1. //
  2. // ManU/Newcastle (3-0)

Manchester répond présent

Après le carton de Chelsea face à West Brom (6-0), Manchester United se devait de répliquer en accueillant le promu Newcastle. Contrat rempli sans forcer (3-0), malgré un Rooney en perte de repères.

Modififié
0 0
Wayne Rooney n'est plus le même. Depuis sa blessure à la cheville droite contractée début avril, cela fait 12 matches que celui qui tournait à près d'un but par partie avant son passage à l'infirmerie n'a pas fait trembler les filets, série portée à 13 lundi soir, pour l'ouverture de la saison de MU face au faible promu magpie. Schrek paierait-il une érosion de son physique trop sollicité ? A moins qu'il ne s'agisse du contrecoup de son insulte de trop adressée à la veille de la Coupe du Monde. Choqué, le pays en avait alors appelé à la modération du rude débit du bad boy. « Si on étouffe sa passion et si on le réfrène, il ne sera pas le même joueur » avait prévenu Rio Ferdinand. De fait, le volcanique attaquant apparaît réprimé plutôt qu'assagi, fragilisé, presque éteint. Ses contrôles souffrent d'hésitations, comme ses choix. La réussite l'a quittée à la mesure de la pondération de son engagement. Témoin du doute qui l'envahit, son raté de la 53e minute. Lancé et esseulé dans la surface, il refuse de profiter de l'angle suffisamment ouvert et passe son tour à Berbatov. Le choix n'est pas mauvais, mais la passe anémique. Sept minutes plus tard, quand il s'agit de donner ses premières minutes de Premier League au Mexicain, Javier « El Chicharito » Hernandez, ce n'est pas Berbatov qui rejoint le banc, mais bien la terreur anglaise.

Avec un Rooney à 100%, Manchester aurait sans doute pris le large plus tôt dans la partie, mais Ferguson peut se réjouir de ne pas dépendre uniquement de la réussite de son meilleur buteur. Son éprouvé 4-4-2 continue d'écarteler l'adversaire dans les grandes largeurs. A gauche, Nani transforme son couloir en zone de turbulences, avec un déchet raisonnable, proportionnel à sa prise de risque. A droite, Valencia percute avec moins d'ingéniosité que le Portugais, mais marque des points à la récupération. Quant à Berbatov, il fait dans la discrétion avant de surgir à la 33e minute pour inscrire la première ligne sur la page blanche de la saison mancunienne. La parenté du but est à partager entre le Bulgare, Paul Scholes, passeur en profondeur d'élite, et Valencia, auteur d'une récupération décisive aux trente mètres qui aurait rendu tout chose Claude Puel.

Il a fallu une vingtaine de minutes à MU pour mettre sa patte sur le match, contrarié à l'entame par l'enthousiasme de Newcastle. Avec Joey Barton, Alan Smith et Jonas Guttierez, les Magpies ne sont pas un adversaire commode. Le bourreau d'Ousmane Dabo sera évidemment le premier à écoper d'un carton jaune, sanctionné dès la 18e minute pour s'intéresser de trop près aux chevilles de Nani. Equipé d'une moustache à la Francis Begbie dans Trainspotting, Barton inquiète toujours autant. Begbie et le foot c'est d'ailleurs une vieille histoire. Quand Danny Boyle s'était collé à l'adaptation du roman d'Irvine Welsh, il avait demandé à l'acteur chargé de faire prendre chair au psychopathe écossais, d'arborer « un look homo à la Ian Rush » . Bad boy toujours, c'est Andy Carroll qui sert d'unique attaquant aux Magpies. L'armoire à glace à queue de cheval passera prochainement devant la justice, suite à une baston de sortie de pub. Pour sa défense, il peut compter sur Barton pour lui donner deux, trois ficelles. On l'aura compris, Newcastle, sans être brutal, fait dans le pur Kick n' Rush, qui lui a parfaitement réussi en Championship. En Premier League, les limites du style s'avère toutefois criantes, leur engagement ne pouvant pallier l'insuffisance de leur maîtrise technique.

A mesure que le chrono tourne, Manchester s'assoie de plus en plus confortablement dans la partie. A la 42e minute, Nani filtre un ballon dans la surface pour Evra, pas vraiment du genre à souffrir de stress post-traumatique, que le latéral gauche français adresse à Rooney. Le contrôle manqué du taureau anglais se transforme en passe décisive pour Fletcher, qui frappe en pivot à bout portant. MU déroule, et le poil roux de Paul Scholes, meilleur joueur du Community Shield, est décidément éclatant en cette amorce de saison. A la 63e minute, Javier Hernandez rentre et semble parti pour inscrire une réplique côté opposé de son but face aux Bleus, mais cette fois le drapeau se lève pour signaler un léger hors-jeu. Auteur d'une prestation aboutie, Nani sort et les 840 matches de Ryan Giggs font leur imposante rentrée. A la 85e, le Gallois scelle le score (3-0). Chicharito à la récup' devant la ligne de sortie de but de Newcastle, Scholes à l'ouverture en diagonale, et Giggs pour placer une reprise du gauche sans forcer. Sur la touche, Rooney applaudit comme un bon élève l'exemplarité et l'élégance du Gallois, et ça ne lui va pas vraiment.

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
0 0