Manchester, le titre en 10 dates

CHAMP19NS. Depuis samedi, Manchester United est officiellement sacré roi d'Angleterre pour la dix-neuvième fois de son histoire, ce qui en fait le recordman du pays.

Modififié
0 1
S'il s'agit du premier champion depuis dix ans qui ne dépasse pas les 80 points, le titre, obtenu certes laborieusement, apparaît mérité au vu de la saison. Retour sur les dates charnières.

8 avril 2010 : Chicharito s'engage avec Manchester United

Pourquoi Sir Alex Ferguson est-il le plus grand manager du monde ? Parce qu'il sait anticiper mieux que quiconque, voilà tout. Alors que son équipe est au coude à coude avec Chelsea pour le titre de champion (qui finira dans l'escarcelle des Blues), Fergie n'attend pas la trêve estivale pour peaufiner son recrutement. Dès le mois d'avril, pour la modique somme de sept millions de livres, Javier Hernandez, observé depuis de longs mois par les scouts mancuniens, donne son accord pour rejoindre MU à la fin de la saison. Double coup de maître : en bouclant le transfert avant la Coupe du Monde, le manager écossais a pris tout le monde de court et certainement fait économiser quelques millions à son club. Surtout, personne ne le devine encore, mais Manchester United vient de mettre la main sur un buteur d'exception. Douze mois plus tard, tout le monde s'accorde à dire que la présence du Mexicain a pesé très très lourd dans la conquête du dix-neuvième titre de champion d'Angleterre des Red Devils. Sans parler de ses prestations en Coupe d'Europe. Et dire qu'au départ, il ne devait être qu'un joker de luxe.



11 septembre 2010 : Everton 3-3 Man Utd

S'il fut l'auteur de deux prestations sans bavure sur son terrain (deux victoires 3-0), Manchester United montre d'inquiétants signes de fébrilité en déplacement en cette fin d'été. Une tendance qui se confirmera pendant dix mois. Deux semaines après avoir laissé échapper deux points sur la pelouse de Fulham (2-2) à quelques minutes de la fin - et en ayant manqué le penalty du break-, les Red Devils, souverains pendant 91 minutes à Goodison Park, encaissent deux buts en 45 secondes et doivent se contenter du partage des points face aux Toffees de Tim Cahill. Pendant ce temps, Chelsea engrange et compte déjà quatre points d'avance et une différence de buts de +16 après quatre journées. Si au final cette fin de match catastrophe n'aura pas eu de lourdes conséquences quant au dénouement du championnat, elle aura clairement plombé la confiance des Red Devils rarement fringants à l'extérieur.


22 octobre 2010 : Rooney prolonge à MU

Cela a failli être la plus grande trahison de l'histoire du sport. Stérile depuis mars, sifflé par son public et au cœur d'une tempête sexo-médiatique sans précédent, Wayne Rooney, à quelques jours de son 25ème anniversaire, vit la pire période de sa vie de footballeur. Pour ne rien arranger, il tarde à prolonger son contrat, avant que les rumeurs ne fassent état d'un départ imminent. Le 19 octobre, Ferguson, sous le choc et quasiment la larme à l'oeil, officialise la demande de divorce de son poulain, sans pour autant lui fermer la porte, au cas où. Bien vu. Trois jours plus tard, alors que tout le monde envoie Wazza à Manchester City, United annonce à la surprise générale que l'Anglais est désormais lié aux Red Devils jusqu'en 2015 pour un montant non révélé mais qu'on imagine himalayesque. Rooney a t-il prémédité son coup pour faire monter les enchères ? Etait-il de mèche avec Ferguson depuis le début ? On ne le saura jamais. Ce qui est sur, c'est qu'United a enregistré un renfort de poids dans sa conquête du titre tant Shrek s'est montré brillant à partir de février. Comme revigorés par la nouvelle, les Mancuniens enregistrent le dimanche suivant leur première victoire à l'extérieur de la saison, à Stoke.

6 novembre 2010 : Man Utd 2-1 Wolverhampton


Valencia, Nani, Berbatov, Rooney, Rafael, Anderson, Carrick et Giggs sont sur le flanc. Face à l'avant-dernier de Premier League, Ferguson se voit contraint d'aligner les fonds de tiroirs : Brown, Hargreaves et Obertan sont titulaires, même John O'Shea est obligé de jouer au milieu. Lose ultime : titulaire pour la première fois depuis deux ans, Hargreaves ne met que cinq minutes avant de se péter. Remplacé par Bebe, l'homme de cristal ne rejouera pas de la saison. Ce jour là, United réalise une prestation indigente, mais remporte trois points cruciaux à la 93ème minute, sur un slalom géant du Coréen Park, déjà auteur de l'ouverture du score. Seul éclair d'un match bien triste mais qui permet aux Red Devils de revenir au contact de Chelsea, défait à Liverpool. Le début d'une longue traversée du désert pour les hommes d'Ancelotti


20 Novembre 2010 : Arsenal 2-3 Tottenham

Arsenal aurait pu, aurait dû incarner un rival de poids et contester à United le titre de champion jusqu'au bout. Au lieu de ça, les hommes de Wenger ont une nouvelle fois laissé échapper des points à leur portée tout au long de la saison avant de complètement craquer sur la fin. Exemple comme ça, au hasard, ce derby de Londres au cours duquel les Gunners ont fait étalage de leur supériorité pendant 45 minutes, avant de sombrer et d'encaisser trois buts lors du second acte. Se tirer une balle dans le pied, décidemment la spécialité des pensionnaires de l'Emirates. Losers.

page]
27 novembre 2010 : Man Utd 7-1 Blackburn

Enfin, MU régale. Après trois mois de compétitions assez tristounet sur le plan du panache, MU fait honneur à son statut pour le plus grand bonheur d'Old Trafford. Face à Blackburn, les Red Devils, qui récupèrent peu à peu tous leurs joueurs majeurs, livrent une prestation XXL dans le sillage du trio Nani, Rooney et Berbatov. Le Bulgare, auteur d'un quintuplé, réalise le match parfait. Pendant ce temps, Chelsea galère et doit se contenter du nul à Newcastle. Comme un symbole, Manchester United, prend la tête du classement à l'issue de la journée, sur sa première grosse prestation de la saison. Les Mancuniens ne lâcheront plus la première place.





2 février 2011 : Gary Neville prend sa retraite

Un mois plus tôt, Gary Neville avait célébré la nouvelle année par une prestation ridicule sur la pelouse de WBA (victoire à l'arrachée des mancuniens 2-1). Il ne le savait pas encore, mais son 602ème match serait le dernier de sa carrière sous le maillot rouge. Début février, conscient que son âge et son niveau ne lui permettraient plus de bien figurer dans le championnat anglais, le latéral historique de United a préféré faire [l'annonce de sa retraite, avec effet immédiat.
Bien lui en a pris : il n'a depuis plus coûté aucun point à son équipe.

12 février 2011 Man Utd 2- 1 Manchester City

Il aura fallu attendre la 26ème journée et un déplacement à Wolverhampton pour que Manchester United chute enfin. Au-delà de la fin de l'invincibilité du leader, on pouvait se demander quel impact aurait une défaite chez la lanterne rouge sur les têtes mancuniennes avant un derby crucial. D'un but exceptionnel, qui justifie à lui seul son caca nerveux de l'automne, Wayne Rooney s'est remis Old Trafford dans la poche et s'est chargé de rappeler à tout le monde qu'à domicile, MU était intraitable. Et que City devrait encore cravacher avant de devenir un candidat crédible au titre de champion. Quel but, n'empêche. Et quelle classe dans la façon de le célébrer.






2 avril 2011 : West Ham 2-4 Man Utd

Certainement le match qui a fait comprendre à Chelsea et Arsenal qu'ils auraient beaucoup de mal à détrôner le leader. Menés 2-0 à la pause sur deux penaltys de Mark Noble, les Red Devils le sont toujours après plus d'une heure de jeu. Mais par la grâce d'un triplé importantissime, Wayne Rooney met les siens sur la voie royale d'un dix-neuvième titre en l'espace de quatorze minutes. C'est la deuxième fois de la saison, après un déplacement un Blackpool, que United l'emporte après avoir été mené 0-2. A ce niveau là, ce n'est pas du hasard. A la fin du match, Ferguson lâchera un « We never give up » qui se passe de traduction, tout comme le « Fuck off » balancé par Wazza après son troisième but.


8 mai 2011 : Man Utd 2-1Chelsea

35 secondes, c'est le temps qu'aura duré le suspense entourant l'épilogue de cette Premier League, soit le temps qu'il aura fallu à Chicharito pour tromper la vigilance de Cech. Revenus d'on ne sait où dans le rétro des Red Devils, Chelsea se rend à Old Trafford avec l'espoir de conserver son titre. Une victoire, et les Blues devanceraient alors leurs hôtes du jour à la différence de buts. Mais cette saison, MU est bien trop souverain à domicile pour laisser échapper le graal. Auteurs d'une première mi-temps de niveau stratosphérique, les coéquipiers de Vidic l'emportent logiquement quoi que difficilement et filent vers un titre qu'ils valideront définitivement la semaine suivante sur la pelouse de Blackburn. Dix-neuvième titre pour MU, douzième titre pour Ferguson et, surtout, douzième titre pour Ryan Giggs. Respect.





Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

T'aurais pu ajouter le 6 novembre 1986, une date tragique pour les scousers
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
0 1