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Mano Menezes prend la porte

Sale semaine pour les entraîneurs. Après Roberto Di Matteo, remplacé par Rafa Benítez, c’est au tour de Mano Menezes de prendre la porte. Le désormais ex-sélectionneur du Brésil avait succédé à Dunga en 2010 pour oublier l’échec du Mondial sud-africain et préparer celui de 2014. En deux ans, Mano a fait beaucoup de choses, mais a surtout déçu. Et il avait beau demander du temps à la CBF pour terminer son travail, celle-ci n’en avait plus : la Coupe des confédérations aura lieu dans quelques mois et « l’événement du siècle » dans moins de deux ans.

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« Caiu » , titre Globoesporte. Oui, Mano Menezes est finalement tombé. Mais la nouvelle fait l'effet d'une bombe, parce que personne ne s'attendait à le voir partir si tôt, vu que la CBF avait choisi de le garder après les Jeux Olympiques. Le timing du limogeage de Menezes est donc mauvais, ou du moins étrange. D'autant plus que le Brésil traverse une bonne passe depuis deux mois avec des branlées infligées à l’Iraq et au Japon (6-0 et 4-0), ainsi qu’un nul contre la Colombie (1-1). Mieux, l’ancien coach du Grêmio et des Corinthians venait même de remporter son deuxième Superclàsico. Son deuxième titre avec la Seleção, aussi. Pas mal. Sauf que « pas mal » n’est suffisant aux yeux d'un peuple habitué à voir son équipe gagner et impatient de la voir soulever un « vrai » trophée, comme à la belle époque. Lors des deux dernières années, le Brésil s’est fait sortir sans gloire en quarts de finale de la Copa América 2011 (défaite aux t.a.b. face au Paraguay) avant d’échouer en finale des JO de Londres un an plus tard (1-2 contre le Mexique). Pour couronner le tout, c'est également entre 2010 et 2012 que les Auriverdes quittent le top 10 du ranking de la Fifa, la faute à un bilan mitigé de leur sélectionneur (21 victoires, six nuls et six défaites), surtout contre les grosses écuries - on se souvient par exemple de la défaite 1-0 face à la France.

Mano et ses outils

Mais le quintuple champion du monde pouvait-il vraiment espérer mieux en un peu plus de deux ans ? Difficile de le dire. En tout cas, Mano Menezes avait raison d'insister pour qu'on lui laisse du temps, dans la mesure où il devait tout reconstruire après la catastrophe de 2010. Du Brésil de Dunga, il n'a gardé que Thiago Silva, Daniel Alves ainsi que Ramires, avant de rappeler plus récemment Kaká. Pour cause, la CBF tenait absolument à tirer un trait sur la génération précédente, et exigeait de son nouveau sélectionneur qu'il tente de nouvelles choses, accorde sa confiance aux joueurs locaux et fasse revenir le beau jeu sur le terrain. De ce point de vue-là, Mano n'a pas, ou peu déçu. Il a convoqué pas moins de 102 têtes et lancé les nouveaux cracks brésiliens que sont David Luiz, Hulk, Lucas, Oscar, Ganso, Damião et avant tout Neymar. Le prodige de Santos est rapidement devenu la plaque tournante de la Seleção version Mano Menezes, à qui il offre 17 pions en 27 matchs ainsi qu'une bonne dose de gestes farfelus.


Trop faible face aux gros poissons

Neymar ou pas, la Seleção post-Afsud s'est toujours montrée plus esthète que rigoureuse. La mentalité indulgente de Menezes incitait ses hommes à inventer, à s'amuser et par conséquent à divertir un public exaspéré par le football trouillard de Dunga les années précédentes. Sauf que l'opération séduction ne marche qu'à moitié. Si le talent individuel des Brésiliens permet d'alimenter Youtube en compilations croustillantes, le Brésil de Mano est défaillant sur le plan collectif. Premièrement, tous les joueurs offensifs cherchent à avoir le ballon le plus vite possible, quitte à dézoner de manière grotesque. Un péché mignon qui peut s'expliquer par la jeunesse de l'effectif, certes, mais que le sélectionneur n'a jamais vraiment cherché à corriger. Tactiquement, si le Brésil de Dunga est protectionniste, celui de Menezes est anarchique. Tout le monde attaque n'importe comment, mais personne ne défend, à part David Luiz, Thiago Silva, Ramires et de temps en temps les latéraux quand ça leur chante. Une politique sans conséquences face à des équipes à deux balles, mais relativement handicapante face aux plus grandes nations du monde. Résultat, en neuf oppositions face à la France, les Pays-Bas, l'Allemagne ou encore l'Argentine, les Auriverdes marquent et encaissent dix buts pour un bilan de deux succès, deux nuls et cinq défaites. Pas génial pour aborder la prochaine Coupe du monde.

Muricy Ramalho, Tite ou Scolari ?

À quelques mois de la Coupe des confédérations et à 564 jours du début du Mondial de 2014, la CBF n'a plus le droit à la moindre erreur de casting. C'est pourquoi le nom du prochain sélectionneur auriverde ne sera pas révélé avant 2013. Cela dit, il y a déjà quelques certitudes autour du successeur de Menezes. Désigné comme l'entraîneur idéal par Sócrates peu avant son décès et fantasme du pays entier, Pep Guardiola n'entraînera pas le Brésil. Trois noms se détachent en revanche ; ceux de Muricy Ramalho, Tite et Scolari. Le premier sort d'une saison moyenne avec Santos, mais jouit d'une bonne cote de popularité et d'une certaine autorité auprès des joueurs. Le deuxième a tout simplement gagné la Copa Libertadores 2012 sans perdre le moindre match avec les Corinthians. Scolari, lui, vient de partir de Palmeiras où son bilan est catastrophique, mais reste un héros respecté au pays. C'est quand même lui qui a décroché la dernière étoile de la Seleção en 2002...

Par William Pereira
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