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Manchester United, le Graal de Mourinho

Il ne correspond pas au profil recherché, mais il gagne. En enrôlant Mourinho, alors qu’il lorgnait plutôt du côté de son grand rival Guardiola, Manchester United a fait le pari du résultat, plutôt que du style. En attendant, le Mou revient aux affaires, dans le club qu’il a toujours rêvé de coacher. Décryptage sur ce qui ressemble au mariage de raison le plus fou de ces dernières années.

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S’il a permis à Porto et l’Inter de regagner une C1 et fait de Chelsea une institution qui compte dans le gotha du football européen, José Mourinho n’en reste pas moins un pompier de luxe. Depuis quelques années le nom du Portugais est toujours associé aux gros clubs en mal de titres ou aux écuries soucieuses de franchir un cap comme le PSG. En 2010, le Special One signait ainsi au Real Madrid pour contrecarrer le Barça de Pep Guardiola. Trois ans plus tard, il devenait le Happy One en faisant son come-back à Stamford Bridge. Si ces deux dernières expériences sur un banc de touche se sont soldées par des trophées, les moyens employés pour les soulever n’ont pas franchement fait l’unanimité. Et pour cause : si ses méthodes aux allures d’électrochoc garantissent souvent des succès dès la première année, elles finissent toujours par user les institutions dans lesquels Mourinho officie. L’ego, le style de jeu déployé, les coups de sangs, les doigts dans l’œil, les polémiques avec la presse, les arbitres ou même ses propres joueurs et dirigeants, sont venus entacher le CV d’un coach habitué à laisser en friche tous ces projets sportifs. Des cendres, justement, c’est à peu près ce qu’il reste du passage de son prédécesseur Louis van Gaal sur le banc de Manchester United. Après avoir confié la succession de Ferguson à ce loser de Moyes et parié sans succès sur les talents de formateur du pélican batave, les Red Devils ont finalement misé sur les talents de Winner du Mou pour renouer avec leur standing perdu. Un beau mariage de raison.

Lobby et montre de luxe


Cela faisait un bail que Mourinho lorgnait sur le banc de Manchester United. Persuadé d’être le successeur naturel de Ferguson, l’ego du Portugais prend un grand coup dans la gueule le 8 mai 2013, lorsqu’il apprend que le manager écossais a confié sa succession à son compatriote David Moyes. Le Special One vit alors la nomination du Chosen One comme une provocation. Moyes n’a rien gagné et, à ses yeux, n’a pas l’étoffe d’un entraîneur des Red Devils. Le Mou est d’autant plus déçu qu’Alex Ferguson n’a même pas daigné lui envoyé un message pour l’informer de sa décision. Fucking disgrace… Mourinho, qui à l’époque, achève son mandat madrilène en roue libre, décide alors d’harceler son agent Jorge Mendes pour avoir des explications. Ce dernier, sous l’insistance de l’entraîneur tente même de faire capoter l’accord entre Moyes et les Red Devils, en proposant une énième fois les services du Mou aux dirigeants mancuniens. Sans succès. Jorge Mendes savait de toute manière que cette tentative désespérée était sans espoir. David Gill, le directeur exécutif de ManU, lui ayant annoncé un an plus tôt que Guardiola était l’objectif prioritaire du club et le favori de Ferguson pour reprendre sa succession… Pendant des années, Mendes a pourtant œuvré en coulisses pour catapulter Mourinho à Old Trafford. D’abord, en refourguant une pléiade de ses clients à Ferguson, puis en tissant des liens privilégiés avec Darren Ferguson, agent et fils d’Alex, mais aussi avec Peter Kenyon, directeur général de ManU jusqu’en 2006, et son successeur, Ed Woodward. Problème : l’opération séduction du board de Mendes est piratée par les légendes du club. Bobby Charlton qui est assez vieux pour se contrefoutre des lobbys est ainsi l’un des premiers à avoir publiquement déclaré qu’il ne voyait pas d’un bon œil l’arrivée du Mou à MU. « Un manager de Manchester ne pourrait pas mettre le doigt dans l’œil d’un autre entraîneur comme il l’a fait, déclare-t-il alors au Guardian. Mourinho est un bon coach, mais c’est tout. » Si le Mou arbore fièrement une montre De La Cour sur laquelle est gravée « i’m not affraid of the consequences of my decisions » , il ne peut s’empêcher à ce moment-là de penser que son mandat sulfureux à Madrid lui a barré la route de Manchester.

De messie à bouche-trou


Un crochet par Chelsea et un licenciement plus tard, José Mourinho est aujourd’hui en charge de redorer le blason de Manchester United. Pour autant, le manager portugais n’était pas franchement la priorité des Mancuniens. C’était même, plutôt un choix par défaut. La preuve : en début d’année, Ed Woodward et le Mou signent un pré-accord qui prévoit que le club s’engage à débourser 6,5 millions d’euros au Portugais en cas de non-signature du contrat Mourinho en mai 2016. Avec ce deal, le club s’autorise à draguer d’autres entraîneurs (Guardiola, Simeone, en tête). Cette petite humiliation, Mourinho l’a encaissé sans broncher. Et comme un défi. « Avant de nommer Zidane, Florentino Pérez a sondé l’agent de Mourinho pour le faire revenir au club, mais Mourinho a fait savoir qu’il voulait absolument prendre Manchester United » , affirme Ramon Calderón, le prédécesseur de l’actuel président merengue. Mourinho a finalement vu son vœu exaucé, même si son recrutement est loin de faire l’unanimité au sein de la paroisse mancunienne. « J’adore sa personnalité, j’adore sa passion pour le jeu, son humour. Il est très intelligent, demande 100% de ses joueurs. Et, bien sûr, il gagne des titres, mais je ne crois pas que les fans de Manchester United aimeront ce football, même s’il gagne, à déclaré le King Cantona au Guardian. Il peut gagner avec Manchester United. Mais les fans attendent-ils ce type de jeu, même s’ils gagnent ? Je ne le pense pas » . La première expérience de Mourinho dans un club de classe mondiale s’était soldée par un bilan mi-figue, mi-raisin. À Manchester, le Portugais est loin d’être le messie qu’il était à son arrivée au Real. Pour l’heure, aux yeux de ses dirigeants, il apparaît juste comme un bouche trou de luxe capable de faire renouer le club avec la victoire. Au-delà de la rivalité avec Pep le Citizen, le grand défi du Mou sera donc de redorer un surnom qui a fait sa légende : The Special One.

Tous propos recueillis par Ramon Jabugo, sauf mentions À lire : Preparense para perder, D.Torres, Grupo Zeta.
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