CAN 2013 - Présentation des équipes - Groupe B

Par Mathieu Faure

Mali, l'hymne à la joie

Pendant que le pays se déchire, l'équipe du Mali du Français Patrice Carteron s'est embarquée dans une drôle d'aventure avec cette CAN. En secret, les Aigles aimeraient surtout remporter pour la première fois le trophée, histoire d'amener un peu de joie au pays et d'en finir avec cette étiquette de losers.

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Présentation de l'équipe du Mali lors de la demi-finale contre la Côte d'Ivoire (CAN 2012)
Présentation de l'équipe du Mali lors de la demi-finale contre la Côte d'Ivoire (CAN 2012)
Le CV express Alors que le pays est en train de traverser une crise institutionnelle et militaire quasi sans précédent, l'équipe nationale du Mali vient de débarquer en Afrique du Sud pour préparer sa CAN. Une compétition que les Aigles n'ont jamais remportée. Oui, jamais. La CAN et le Mali, c'est une histoire de rendez-vous ratés. Une finale perdue (1972), des places de couillon à la pelle (quatrième en 1994, 2002 et 2004) et une troisième place lors de la dernière édition. Bref, les Maliens n'y arrivent pas. Jamais. On reconnaît bien là leur côté un peu français. Des mecs capables de se transcender jusqu'en demi-finale et de se vautrer quand il faut se sortir les doigts. Pour se payer des petites vacances en Afrique du Sud, les Maliens ont eu de la chance au tirage en héritant du Botswana en match aller-retour. Une formalité pour la 28e équipe FIFA (7/1 sur l'ensemble des deux matchs. Emballez, c'est pesé). Maintenant, le plus dur commence. Notamment depuis la sortie médiatique du ministre de la Jeunesse et des Sports, Hameye Founè Mahalmadane, qui a demandé à ses troupes de « montrer à la face du monde que malgré la crise, le Mali existe et existera ». Les mecs sont en mission. Et Patrice Carteron encore plus, lui qui doit vivre avec une clause dans son contrat l'assurant d'une reconduction automatique en cas de présence dans le dernier carré. Logés dans le groupe B avec le Niger, le Ghana et la RD Congo, les Maliens ont hérité d'un groupe homogène avec lequel il faudra se démerder. D'autant que les Aigles sont annoncés comme des outsiders.

Pourquoi ils vont… aller au bout Jurisprudence Italie 1982 et 2006 ou, selon le degré de lecture, Argentine 1978. Le pays est dans une merde profonde. Ouais, c'est la guerre quoi. Même la France s'en mêle. Dans de telles circonstances, l'équipe de football se sent toute petite. Presque inutile. Alors autant ramener un peu de joie. Et comme le football est irrationnel au possible, un sacre pourrait ramener, autant que faire se peut, un peu de calme et de kiff au pays. Investis d'une mission, les Aigles vont se dépouiller, ne jouant plus pour eux ou les éventuelles primes de matchs, mais pour tout un peuple. Le Mali va sortir premier et invaincu de son groupe, taper le Maroc en quart, la Zambie en demi-finale et s'offrir le scalp de la Côte d'Ivoire en finale, le tout sans encaisser le moindre but. En finale, Momo Sissoko claquera le but vainqueur, d'une tête rageuse, avant d'enlever son maillot pour laisser les caméras du monde entier lire le message sur son petit tricot de peau : « C'est qui les patrons ? » Dans la foulée, ils sont accueillis en héros à Bamako où Mokobé remixe « Les princes de la Ville » devant eux. Le président de la République offre un Hummer zébré à chaque joueur. Le onze type Diakité (Stade Malien) - Tamboura (Randers/DAN), Coulibaly (Auxerre/FRA), Diawara (Ajaccio/FRA), O. Coulibaly (Brest/FRA) - Keita (Dalian Aerbin/CHI), Traoré (Nice/FRA), Sissoko (Paris Saint-Germain/FRA) - S. Diarra (AC Ajaccio/FRA) - Maïga (West Ham/ANG) - Diabaté (Bordeaux/FRA).
Le type à suivre… Mahamane Traoré L'an dernier, le milieu de terrain traînait son spleen sous la liquette du FC Metz en Ligue 2. Pelouse dure, temps glacial, coéquipiers besogneux, Traoré s'est fait les dents. Cette année, il s'éclate dans l'entrejeu de l'OGC Nice à côté du croque-mort Didier Digard. Avec son physique quelconque pour un milieu relayeur, le mec enquille les kilomètres et gratte un max de ballons. Si personne ne s'est inquiété de la dépression chronique de Kevin Anin du côté de Nice, c'est parce que Traoré assure le SAV. Et plutôt bien. Infatigable, le Malien est un relais idéal – pour ne pas dire parfait – quand il s'agit d'accélérer le jeu. Entouré de deux cadres de la sélection malienne (Keita et Sissoko), Mahamane devrait régaler son monde. La banane… Samba Diakité Révélation 2011 de l'AS Nancy-Lorraine, le buffle malien formé au Bourget est depuis parti se perdre en Premier League, où son physique aurait dû casser des briques. Au sein des QPR, le milieu de terrain végète à une saloperie de dernière place. Même si la concurrence n'a pas encore eu raison de lui, la prochaine arrivée de Yann M'Vila au sein du club coaché par Harry Rekdnapp devrait amoindrir son temps de jeu. Et quand un mec ne joue même plus dans une équipe affichant l'un des pires bilans comptables européens, ça sent le sapin. À seulement 23 piges, Samba est déjà à un tournant de sa carrière. Et ce n'est pas parce que son prénom n'est pas sans rappeler la paire d'Adidas la plus classe de ces 20 dernières années que Diakité réussira à sauver son âme... Le portrait-robot - 1% Amadou et Mariam (pour la vision nocturne)
- 30% Salif Keita (pour le talent)
- 25% de beignets de bananes, façon tempura (pour se nourrir)
- 20% Mokobé (Légion d'Honneur du Mali en 2008, respect)
- 17% Sammy Traoré (Le Beckenbauer de Créteil)
- 5% Montreuil-sous-Bois ou Mali-sous-Bois
- 2% Jean Tigana (Bamako rules). Le dicton local « Même devenu maigre, l'éléphant n'ose jamais traverser un pont. » La minute zoologie Pourquoi les Aigles ? C'est une bonne question. D'autant que l'emblème du Mali est un hippopotame et non un aigle (le Djoliba AC, l'un des principaux club du pays, l'a d'ailleurs choisi comme emblème). Une vieille légende urbaine admet qu'un proverbe local soutiendrait qu'un « Aigle est capable de soulever un éléphant ». Mais si on creuse un peu, on trouve la trace d'un entraîneur allemand complètement fou – Karl-Heinz Weigang – et coach de l'équipe de 1972, finaliste malheureuse contre le Cameroun. Le Teuton a eu la bonne idée de confectionner des survêtements avec un rapace sur le dos et des journalistes y virent des Aigles. Ainsi l'appellation « Aigles du Mali » est apparue dans la journal L'Essor du 30 juin 1971. Réponds à ça, Karl Lagerfeld. La banderole du supporter « Les Aigles ne volent pas avec les pigeons » L’hymne officieux… Mokobé, Mali Debout

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14 réactions ;
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  • Message posté par Pretextat tach le 17/01/2013 à 13:44
      

    Samba Diakité avait été très bon lors de la CAN 2012. Un de ces rares "binationaux" a vraiment " mouillé le maillot".

  • Message posté par Pretextat tach le 17/01/2013 à 13:54
      

    Humm en 1972, le Cameroun n'était pas finaliste de la CAN. Demi-finaliste et le président de l'époque, pas du tout content décida de dissoudre l'équipe nationale. Le Mali en finale était opposé au Congo Brazza. Video de cette CAN : http://www.youtube.com/watch?feature=pl … ZVlihaco#!
    Ah ça c'était avant tous ces mercenaires qui peuplent les équipes nationales de nos jours.

  • Message posté par Laazy le 17/01/2013 à 14:02
      

    Puis ils ont le "nouveau" Etoo bordelais en attaque quand meme c'est pas rien.

  • Message posté par one_of_the_amoks le 17/01/2013 à 14:52
      

    pretext, c'est pas plus tard qu'ils ont interdit justement de "changer" d'équipe nationale? (cf di stefano argentin puis "espagnol").
    maintenant, je crois qu'à toutes les époques, t'as eu du "équipe nationale shopping", malheureusement.

  • Message posté par Pretextat tach le 17/01/2013 à 15:25
      Note : 1 

    Oui tu ( je vais tutoyer) as raison. Ce que je veux dire par "mercenaires" c'est surtout que de nos jours, peu de joueurs, surtout les "professionnels" " mouillent le maillot" pour la sélection nationale- En Afrique-. Beaucoup se "protègent" pour leurs clubs.

    L'équipe du Cameroun ( au-delà d'autres problèmes), est un exemple de ces pays où certains joueurs "pros" viennent frimer et faire des choses qu'ils ne se permettraient pas en club.

    De même certains binationaux viennent jouer "par défaut" pour les équipes africaines et ne se donnent pas toujours à 100% . Ceci dit tous ne sont pas comme ça. A l'instar du SAMBA Diakité lors de la dernière CAN.

    PS: Je m'excuse pour le "a mouillé" au lieu de " à mouiller" de mon premier message.

  • Message posté par Plasil Power le 17/01/2013 à 15:46
      

    @Mathieu Faure

    Je veux pas faire mon relou mais : "Alors que le pays est en train de traverser une crise institutionnelle et militaire quasi sans précédent" ça ne veut rien dire.
    Une crise sans précédent , au Mali? Une crise sans précédent, en Afrique? Une crise sans précédent, ces dernières années? Une crise sans précédent, sur la lune? Une crise sans précédent dans l'histoire de l'humanité?
    Bref, allez Diabaté, montre nous qui c'est le Boss...

  • Message posté par one_of_the_amoks le 17/01/2013 à 16:07
      

    yep pretext, on est d'ac. encore que sur certaines situations, c'est plus mitigé, momo justement qui est malien aurait aussi pu jouer pour la france, finalement il choisit le mali.
    aujourd'hui, la france fait mine de s'en moquer mais y'en 4 ans, ça aurait été une belle recrue.
    pareil, tjs sur sissoko, j'avais eu une discut avec un gars sur ce forum, lui par exemple a arreté un temps l'équipe nationale mais avait une bonne raison pour ce faire: blessures très graves à répétition (on parle d'un gus ne pouvait pratiquement pas jouer sur synthétique par exemple et ce pour situer l'étendue du probleme).
    bref, y'a un peu toutes les situations mais dans l'ensemble t'as raison, beaucoup de joueurs en europe ou en afrique favoriseront le club à l'équipe nationale (moins en am sud...les exemples de sorin et lugano titulaires et capitaines de leur sélection alors qu'ils étaient en proie à des difficultés partielles en club font écho à cela), ce qui est assez paradoxal.
    en effet, les footeux sont les sportifs qui ont le plus et on pourrait penser qu'ils se donnent "pour la gloire" lors des tournois internationaux mais finalement ce sont les "p'tits" sports qui drainent des gars en ayant plus à "fou.tre".
    enfin...restent les "top players" qui veulent tout gagner.

  • Message posté par Marek Hamsik le 17/01/2013 à 18:14
      

    Je sais pas pourquoi à chaque fois que je lis "Botswana" je pense à "Bosingwa".

    Pour en revenir au Mali, une équipe qui se présente avec Diabaté en attaque peut difficilement être crédible.

  • Message posté par one_of_the_amoks le 17/01/2013 à 18:22
      

    le b, le s et le w probablement...ça doit déclencher chez toi une reconnaissance globale des deux mots.
    comme chez moi, le fait de lire un décompte de charges récupérables entraine mon envie d'aller sur so foot.com.

  • Message posté par Pretextat tach le 17/01/2013 à 18:53
      

    Message posté par one_of_the_amoks
    yep pretext, on est d'ac. encore que sur certaines situations, c'est plus mitigé, momo justement qui est malien aurait aussi pu jouer pour la france, finalement il choisit le mali.
    aujourd'hui, la france fait mine de s'en moquer mais y'en 4 ans, ça aurait été une belle recrue.
    pareil, tjs sur sissoko, j'avais eu une discut avec un gars sur ce forum, lui par exemple a arreté un temps l'équipe nationale mais avait une bonne raison pour ce faire: blessures très graves à répétition (on parle d'un gus ne pouvait pratiquement pas jouer sur synthétique par exemple et ce pour situer l'étendue du probleme).
    bref, y'a un peu toutes les situations mais dans l'ensemble t'as raison, beaucoup de joueurs en europe ou en afrique favoriseront le club à l'équipe nationale (moins en am sud...les exemples de sorin et lugano titulaires et capitaines de leur sélection alors qu'ils étaient en proie à des difficultés partielles en club font écho à cela), ce qui est assez paradoxal.
    en effet, les footeux sont les sportifs qui ont le plus et on pourrait penser qu'ils se donnent "pour la gloire" lors des tournois internationaux mais finalement ce sont les "p'tits" sports qui drainent des gars en ayant plus à "fou.tre".
    enfin...restent les "top players" qui veulent tout gagner.


    Oui Sissoko il était vraiment pas mal il y a quelques années. D'ailleurs le milieu de terrain de l'Equipe du Mali à cette époque avec Diarra, Keita et Momo Sissoko avait de l'allure. J'ai fait le même constat aussi sur les Sud-Americains...A se demander pourquoi? En tout cas bonne CAN au Mali, je ne les vois pas passer les quarts mais qui sait?

  • Message posté par Pretextat tach le 17/01/2013 à 19:29
      

    Message posté par Plasil Power
    @Mathieu Faure

    Je veux pas faire mon relou mais : "Alors que le pays est en train de traverser une crise institutionnelle et militaire quasi sans précédent" ça ne veut rien dire.
    Une crise sans précédent , au Mali? Une crise sans précédent, en Afrique? Une crise sans précédent, ces dernières années? Une crise sans précédent, sur la lune? Une crise sans précédent dans l'histoire de l'humanité?
    Bref, allez Diabaté, montre nous qui c'est le Boss...


    Alors que le pays LE MALI vit une crise sans précédent dans son histoire... tu as un exemple qui illustre le contraire?

  • Message posté par elborracho le 17/01/2013 à 21:56
      

    [citer id="698757" auteur="one_of_the_amoks"]yep pretext, on est d'ac. encore que sur certaines situations, c'est plus mitigé, momo justement qui est malien aurait aussi pu jouer pour la france, finalement il choisit le mali.
    aujourd'hui, la france fait mine de s'en moquer mais y'en 4 ans, ça aurait été une belle recrue.
    pareil, tjs sur sissoko, j'avais eu une discut avec un gars sur ce forum, lui par exemple a arreté un temps l'équipe nationale mais avait une bonne raison pour ce faire: blessures très graves à répétition (on parle d'un gus ne pouvait pratiquement pas jouer sur synthétique par exemple et ce pour situer l'étendue du probleme).

    Il me semble que c'était moi le fameux "gars". Je soutien aussi le fait que beaucoup de joueurs africains font passer leur club avant leur équipe nationale... Putain* à chaque fois que j'écris cette idée, ça me fait de la peine quoi. Y'a plus aucune notion de fierté pour la plupart des joueurs de foot, c'est dégueu. Big up à KP Boateng, qui esquive son équipe nationale depuis le mondial 2006. Classe.

    En tout cas j'aime bien le Mali (je sais pas pourquoi, j'ai aucune origine ni attirance particulière pour Mokobe), j'espère qu'ils vont confirmer leur dernière CAN. Sissoko devra s'ériger en taulier pour compenser la baisse de régime de Keita...

  • Message posté par one_of_the_amoks le 17/01/2013 à 22:29
      

    T inquiète el , c était pas une critique. Je pense que t as raison sur la plupart des mecs. Malheureusement.

  • Message posté par Soulcialist le 18/01/2013 à 18:27
      

    [quote]Et ce n'est pas parce que son prénom n'est pas sans rappeler la paire d'Adidas la plus classe de ces 20 dernières années

    Adidas Samba c'est 1962 il me semble les gars, un classique des 60's.


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