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Man U enterre Arsenal

Chelsea sait maintenant qui sera son rival principal pour le titre. Dimanche, Manchester United a dynamité Arsenal devant son public (3-1) et envoyé un message limpide : les champions en titre sont encore candidats à leur succession.

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« On a été naïfs » . Wenger a encore la joue toute rouge de la claque encaissée at home par Manchester United dimanche (1-3). On ne le jurerait pas mais on sent comme un léger renoncement chez ce bon Arsène. En effet, il y a deux mois, après une leçon assez similaire à celle administrée dans ce même Emirates Stadium par Chelsea en novembre (0-3), le manager des Gunners avait un peu allumé le réalisme cynique des Blues en leur prédisant les bricoles futures s'ils continuaient à produire aussi peu de jeu pour gagner. Cette fois, Wenger s'en est juste pris à ses ouailles définitivement trop tendres à ce niveau de la compétition, au cœur d'un calendrier infernal (nul face à Aston Villa, raclée face à MU avant un déplacement à Chelsea, la réception de Liverpool et un voyage à Porto en C1, pfff...). Car c'est bien beau de faire les malins face à Bolton, Wigan et autres tâcherons de Premier League. Ça en est une autre de se fighter avec les top teams du championnat. Celles qui possèdent ce qui fait assez cruellement défaut à Arsenal quand le collectif se fait dessouder par l'adversaire : des joueurs de classe mondiale. C'est une des leçons majeures de ce clash largement perdu par la bande à Wenger.

Super Nani est vivant !

Car, n'en déplaise aux aficionados des Canonniers, Fabregas, malgré ses stats sémillantes (11 buts en championnat cette saison), reste avant tout un formidable playmaker et Arshavin continue à peiner à véritablement se situer dans le jeu des Arsenaux. Pour le reste, Arsenal aligne de très bons joueurs, excellents même pour certains, mais quasiment aucun de la caste ultra select des fuoriclasse. Face à Chelsea, c'était Drogba qui avait souligné ce “gap” de qualité individuelle. Cette fois, c'est un autre phénomène qui s'est chargé de dézinguer à lui seul l'arrière-garde londonienne et qui renvoie à la magie de sir Alex Ferguson. Jusqu'à l'an passé, Manchester comptait dans ses rangs le meilleur attaquant de la planète en la personne de Cristiano Ronaldo. Le Portugais parti l'été dernier au Real Madrid, MU possède toujours le meilleur striker du monde, sauf que cette fois, il s'appelle Wayne Rooney, meilleur réalisateur de Premier League actuellement en état de grâce (20 pions en 23 matches).

Il faut dire que l'Anglais a été magnifiquement épaulé par un collectif affamé (la qualité du pressing) et parfaitement huilé (ah les passes de Carrick !) malgré quelques flottements dans une défense amputée de Vidic et Ferdinand (gare aux pertes de balle fantaisistes qui face à Milan ou Chelsea se factureront direct). L'occasion aussi de saluer une renaissance : Super Nani est vivant. On avait fini par enterrer le Portugais au talent certain mais bien trop superflu pour exister au plus haut niveau. A l'Emirates, Nani a sorti sa plus belle partition (slalom ébouriffant sur l'ouverture du score et une passe décisive pour Rooney après un contre supersonique) et appliqué une rigueur tactique qu'on ne lui soupçonnait pas. Devant sa téloche, Carlo Ancelotti a compris : les Red Devils seront bien les rivaux numéro un de Chelsea dans la course au titre.

Chelsea : « Yes we CAN »

Pour autant, ce retour en forme de MU ne suffit pas à plomber le moral des Blues. C'est qu'on les attendait un peu au tournant avec ce mois de janvier de tous les dangers sans leurs Africains partis à la CAN (Drogba, Kalou, Essien et Obi Mikel). On avait tort. Lampard et les siens ont fait un joli sans faute, bien aidés il est vrai par un calendrier très clément. Il n'empêche, l'affaire n'avait rien d'aisé et la victoire au forceps à Burnley (2-1) l'a rappelé. Il a même fallu que John Terry (très bon samedi) sonne lui-même la charge pour sortir de ce guêpier. Car Chelsea est l'équipe à battre désormais, attendue à chaque coin du Royaume comme autant de coupe-gorges. Il faut aussi admettre que le jeu des Blues n'est pas une merveille de fluidité qui s‘impose à l'adversaire comme une évidence. Souvent, Chelsea doit transpirer, aller au turbin et s'en remettre à ses tauliers pour faire la décision. Chelsea, l'anti-Arsenal en somme. Ça tombe bien, les voisins londoniens sont invités à comparer leur savoir-faire dimanche prochain dans un choc qui pourrait bien sonner le glas des ultimes espoirs des Gunners et qui pourrait, qui sait, les remettre à portée de tir des poursuivants.

Coucou, revoilà les Reds !

A commencer par Liverpool. Si, si, on ne déconne pas, les Reds vont mieux. Ils surfent même sur une série de quatre succès et deux nuls en championnat après leur solide succès face à Bolton (2-0). Il y a même longtemps que les hommes de Benitez n'avaient pas affiché une telle maîtrise. Oh rien de très emballant hein, d'autant qu'en face, il n'y avait quand même pas grand-chose. Mais tout de même, on a retrouvé des séquences entières de pass and move, comme une tradition ancestrale sur les bords de la Mersey. Le tout sans Fernando Torres. La semaine prochaine, les Reds accueillent Everton pour le derby du coin qui leur sourit depuis plus de trois ans (quatre succès, aucun revers) et qui pourrait leur permettre de poursuivre leur opération remontée.

D'autant que Tottenham, tenu en échec à Birmingham (1-1), marque un peu le pas (un seul succès en janvier) et qu'Aston Villa, malgré son succès à Fulham (2-0, doublé d'Agbonlahor) doit se rendre à Tottenham puis Manchester United. Mais le danger pour Liverpool s'appelle sans doute Manchester City, vainqueur tranquille du cancre Portsmouth (2-0) alors que ce n'était pas dans la poche. La faute à une élimination en demie de Carling Cup face à MU (2-1, 1-3) qui aurait pu plomber le moral des Citizens. Mais tant la réaction immédiate que le contenu même de l'élimination (quelle intensité lors du double clash !) disent beaucoup de la moelle de cette formation qui plus est servie par un calendrier sur mesure pour les trois journées à venir (Hull, Bolton, Stoke) avant la réception de... Liverpool, suivie de duels salés avec Chelsea et Tottenham ! Après ça, on saura.

Traduit de l'anglais par Marc Beaugé, source The Times

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