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Manchester City, le Pep d’interrogation

Alors que le secteur défensif de Manchester est défaillant depuis des années et semble représenter la priorité du mercato, Guardiola a pour l’instant préféré privilégier les renforts offensifs. Mais à quoi joue le nouvel entraîneur de City ?

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Près de 100 millions d’euros. Voilà la somme cumulée qu’a dépensée Manchester City, sur deux ans, pour deux défenseurs qui devaient représenter le présent et l’avenir de la charnière centrale bleue. Achetés respectivement 45 et 53 millions d’euros, Nicolás Otamendi et Eliaquim Mangala avaient tout pour devenir les patrons de l’arrière-garde du club. Une certaine jeunesse, des capacités physiques au-dessus de la moyenne, un temps de jeu conséquent, un collègue qui assurait une bonne Kompany et adressait d’utiles conseils… Oui, mais voilà : aujourd’hui, le constat est très loin des espérances. Aucun des deux loustics n’est parvenu à se transformer en cador annoncé. Bien au contraire.


Quand l’arrivée de Pep Guardiola, accompagné de son salaire mirobolant (entre 18 et 25 millions annuels), a été officialisée, les supporters de City ont donc sauté au plafond. Si le Catalan signait pour autant de billets, cela signifiait qu’il aurait une jolie valise à dépenser. Et si l’ancien du Barça était choisi, c’est surtout parce qu’on faisait confiance à ses décisions tactiques et ses choix d’hommes. Du même coup, les fans étaient déjà rassurés au sujet de l’avenir défensif de leur équipe. Eux qui ont souffert depuis tant d’années de ce déséquilibre entre dynamisme offensif et manque de maîtrise à l’arrière en étaient persuadés : Pep allait serrer la vis. Car en réalité, le duo Otamendi/Mangala n’est que le symbole d’un système défensif à la ramasse (5e défense de Premier League lors des deux dernières saisons).

Des apports pas nécessaires, des manques pas comblés


Sauf que pour le moment, Guardiola n’y arrive pas sur le marché des transferts. S’il est évidemment beaucoup trop tôt pour parler d’échec vu que les compétitions n’ont même pas débuté, force est de constater que l’incompréhension règne autour de la stratégie adoptée pour ce mercato. Pour commencer, Pep a choisi Nolito pour renforcer sa ligne d’attaque. L'Espagnol ne sera pas forcément indispensable au regard des grands noms qui la composent (David Silva, Raheem Sterling, Kevin De Bruyne, Sergio Agüero, Wilfried Bony, Jesús Navas…). Mais pourquoi pas, après tout. Au milieu, on attendait du lourd. Paul Pogba et N’Golo Kanté ont été évoqués, mais ont pris le chemin des concurrents directs (à savoir Manchester United sauf revirement de situation et Chelsea). Toni Kroos ne relève que du fantasme. Résultat : c’est presque le calme plat concernant l’entrejeu où le seul Gündoğan est venu renforcer un secteur qui aurait pourtant bien besoin de sang neuf pour faire souffler Yaya Touré et être moins dépendant de la forme de Fernandinho. Parce que Fabian Delph et Fernando, c’est quand même plus que léger.


Reste le chantier qui, en apparence, est le plus urgent et qui n’a pas avancé d’un pouce : la défense. Actuellement, Guardiola se pète littéralement les dents sur le Leonardo Bonucci de la Juve, qui n’a pas franchement envie de perdre un nouveau cadre et qui ne se laissera pas attendrir par 50 millions. Or, l’entraîneur espagnol a déjà laissé quelques molaires à Bilbao avec l’épisode Aymeric Laporte, qui, sans doute rebuté par la jurisprudence Mangala, a préféré jouer la continuité avec une belle revalorisation à la clé plutôt que de prendre le risque anglais. Sans compter que le technicien pourrait s’exploser complètement la gueule sur John Stones, annoncé depuis des semaines chez les Sky Blues, mais toujours pas convaincu.

Patience et reflexion


D’où la question : à quoi joue Pep Guardiola ? Compte-t-il miser sur les revanchards Otamendi/Mangala, l’expérimenté Kompany et l’inconnu Denayer ? Pas vraiment, puisqu’il vise d’autres centraux, et pas des moindres. Est-il obnubilé par le renfort d’un monstre dans l’axe ? Est-ce sa priorité ? Bah non, puisqu’il a privilégié le secteur offensif et n’ose pas offrir 80 patates à la Juve ou à Everton, alors qu’on sait pertinemment que Manchester a un pouvoir d’achat quasiment illimité. L’interrogation vaut aussi pour les latéraux, Bacary Sagna, Gaël Clichy, Aleksandar Kolarov et Pablo Zabaleta ayant tous la trentaine ou plus. Finalement, c’est peut-être ce qui plaît le plus à Guardiola : faire croire qu’il avance sans ligne directrice alors que le puzzle avance tranquillement dans sa tête. De toute façon, la recrue phare du mercato de Manchester City ne sera ni Sergio Ramos, ni Giorgio Chiellini, ni Ivan Rakitić. Elle s’appelle tout simplement Pep.

Par Florian Cadu
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