus ! Cela me fatigue. Que peut-on reprocher à Thierry Henry ? Sa main contre l'Irlande ? Il a aidé à la qualification en Coupe du monde ! L'Afrique du Sud ? Il n'a rien fait. La France est hypocrite et lâche. Parfois, je me dis qu'en ayant été envahis par les Allemands, on serait mieux dirigés aujourd'hui. »

Sardou idéalisait l'Amérique en 1969, Manu idéalise l'Allemagne en 2014. Avant de revenir sur la polémique née des propos « pro allemands » de Petit, on notera qu'en creux Michel et Manu sont en fait sur la même longueur d'ondes : c'est bien la France et les Français qu'ils fustigent d'abord, plutôt que l'Amérique et l'Allemagne qu'ils vénèrent. D'ailleurs, Emmanuel Petit ne loue pas que l'Allemagne, il cite aussi en exemple l'Angleterre : « En Angleterre, il a une statue. Cela veut dire beaucoup de choses. Et attention, il parle très bien aux médias britanniques. Il a été consultant durant la Coupe du monde sur la BBC. Il a apprécié, car il aime le football. Les Anglais le considèrent à sa juste valeur. Il a toujours été une personne honnête. Il est adulé là-bas, ça vous dérange ? Alors, regardez ailleurs ! » Pour faire bref, sur le plan des bonnes manières et de la gratitude nationale, Manu laisse aussi entendre qu'on aurait dû se faire envahir par les Anglais. En tout cas, sa punchline ( « Parfois, je me dis qu'en ayant été envahis par les Allemands, on serait mieux dirigés aujourd'hui » ) a évidemment fait polémique. L'Allemagne : Sedan 1870, Verdun, Jean Moulin, le plateau des Glières, Guy Môquet, Séville 82, Harald Schumacher, Tokyo Hotel… Tout l'inconscient collectif de notre mémoire éprouvée est remonté douloureusement à la surface. « Envahis par les Allemands » , ça faisait un peu Brasillach. Manu était mûr pour le peloton d'exécution. Ou au moins pour la tonte de sa chevelure légendaire. L'indignation enflait, hier soir…

À fleur de peau…


Du coup, Manu a immédiatement fait une mise au point sur Yahoo Sport : « L'Allemagne nous démontre aujourd'hui qu'elle est bien meilleure que nous, politiquement, économiquement et sportivement, et je ne voulais rien dire d'autre. Mais je ne pourrai jamais empêcher les gens de faire des amalgames. L'Allemagne que j'aime, c'est celle d'aujourd'hui. Ne me faites pas dire ce que je n'ai jamais pensé. » C'est bien ce qu'on avait compris, Manu, ne t'en fais pas… Comment lui reprocher en effet ce tropisme pro-germaniste quand, depuis des décennies, les élites économiques et politiques françaises nous bassinent avec leur fameux « modèle allemand » ? Manu leur aura emboîté le pas, c'est tout. La France croule sous les modèles à suivre : le modèle anglais (pour la croissance économique), le modèle finlandais (pour l'éducation), le modèle japonais (pour le civisme et le poisson cru). Dans le milieu du rock français, on cultive aussi le « complexe du corn flakes » (cf. Mathieu « M » Chédid) qui, depuis les années 60, nous fait regretter de ne pas avoir été assez colonisés par les Anglais pour produire comme eux une pop géniale… Voilà. Les propos de Manu Petit ne sont donc qu'une récurrence bien de chez nous de cette équation « malaise-modèle » : c'est le malaise ici, quel(s) modèle(s) ailleurs ? Manu Petit a loué l'Angleterre et l'Allemagne (celle d'aujourd'hui, pas le IIIe Reich ni la Prusse), mais avec les mots qui fâchent ( « envahis » ). Et c'est là tout son problème. Il ne maîtrise toujours pas les codes de la com. Ce qui, allié à son tempérament d'écorché vif, provoquent ses fameux « dérapages » intempestifs...

À So Foot, on a le souvenir d'une interview 100 % frapadingue de Manu, mélange de paranoïa complotiste mondialisée qui le faisait ressembler au prophète de malheur Philippulus, dans L'Étoile mystérieuse ( « La fin des temps approche ! » )… Nous revient aussi un pétage de plombs au Barça (battu à dom contre La Corogne, 2-3), en février 2001 : remplaçant, il avait balancé ses crampons à terre et fui la presse parce que le coach Ferrer ne l'avait pas fait entrer en jeu… Knysna et son coup de gueule mémorable sur France 3 le 21 juin 2010 : Manu énervé par les mutins et par le ton mesuré de ses interlocuteurs s'était cassé du plateau quand l'émission finissait sur sa gueulante « Ça vous fait marrer, mais pas moi... » Manu Petit, c'est aussi l'original-marginal qui a carrément fait sécession d'avec France 98 : il ne rejoint jamais ses ex-coéquipiers pour leurs matchs de gala, au motif que certaines exhibitions n'entrent plus dans le cadre strictement caritatif de leur association… Manu Petit est fâché avec Zidane, qu'il maltraitait dans son autobiographie, À fleur de peau : « Avec Zidane, on est différents. On n'a rien à se dire. On ne peut pas prétendre aider ceux qui en ont besoin tout en servant la cause des grands patrons qui réalisent des bénéfices records sans les redistribuer. » Manu avait aussi eu la dent dure avec un ancien pote de France 98, Lolo Blanc, proprement exécuté sur l'Express.fr en juillet 2012 dernier après l'Euro « polonukrainien » raté : « Il a fait de bonnes choses, mais au niveau de la gestion des hommes, il a failli. On lui a déroulé le tapis rouge, et j'ai l'impression qu'il est venu un peu en opportuniste. (…) En Ukraine, il n'a pas suffisamment fait jouer la concurrence. Avec Nasri, il aurait dû se montrer beaucoup plus ferme, marquer son territoire, comme Joachim Löw, le sélectionneur allemand. Pour moi, Blanc ne s'est pas comporté en patron. » Joachim Löw cité en exemple… Encore le modèle allemand ?

Tu l'aimes ou tu la quittes ?


Manu avait ensuite loué l'arrivée d'un autre gars de France 98 à la tête des Bleus, Didier Deschamps. Tout en voyant quand même d'un sale œil l'omnipotence… des anciens de France 98 ! Manu estimait « qu'il aurait été préférable de marquer une coupure avec la génération 98, à laquelle on demande trop souvent de jouer les sauveurs. Au risque, parfois, de se décrédibiliser et de galvauder l'héritage. Vous savez, quand on regarde les problèmes du football français et de la société, la question du sélectionneur est anecdotique. C'est un sparadrap sur une grosse blessure. » Celui qui fustigeait cette omnipotence des anciens de 98 sur la gouvernance du football français s'était pourtant modestement déclaré candidat à la présidence de la FFF de 2016 en octobre 2012. Lui, un ancien de France 98 ! Avec une mission de chevalier blanc.

Parce qu'il est comme ça, Manu, bien décidé à « assainir le football professionnel et remettre le foot amateur d'aplomb. J'en suis arrivé à un constat simple : il y a de plus en plus de dérives dans le football business et un fossé de plus en plus énorme avec la base. » En, fait, ces propos de l'automne 2012 s'accordent avec ceux tenus hier en hommage à son pote Thierry Henry sur un point : Manu est prêt à servir. Servir la France et le foot français, enrayer le déclin, dissiper le malaise, avec ou sans modèles étrangers à suivre. Il l'affirmait haut et fort à travers sa profession de foi de candidat à la présidence de la FFF : « J'aimerais bien un jour intégrer la Ligue ou la Fédération pour défendre les valeurs auxquelles je crois. Je suis prêt à apprendre et, si on me donne une mission, je m'investirai à 200%. J'ai des défauts, mais on peut compter sur moi. » Donnez un job à Manu ! Sinon, il se cassera pour proposer ses services à l'Angleterre ! Ou à l'Allemagne.

Par Chérif Ghemmour
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