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Malheur au vaincu

Dans la course au titre, Marseille doit absolument l'emporter ce soir (21h) face au Paris-SG à qui le faux-pas est aussi interdit pour continuer à espérer une qualification pour la Champions'. Un choc, un vrai, pour une fois.

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C'est bizarre. Il manquera pas mal d'ingrédients indispensables à un énorme choc lors de ce Marseille-Paris de ce soir. De l'animosité, voire de la haine, comme à la charnière des 80-90's, encore entretenue par José Anigo au mitan des années 2000. Du talent hors norme avec un Ronaldinho, un Pauleta ou un Ribéry après les années de gloire de l'ère Tapie-Canal+ où le casting était parmi ce qui faisait de mieux en Europe. Et même des supporters parisiens depuis les dispositions prises pour interdire les déplacements de fans durant ces deux matches à haute tension. Et pourtant, cet OM-PSG est parmi les plus attendus depuis longtemps. Car depuis 1994, jamais les deux clubs ne se sont retrouvés en même temps dans le top 5 du Championnat à ce moment-là de la saison. Alors forcément, on prend son bavoir pour saliver dignement.

Le cas Lucho

Les deux équipes sortent d'une déception européenne mais on parie que celle-ci est plus forte du côté de la Canebière, alors que paradoxalement, c'est l'OM qui avait a priori le moins de chances de se qualifier. Mais voilà, une élimination en Ligue des champions fait souvent plus mal qu'un revers en Ligue Europa, qui ressemblerait presque à une jambe de bois à écouter les clubs français. Et surtout, il a semblé à tout le monde, à tort ou à raison, que ce Manchester United-là était bon à prendre et que l'OM a peut-être payé son approche frileuse de l'événement. Et ruminer des regrets rarement été une préparation payante.

De plus, cette sortie de piste a révélé quelque chose que tout Marseille feignait d'ignorer : Lucho n'est pas le super-crack annoncé. L'Argentin était censé permettre aux champions de France de franchir un cap continental mais durant ces huitièmes de finale, comme en phase de poule cette saison ou même l'an dernier, El Comandante a étalé dans les grandes largeurs ses limites au plus haut niveau : trop lent, trop peu d'impact, de personnalité et même, osons l'écrire, un talent individuel insuffisant par rapport à la crème de la crème. Ne tirons pas sur l'ambulance (d'aucun diront le tracteur) car il n'y a pas de honte à être en dessous des Xavi, Sneijder ou Özil mais ça va mieux en se disant les choses franchement. En plus, et là c'est vraiment pas de bol, Lucho a subi un braquage à main armée à son domicile et il se pourrait que Didier Deschamps l'asseye sur le banc ce soir, sans que l'on sache la part exacte dans cette décision du probable traumatisme et de la nette contre-performance d'Old Trafford du maître à jouer olympien. Un choix, s'il se confirmait, facilité par la forme de Cheyrou et le retour de Mathieu Valbuena dont la justesse technique et la capacité à éliminer peuvent faire un bien fou à une formation qui, globalement, en manque pas mal malgré un André Ayew qui n'en finit plus de grandir et de masquer les limites de Gignac et le jeu souvent brouillon de Rémy. Dans ce contexte, du strict point de vue talent, il n'y aura pas grand-monde pour pleurer le départ de Brandao à Cruzeiro (prêt).

Le vestiaire parisien proche de l'implosion

Le retour du talent, Paris l'espère aussi. Le problème c'est qu'il a foutu le camp depuis le début de l'année. On parle bien entendu de Nenê, impérial durant les cinq premiers mois de la saison et porté disparu depuis les fêtes. Une sale habitude pour le Brésilien, sans doute marqué en plus par sa non-sélection avec la Seleçao, et désormais en mode Calimero. « Avant, j'étais la solution, aujourd'hui je suis le problème » , une phrase lâchée après le nul face à Montpellier (2-2) qui dit beaucoup de choses du bazar, pour ne pas dire autre chose, qui règne dans le vestiaire parisien qui ne se cache même plus : ici Guillaume Hoarau taxant publiquement Nenê (mais aussi Erding) d'égoïsme, là Peguy Luyindula, excédé par sa situation, qui vide carrément son casier. Dans ce climat délétère, on doute que le langage fleuri d'Antoine Kombouaré soit le meilleur relaxant pour détendre l'atmosphère, une situation assez surréaliste dans un club qui n'avait pas été à pareille fête depuis des plombes : en course pour la prochaine Ligue des champions, huitième de finaliste éliminé de justesse par Benfica en Ligue Europa, et favori de sa demi-finale en Coupe de France à Angers (le 20 avril), le tout dans un environnement enfin pacifié.

Evidemment, pour remettre les têtes parisiennes à l'endroit, on conseillerait volontiers à Hoarau de commencer par ne pas rater des occases que même Brandao mettrait au fond avant d'allumer Nenê. Mais là, on navigue en pleine hypothèse... Non, une bonne solution pourrait consister à en finir avec les fantaisies d'Edel en optant pour un Grégory Coupet, toujours convaincant lors de ses sorties en coupes, et tellement plus expérimenté, ce qui ne fera pas de mal pour calmer le feu qui couve. Car une défaite ce soir au Vélodrome pourrait conduire à l'explosion. D'un côté, comme de l'autre. Oui, finalement, il y a bien des choses qui ne changeront jamais dans un Marseille-PSG...

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