Mangala à City : faut-il interdire les contrats propriétés de tiers ?

Eliaquim Mangala est enfin un joueur de Manchester City. Le transfert, annoncé dès juillet, a traîné en longueur en raison du statut particulier du joueur, dont les droits fédératifs étaient partagés par le FC Porto et deux fonds d'investissement. Or, si les contrats propriétés de tiers sont autorisés au Portugal, ils ne le sont pas en Angleterre. Et au vu des complexités que le schmilblick engendre, notamment en cas de transfert, ça se comprend...

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Alors que la clause libératoire d'Eliaquim Mangala à Porto était évaluée à 45 millions d'euros, les Citizens en auraient déboursé environ 54 pour racheter l'ensemble de ses droits sportifs au club portugais ainsi qu'aux fonds d'investissement Doyen Sports et Robi Plus. 30,5 millions « seulement » arrivent donc dans les caisses des Dragons, qui avaient recruté le joueur au Standard de Liège il y a trois ans pour 7,5 millions. Pourquoi ? À cause des contrats propriétés de tiers. Le 10 mars dernier, le Conseil stratégique du football professionnel (CSFP) européen avait pourtant prôné l'interdiction des contrats propriétés de tiers comme celui d'Eliaquim Mangala à Porto. La raison première ? Les complications administratives qu'ils engendrent, comme dans le cas du transfert de Neymar à Barcelone il y a un an : difficile de savoir qui détient les droits de qui (coucou les subprimes!) et dans quelles proportions. Ce qui d'une part complexifie les négociations en augmentant le nombre de parties prenantes, et d'autre part peut ouvrir la porte à certaines fraudes.

Mais si le procédé existe, c'est qu'il a ses avantages, comme la possibilité de s'offrir un joueur de haut niveau sans vider sa trésorerie. Autorisée au Portugal et en Espagne, très répandue en Europe de l'Est et institutionnalisée en Amérique du Sud, la pratique permet à des entreprises et investisseurs de s'adjuger tout ou une partie des droits contractuels d'un joueur de football. L'exemple le plus célèbre des années 2000 : Carlos Tévez, propriété de Media Sports Investments, la société de Kia Joorabchian. Exemple les plus récents et proches de nous : Radamel Falcao ou Eliaquim Mangala à Porto.

90% des joueurs en Amérique du Sud propriétés de tiers


Il y a bientôt six mois, le CSFP avait indiqué se réserver le droit d'appuyer l'UEFA pour bannir les joueurs concernés des compétitions continentales, dans le cas où la FIFA n'interdirait pas la pratique. En clair, de nombreuses équipes comme le FC Porto ne pourraient aligner leur équipe type en Ligue des champions. Et 90% des joueurs en Amérique du Sud seraient black-listés. Lors de la dernière assemblée annuelle du Syndicat européen des clubs de football, son secrétaire général Michele Centenaro avait pointé du doigt l'opacité de ces contrats : « Personne n'en sait suffisamment là-dessus car ce n'est pas transparent. » Pas transparent et nuisible si l'on en croit Gianni Infantino, secrétaire général de l'UEFA. Lors d'un point presse début mars, ce dernier estimait que le procédé « n'était pas en adéquation avec le fair-play financier, dans la mesure où des clubs peuvent s'appuyer sur des investissements spéculatifs pour acquérir des joueurs qu'ils ne pourraient normalement pas s'offrir » . Et ces investissements ne feraient que transiter dans le football au lieu de l'enrichir, ce qui justifierait le courroux des patrons du foot européen...

Si l'aspect financier est important, l'aspect moral est également pointé du doigt. En août 2013, Michel Platini, président de l'UEFA, avait livré le fond de sa pensée lors d'une conférence de presse à Monaco : « Aujourd'hui, certains joueurs deviennent des produits. C'est un retour 50 ans en arrière (ndlr : les joueurs appartenant à une société), c'est une honte, ça devient un gros business. » Le business pourrait aussi porter sur les résultats si l'on suit le raisonnement de l'agent français Franck Belhassen : « Un joueur ne doit pas appartenir à une entreprise tiers. Dans mon cas, je sers les intérêts de mes joueurs et pas l'inverse. Ce type de contrat est interdit en France et tant mieux. Les entreprises qui possèdent des joueurs peuvent à elles seules créer un résultat. Je ne dis pas que c'est déjà le cas, car un footballeur, par essence, est compétiteur et entre sur le terrain pour gagner. Mais autoriser ce type de contrat, c'est ouvrir la porte à la tentation d'arranger des matchs. » Notamment lorsqu'une même société « possède » des joueurs dans deux équipes engagées dans la même compétition.

Casse-tête juridique


Si la plupart des acteurs du monde du football semblent d'accord pour éradiquer la pratique, certains, comme l'agent français Sonia Souid, se demandent si un tel revirement juridique est possible : « On ne pourra pas interdire la pratique du jour au lendemain : on interdirait à 90% des joueurs en Amérique du Sud de venir en Europe ? » Pour elle, les contrats de joueurs appartenant à des tiers ne sont pas un luxe en temps de crise : « Ce n'est pas forcément une bonne idée d'interdire ce type de contrat dans la conjoncture actuelle. Cela permet à des clubs de recruter des joueurs de haut niveau. À Porto, cela marche bien, plusieurs clubs devraient prendre exemple. Si un joueur recruté par ce biais voit sa valeur augmenter, à la revente tout le monde est content. En France, cela rendrait certains clubs plus compétitifs. »

Pour un autre agent, Stéphane Canard, le bénéfice de la pratique n'est pas si flagrant car « sur la revente de ces joueurs, le bénéfice éventuel est limité au pourcentage que le club possède » ; la preuve avec Mangala. Pour le premier agent français licencié FIFA, la possible interdiction des contrats de joueurs propriétés de tiers est cependant prématurée : « Si vous me dites qu'on se fait une réunion, on analyse les textes, on regarde les conséquences et si à la fin on arrive à la conclusion que cela amène des dérives, je vous dirai que je suis contre les contrats appartenant à des sociétés tiers. Maintenant, comment peut-on considérer que cela amène des dérives ? Je n'ai pas les éléments aujourd'hui. La première multinationale au monde, c'est le football, le problème, c'est que chaque fédération nationale a ses propres règles. Uniformiser les règles à l'échelle mondiale, c'est quasiment impossible. » Les sages du CSFP vont bien nous pondre une ou deux solutions...

Par Nicolas Jucha
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Donc à l'avenir, ce sont les fonds d'investissement qui possèderont à 100% les droits des joueurs, et ils les loueront aux clubs sans moyens financiers.

Vivement un petit FCP composé de joueurs de foot pour investir. :-)
Note : 2
C est evident que oui, c est au dela du football, a force de prendre la raison/maniere de faire de la sphere fiscale/de la fiscalisation ( de la bourse /des boursicoteurs quoi)comme raison ultime, on arrive a des aberrations un peu partout ( pas qu en foot) et on ne fait rien pour les fixer. C est assez aberrant deja qu un joueur soit devenu un sac de patate, si apres ca devient un actif qu on peut separer en plusieurs parts ( question : la burne de CR7 vaut elle plus qu une de Messi?) ca devient trop abstrait pour un truc qui a la base est du sport. Avoir des clubs en bourse, ca ne marche pas super bien car la logique sportive n est pas de degager des benefices mais de gagner des titres, du coup je veux bien car ca n a pas vraiment fause la competition, mais avoir le footballeur qui se découpe en parts et pourquoi pas des pourcentages de cote/decote/prise de risque machin et truc et ceci cela,ca continue de deshumaniser un peu plus ce "sport" et a faire passer le modele nord-americain pour un truc assez sain.

Pour Sonia Souid ( pkoi pas l agente francaise et pas agent francaise?) bah si ca passe le "marche" s adaptera donc la prevision "l Amerique du Sud ce sera fini" j y crois pas une seconde. D ailleurs si l Am latine gardait un peu plus ses joueurs ce serait dans l interet de tous, le Bresil ca fait ltps qu il ne joue plus "bresilien" sauf dans la pub Nike. Puis "conjoncture actuelle" "valeur augmentee a la revente", punaise elle parle comme une banquiere, ca vend pas du reve ca.
Note : 16
Et je rajoute : ca risque de pourrir les parties de FM
Note : 1
Message posté par groin
Et je rajoute : ca risque de pourrir les parties de FM


L'argument fatal !
Note : 2
Bien entendu qu'on devrait supprimer ce genre de pratiques, au même titre que la spéculation financière ou immobilière.

Ce sont des actions qui ne produisent rien, qui n'apportent rien à la société, si ce n'est remplir le compte en banque de quelqu'un qui possède déjà beaucoup d'argent.
Coucou Lucien D'Onofrio.
PenoIndirect Niveau : Loisir
La société X posséde 5 joueurs dans le club A et 5 joueurs dans le club B .Ces deux clubs se rencontrent et selon l'enjeu.....c'est la société X qui désigne le vainqueur .En ayant pris soin de placer beauuuuuucoupppp de billets sur le marché des paris asiatique (pas de limites de fonds).En attendant,les gogos continuent d'aller au stade et discutent tactique et technique au bistrot .
Mehmet Scholl Niveau : CFA
Message posté par groin
Et je rajoute : ca risque de pourrir les parties de FM


C'est deja le cas mec, j'ai vendu Marco Rojo ( Sporting ) pour 30 patates, j'en ai recupéré que 10, pareil a Vasco de Gama, Felipe Bastos vendu 15, seulement 5 millions de récupéré

Source : FM 2013
Il fallait que Van Gaal regarde le Cash Investigation de France 2 où le pauvre Mangala ne pigeait rien du tout de son statut, un régal.
Super Dupont Niveau : CFA2
Faut-il interdire a City d'acheter un defenseur de 23 ans 50 millions?
Message posté par Mehmet Scholl


C'est deja le cas mec, j'ai vendu Marco Rojo ( Sporting ) pour 30 patates, j'en ai recupéré que 10, pareil a Vasco de Gama, Felipe Bastos vendu 15, seulement 5 millions de récupéré

Source : FM 2013


Non, c'est pire quand t'es un club de l1 et que t'es tout content de te payer rojo pour 5 millions. Et c'est quand il signe qu'on te dit que 75% du joueur doit encore être acheté, sinon il joue pas. Ca te flingue une partie. Et même l'IA se fait avoir, dans une partie tottenham à du lâcher 75 patates pour l'avoir. Réaliste.
Message posté par Super Dupont
Faut-il interdire a City d'acheter un defenseur de 23 ans 50 millions?


Ca va pas? Et de quoi vivraient les portugais? De la maçonnerie?
Mehmet Scholl Niveau : CFA
Message posté par N3L


Non, c'est pire quand t'es un club de l1 et que t'es tout content de te payer rojo pour 5 millions. Et c'est quand il signe qu'on te dit que 75% du joueur doit encore être acheté, sinon il joue pas. Ca te flingue une partie. Et même l'IA se fait avoir, dans une partie tottenham à du lâcher 75 patates pour l'avoir. Réaliste.


Propre !
Message posté par dams062
Coucou Lucien D'Onofrio.


Propriétaire de 10% d'Eliaquim Mangala au travers d'une société inexistante. Bien vu.

Une émission sur France 2 avait valu un reportage sur le business dans le foot et Mangala avait servi d'exemple. Cash investigation si je ne m'abuse
Message posté par Deco10


Propriétaire de 10% d'Eliaquim Mangala au travers d'une société inexistante. Bien vu.

Une émission sur France 2 avait valu un reportage sur le business dans le foot et Mangala avait servi d'exemple. Cash investigation si je ne m'abuse


Tout à fait Cash investigation présenté par Elise Lucet, reportage très intéressant qui décrit cette pratique, avec pour finir cette course poursuite mémorable entre le journaliste et Lucien d'Onofrio dans les rues de Liège !
BeIn Sport pourrait acheter Di Maria pour 59 M€ avec le PSG qui mettra 1 M€, et hop le fair-play respecté. En plus, la plupart du salaire du joueur sera versé directement par son propriétaire, super pour la balance financière du club.
Comme beaucoup ici je trouve ça très malsain, le pire c'est le business qui tourne autour de gosses sur lesquels les hommes d'affaires investissent comme s'il s'agissait de bétail. Un gamin qui subit la pression de l'argent dès 10 ans c'est inadmissible.
suzanelache Niveau : Loisir
BONJOUR A VOTRE ATTENTION
Vous qui êtes à la recherche de prêt d'argent, je ne sais pas comment vous
faire part de ma joie car étant moi même à la recherche de prêt, je suis
tombé sur un Mr d'affaires français. Il m'a octroyé
un prêt de 980.000€ et j'en ai parlé à plusieurs collègues qui
ont également reçu des prêts chez ce monsieur sans avoir de soucis.
Particulièrement à moi, j'ai reçu ma demande de crédit par virement
bancaire en une durée de 48 heures sans protocole et je suis tout à fait
satisfait. Alors j'ai décidé de faire part de cette
opportunité à vous qui n'avez pas la faveur des banques ou qui avaient eu à
faire à des prêteurs malhonnêtes qui ne font qu'abuser de la personnalité
d'autrui; vous avez un projet ou un besoin de financement, vous pouvez lui
écrire et lui expliquer votre situation; il vous aidera s'il est convaincu
de votre honnêteté son email est :

dulonpierre09@gmail.com

Merci
Partenaires
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