Manchester City : le début d’un règne ?

Ils l’ont fait ! Au bout d’un scénario impossible, Manchester City a enfin renversé Manchester United du trône d’Angleterre. Une première miraculeuse et pourtant, d’une certaine manière, inéluctable. Car, avec leurs moyens sans fin, c’est peut-être une nouvelle ère qui s’ouvre : l’ère Citizen…

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Et d’un seul coup, tout le reste fut folie, pour reprendre le titre des mémoires de Billy Wilder. Un paradis, un Eden même, après un miracle d’essence probablement divine. A l’entame de la 92e minute, Manchester City, mené 1-2 par QPR, était en train d’écrire une page toute personnelle du grand livre de la lose, celui dont les Citizens sont des contributeurs tenaces depuis quarante-quatre ans. Avant de frapper les deux coups décisifs en deux petites minutes pour la délivrance finale. Oui, Manchester City s’est largement fait dessus et il faut sans doute y voir un effet du vertige qui s’est emparé des Mancuniens au moment de gravir la dernière étape de l’Everest qu’ils n’avaient plus connu depuis les années 70.

Une période de disette assez longue pour vous faire repousser un hymen et vous donner la sensation d’un dépucelage et l’ivresse qui l’escorte. Et d’une certaine façon, il y a un peu de ça. Car c’est une toute autre histoire de City qui s’annonce. Autant, le retour au sommet de Manchester United en 1993, après vingt-six saisons d’attente, renouait un lien avec une tradition laissée en jachère, tant la filiation entre la bande à Busby et les Fergie’s boys était évidente, autant le sacre de Manchester City n’a rien de commun avec l’épopée de Francis Lee, Neil Young, Mike Summerbee & Co. Une rupture historique qui va bien au-delà du simple déménagement entre-temps de Main Road à l’Etihad Stadium. C’est bien dans une nouvelle dimension que City a basculé et peut-être versé tout le championnat anglais.

Le théorème Zidane

Car il faut se souvenir des paroles de Patrice Evra, pourtant pas le dernier à afficher une melonite aiguë : «  Il faut impérativement les empêcher de gagner car après ils vont peut-être enchaîner. » Lucide, le Pat. Car souvent, il est de bon ton d’estimer que le plus dur, c’est de confirmer une thèse qui se tient et même se vérifie. Mais qui trouve sa réponse dans la bouche de Zinedine Zidane, qui a l’habitude d’expliquer : «  Le plus difficile, c’est de gagner la première fois. Après, avec la confiance, tout devient plus facile. » Voire pour exemple le niveau stratosphérique des Bleus après la Coupe du monde 1998. Et fatalement, pour en revenir à nos moutons, il y a comme la sensation que Manchester City a fait le plus dur : vaincre enfin Manchester United et, plus important encore, vaincre sa propre légende.

On comprend mieux désormais pourquoi l’infernal Wayne Rooney (Stéphane Guy, si tu nous lis) avait eu des envies de départ l’an dernier. Le rougeaud buteur anglais avait bien senti que le vent était en train de tourner, que la logique des puissances allait inéluctablement pencher du côté du voisin et donc, ce n’était pas qu’une question de revalorisation salariale. Car, après une période à essayer de faire signer des stars à coups de chèques gonflés à mort, le projet a pris forme. Peut-être en trouvant racines dans la victoire en FA Cup l’an passé, une manière de validation officielle de la marche en avant. Surtout avec une victoire sur Manchester United en demie, un premier pas vers la fin du complexe.

Une circulation de balle rare outre-Manche

Car ce sacre à Wembley a de toute évidence constitué un tremplin. L’an dernier, Manchester City jouait un football franchement dégueulasse. Une espèce de bouillon tout en solidité, avec une ou deux épices histoire d’égayer l’ensemble passablement indigeste. Au vrai, Roberto Mancini avait réussi la première partie de son action : donner un corps à son équipe. Mieux : lui donner un cœur. Et cette saison, l’Italien s’est attaché à poursuivre le chantier en y incorporant une animation offensive digne de ce nom. Avec deux axes : des manieurs de ballon et de la présence dans la boîte. L’objectif : dominer le jeu et non plus compter uniquement sur des contres.

Et il faut bien l’admettre, Manchester City a régulièrement dispensé un jeu de très grande qualité, avec une circulation de balle dans les trente mètres adverses assez rare outre-Manche. Solide, créatif, efficace selon une colonne vertébrale sans beaucoup d’équivalent dans le monde : Hart (meilleur gardien anglais), Kompany (meilleur défenseur central de Premier League), Yaya Touré (meilleur relayeur du monde), Silva (meilleur meneur de la saison) et Agüero (allez, un des trois meilleurs attaquants du championnat avec van Persie et Rooney). En clair, Roberto Mancini avait un groupe, il en a fait une équipe.

Ferguson n’a pas dit son dernier mot

Mais à peine le titre célébré, déjà se pose la question : et maintenant ? En vérité, il ne manque sans doute pas grand-chose pour bonifier City. Peut-être un six encore plus performant. Peut-être des latéraux encore meilleurs (même si Clichy a été bluffant, notamment en fin de saison). Peut-être un autre buteur plus clinique aux côtés de Kun. Mais surtout un plan B pour se passer sans trop de casse de l’irremplaçable Touré (il y aura encore la CAN par exemple). Il n’empêche, on a du mal à voir comment les Citizens pourraient ne pas prolonger leur bail sur le football anglais avant de partir à la conquête de l’Europe. D’autant que les circonstances leur ont donné de quoi effacer une potentielle image de mal-aimés (le lot des riches, surtout quand ils viennent d’Orient). Car la façon dont Nasri et les siens se sont arrachés pour aller chercher ce titre qui était en train de leur échapper a provoqué une émotion rare.

Ou comment deux petites minutes ont plus fait pour la popularité de City que les trois dernières années avec l’arrivée des Émiratis. Carlos Tevez, dans l’euphorie, s’est même laissé aller à brandir la pierre tombale de sir Alex Ferguson lors de la parade des héros. Un geste de très mauvais goût et peut-être néfaste. Car cela pourrait encore plus réveiller la bête écossaise, peut-être assoupie par les quatre titres en cinq ans. On se souvient que lors des deux premiers sacres du Chelsea d’Abramovitch, on croyait Fergie et United dans les cordes pour de bon. On connaît la suite. Man U a perdu une bataille importante, pas encore la guerre. N’en déplaise à Zizou, avec les Red Devils dans les parages, confirmer reste un défi extrême. On a hâte d’être à la saison prochaine. Manchester est mort, vive Manchester !



Par Dave Appadoo
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Privé d'un titre qu'il glane sans grands recrutement depuis 4 ans , on verra peut être (sûrement) un Manchester United bien plus actif durant le mercato cet été.
20 ans de règne ("mérité", sans Emirats et autres investisseurs Russes) ne s'arrêteront pas ainsi.
Le football ne s'en portera que mieux.
La référence à Stéphane Guy donne un tout autre air de joie à cet article !
 //  16:56  //  Supporter de l'Lyon
Note : 2
@lefrancj

manU va rapidement reprendre l'avantage compte tenu des recettes qu'il engrange par rapport à Mancity

tout le monde a l'air de l'oublier mais à partir de 2014, les dépenses des clubs seront limitées aux seules recettes (CE QUI EXCLUT LES APPORTS EN CASH DES INVESTISSEURS)

dc sauf à ce que Mancity devienne une formidable machine à cash du niveau de ManU, du FCB ou du real...c'est clair que ManU a de quoi être optimiste pour la suite

je crois que c'est ce que dit aulas dans sa conf d'auj qd il dit que l'avantage financier pris par paris va rapidement fondre comme neige au soleil

comme tu dis, le football ne s'en portera que mieux
reggie miller Niveau : District
je ne pense pas que City règnera sans partage sur le foot anglais dans les prochaines années ! l'arrivée du fair play financier avantagera des équipe comme Man United est surtout arsenal qui on su anticiper
Tu parles d'un règne sans partage, finir 1er à ex aequo avec le 2ème, c'est phénoménal. Et ils peuvent surtout dire merci à QPR.
@tojiro69

..et puis ce geste de Tevez contraste tellement avec la haie d'honneur faite par United à Chelsea en 2010 et inversement en 2011.
Notons quand même que derrière les centaines de millions investis par City il y a aussi la construction d'un centre de formation inspiré de la masia.

Je ne sais pas s'il sortira des joueurs aussi talentueux qu'à Barcelone, mais acheter les stars aujourd'hui pour attirer les joueurs de demain c'est pas con du tout, surtout dans l'optique du fair play financier qui obligera de plus en plus à recourir à la formation.
J'ai pas lu l'article en entier j'ai encore cette fin de championnat en travers de la gorge. donc j'commente plutot le titre.
Comme l'a dit lefrancj MU sera surement très actif cet été et pourrait rattraper son (faible)retard.
Parce que même si on a vu un United moins tranchant cette année, se faisant souvent remonter au score en fin de match, le retour de vidic et un rafraîchissement du milieu de terrain feront déjà du bien,en plus avec un De Gea dont la confiance monte.
MU possède une stabilité que n'a pas encore City, on refait les comptes à la fin de l'année prochaine.
City c'est juste pareil que Chelski, en pire d'un point de vue dépenses aberrantes mais en mieux sur la qualité de certaines recrues. De là à en faire un grand club après un titre de champion faut arrêter deux secondes, City est et sera toujours la saison prochaine le même club de mercenaires (Nasri, Dzeko, Tevez, Balotelli ...) où l'on paye les joueurs avec des wagons d'or. Enlever le Cheikh et ses chèques à City ? Le club s'écroule et Mancini pourra toujours essayer de proposer le meilleur football d'Angleterre avec les 10 joueurs qui accepteront de rester.
waynerooney Niveau : CFA
Le plus dur sera de garder leur titre, car je pense pas qu'ils referont tous les ans des saisons à 90 points.. En espérant que United soit un peu moins emmerdé par les blessures l'an prochain, même si c'est pas une excuse.
aswinning_11 Niveau : Ligue 2
Ferguson ne partira pas sans nouveau titre de champion d'Angleterre.
maxlojuventino Niveau : Ligue 1
Note : 1
@tojiro69: mais je croyais que dans le fair play financier il fallait également épurer ses dettes? Donc si c'est bien le cas comment M.U pourrait être avantagé par rapport à City... le Cheik peut effacer la dette de City d'un seul coup de téléphone, ce qui n'est malheureusement pas le cas des patrons de United qui sont encore plus fauchés que moi... Si mes souvenirs sont bons l'an dernier la dette de United était de 550 millions d'euros... Pas une petite somme!
 //  18:51  //  Supporter de l'Lyon
oui c'est l'objectif: pour réduire ta dette tu ne dépenses pas plus que tes recettes. donc chaque année ton endettement diminue vu que tu peux consacrer une partie du profit au remboursement

la dette d'investissement des gros clubs n'effraie pas les créanciers si les profits sont récurrents, comme c'est le cas pour ManU

mais ce qui va changer, c'est que tu pourras pas acheter pour 150 millions en transfert, charges de salaires, amortissement des contrats ect. si tu as pas les recettes nécessaires pour couvrir

par ex. Paris a actuellement des recettes de 100 millions. le club a intérêt à rapidement doubler rapidement ses recettes, sinon son budget transfert + salaires sera proche des autres gros clubs de L1 (OL, Marseille, Lille etc.). Le fait que les ressources des quatari soient illimitées ne servira à rien.

Autant ça paraît possible pour Paris qui a un capital image. autant pour ManCity ça paraît douteux
ahahah vite le fair-play financier qu'on se marre des supp de paris, Shity et tres prochainement Malaga.
Mais je pense que les gens trouveront le moyen de contourner ca.
et ce serait dommage parce que si ca s'applique reellement les gens qui te disent que Shity ManU Chelsky Real et Barca c'est pareil comprendront enfin la diff entre un club qui gagne de l'argent grace à ses titre et un club qui gagne des titres grace a son argent
Le fair-play financier ne changera pas grand chose pour des clubs comme Paris ou Man C.

Au lieu d'investir des centaines de millions à perte dans leurs clubs, ce qui sera interdit, ils investiront ces mêmes centaines de millions dans d'autres entreprises qu'ils leurs appartiennent, comme Etihad Airways ou Qatar Airways, qui à leurs tours signeront des contrats de sponsoring (maillot, naming etc.) à plusieurs centaines de millions avec ces mêmes clubs.

Et voila, le tour est joué et dans le cul le fair-play financier !
 //  19:43  //  Supporter de l'Lyon
Note : 1
ouais c'est le risque - après investir via des sociétés opérationnelles, au travers de contrats de sponsoring bidon, ça reste tjs plus compliqué

j'imagine qu'il y quand même quelques règles de gouvernance d'entreprise à respecter, même au pays des pétro-dollars

bon ok ça schlingue un peu cet argument...
ALERTE, ALERTE, ALERTE:

La grande transumance a commencé, les bovins du Camp Nou se dirigent vers l'Etihad Stadium... ou si vous preferez, les mouches changent de bouse!
@Ad

Ce que tu dis est pris en compte par le FFP. Il ne sera pas possible aux proprietaires de passer par des contrats de sponsoring bidon. L'UEFA les valorisera a son Fair Value dans la revision des comptes de resultat des clubs.
Lisandro Le Pez Niveau : CFA
Malheureusement, le fair-play financier avantagera surtout le Brésil, la Russie, la Chine, le Qatar...

Je prédis la mort du foot européen dominateur du monde avec l'instauration du fair-play financier (même si, foncièrement, c'est une bonne décision).

Réfléchissez-y un peu, l'UEFA c'est l'UNION EUROPEAN football association, les autres vont se gaver...Profitez bien de vos MESSI et autres TEVEZ.
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