1. // Les pépites de « Football Manager » dans la vrai vie

Maksim Tsigalko, le Ronaldo du geek

Dans un univers parallèle issu de Football Manager, ils ont été des cracks : buteur industriel, muraille infranchissable, artiste ultra-créatif... La réalité a été moins tendre pour eux. Dans cette funeste caste, le plus grand de tous restera à jamais le Biélorusse Maksim Tsigalko, star éphémère de l'Entraîneur saison 2001-2002.

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Toute personne ayant joué à L'entraîneur 2001-2002 ressent une certaine émotion à chaque évocation de son nom. Maksim Tsigalko a marqué l'histoire du jeu vidéo de football, ainsi que la vie des fans de Championship et Football Manager. Lionel Messi et ses 50 buts sur une saison en Liga ? Cristiano Ronaldo sur un rythme pour atteindre les 60 unités ? Maksim Tsigalko (ou Tsyhalka pour les russophones puristes et casse-couilles), s'offrait des saisons à 100 pions, toutes compétitions confondues. Un précurseur des joueurs hors normes comme peuvent l'être Messi et Ronaldo aujourd'hui, et surtout un symbole de la plus grande spécificité du jeu de Sports Interactive : transformer d'obscurs anonymes, qu'ils soient serbes, thaïlandais, biélorusses ou islandais, en machines de guerre capables de faire gagner la Ligue des champions à St-Brieuc. Dans le cas de Tsigalko, un petit bug bien utile permettait à la machine d'enfiler les buts comme les perles : le marquage individuel sur le gardien adverse. En clair, un truc qui ne marcherait jamais dans le monde réel...

Le Dinamo Minsk sollicité par des fans du monde entier pour les jumeaux Tsigalko


Or, il était écrit que l'existence de l'attaquant biélorusse et de son jumeau Yuri, gardien de but de son état, serait bien plus difficile au milieu des humains que dans le jeu vidéo. Si, dès leur plus jeune âge, les deux Tsigalko brûlent les étapes - Maksim plante 15 buts en 17 matchs de D2 avec la réserve du Dinamo Minsk à 17 ans, puis intègre l'équipe première à 18 -, leur impatience va provoquer leur perte. « À 18 ans, Maksim Tsigalko était déjà titulaire indiscutable au Dinamo Minsk, l'un des deux gros clubs du pays avec le Bate Borisov. Au total, il a mis 24 buts en 53 matchs officiels en 3 saisons » , se souvient Andrey Muravyov, ancien scout de Sports Interactive et géniteur des deux Tsigalko virtuels. Mais ce ne sont pas ses stats en équipe première qui vont gonfler l'égo du buteur, plutôt sa réputation naissante sur PC.

Avec la sortie et le succès de L'entraîneur saison 2001-2002, le Dinamo Minsk commence à recevoir de nombreuses demandes de fans étrangers : photos, maillots et goodies dédicacés... Les frères Tsigalko découvrent la célébrité sans avoir même commencé à vraiment exploser en pro, mais se permettent de réclamer plusieurs fois un transfert vers un plus grand club. Comme les deux gamins ne comprennent pas que ni le Real ni Liverpool ne sont venus aux nouvelles, leur coach de l'époque les envoie plusieurs fois en réserve, en espérant qu'ils se calment... Les années passent, et même si Maksim Tsigalko goûte à l'équipe nationale (2 sélections, 1 but) et vit trois années de bonne facture en 2002, 2003 et 2004, la roue du destin tourne en 2005. Ce qui est l'année du coq dans l'astrologie chinoise est l'année de la lose dans la ligne de vie sportive du Biélorusse : des blessures à répétitions, une saison blanche et un départ de son club formateur par la petite porte.

Kazakhstan, Arménie et dépôt de bilan


La suite ? Après une tentative de relance à Naftan Navapolatsk, puis des détours au Kazakhstan (Qayzar Qyzylorda) et en Arménie (Banants Ereven), Maksim Tsygalko retourne enfin en Biélorussie au Savit Mogilev en 2008, fort d'une condition physique à la Abou Diaby. Quand le destin a décidé de vous pourrir la vie, il le fait jusqu'au bout : pour l'ancienne star de CM, cela prend la forme d'une saison minée par les blessures et d'une faillite sportive et financière de son club d'accueil. Le Savit, avant-dernier du championnat et en banqueroute, est dissout. Maksim Tsigalko, la hanche en vrac, se retrouve sans club. Il n'en retrouvera plus, même si Football Manager continuera de le faire apparaître dans sa base de données jusqu'à 2010, en tant que médiocre joueur libre de tout contrat. Une triste fin sportive pour un jeune homme qui encore aujourd'hui ne peut courir sans ressentir de douleur.

Loin des paillettes d'une vie de star du ballon rond, il a d'abord tenté une reconversion dans la pose de fenêtres, avant d'ouvrir avec son jumeau, en 2013, un café à Minsk... Quand on lui demande comment il a pu à ce point se fourvoyer en faisant virtuellement de Tsigalko le meilleur joueur du monde, Andrey Muravyov préfère se dire que « le jeu se doit d'être amusant » . Et il pense avoir donné une bonne dose de bonheur à plein de mecs en calbute devant leur écran : « Je suis fier d'avoir permis à des millions de joueurs de L'entraîneur de vivre leurs heures de gloire comme manager. » Mais pour l'ancien scout de SI, les promesses du Biélorusse étaient bien réelles car « il était grand, rapide et parfois chanceux. Aux milieux des trentenaires expérimentés et vicieux de la première division biélorusse, il arrivait dès ses 18 ans à les prendre de vitesse et à marquer. » Comment, dans ce cas, le petit génie a-t-il pu dévier de sa trajectoire ? « Il se blessait facilement et il avait aussi un faible pour les casinos, plus précisément les machines à sous. Avec lui, tous les troubles suscités par la célébrité étaient amplifiés... » L'étoile filante passe désormais ses journées à préparer des cafés latte...

Maksim Tsigalko

  • Né le 27 mai 1983 à Minsk
  • Attaquant
  • International biélorusse (2 sélections, 1 but)

    Clubs successifs :

    Dinamo-Yuni Minsk (2000-2001)
    Dinamo Minsk (2001-2005)
    Naftan Navapolatsk (2006-2007)
    Qaysar Qyzylorda (2007-2008)
    Banants Erevan (2008)
    Savit Mogilev (2008)

    Palmarès :

  • Champion de Biélorussie 2004
  • Coupe de Biélorussie 2003

    Par Nicolas Jucha
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    Je dirai même plus : des cafés latte Borisov !

    (sympa l'article sinon !)
    Normal qu'il n'ait pas réussi au foot, il a décidé de se consacrer au tennis le Novak !
    Désolé, mes idoles en la matières resteront Evandro Roncatto et Anatoli Todorov.
    Je me souviens d'un Julius Aghahowa de feu aussi.
    Je vais faire le mec chiant mais vous m'exaspérez tous avec ça, sérieux.

    C'est juste abusé cette façon de caler "geek" à toutes les sauces et surtout à partir du moment où quelqu'un joue à un jeu vidéo.
    Je crois que le pire étant les mecs qui disent "geeker sur Fifa" ou "geeker sur Call of" ou encore cette ado qui se dit "trop geek" car elle a réussi à passer son niveau sur Candy Crush.

    Pitié arrêtez avec ça, un geek c'est différent d'un simple gamer, que ce dernier soit casual ou hardcore.

    Un terme qui, il y a quelques années, était quand même une insulte ou tout du moins quelque chose qui n'avait absolument rien de valorisant, au contraire, est aujourd'hui devenu un adjectif quasiment mélioratif si je peux m'exprimer de la sorte, et c'est maintenant devenu trop stylé de s'autoproclamer geek et de porter des lunettes carrées avec un t-shirt "I Am Geek", non mais sérieusement respectez-vous. Me souviens encore de cette mode des filles à gros seins qui se prenaient en photo en mordant le fil de leur manette et qui s'autoproclamaient geek... Sombre époque.

    J'en fais tout un plat, je sais, mais déformer le sens d'un mot pour se l'approprier et créer une nouvelle mode, c'est tellement mais alors tellement pathétique...

    PS : Non, je n'en suis pas un, je ne suis pas vexé, je suis juste blasé de voir/entendre ce mot 50 fois par jour sans qu'il ait un rapport avec le sujet concerné. "Cette nuit j'ai geeké sur Fifa" (et vous êtes plein comme ça sur ce site, messieurs vous êtes ridicules, vous avez "joué", vous n'avez pas "geeké", merci), bref une chose est sûre, le geek il s'en branle sévère de Football Manager.
    Orso94210 Niveau : CFA
    Je suis plus PES/FIFA, perso.

    Mais question aux historiques de FM : y'a-t-il des contre-exemples ? A savoir des joueurs relativement inconnus du grand public virtuellement monstrueux qui auront quand même confirmé dans le monde réel ?
    Et au passage y a les soldes Steam bande de tanches
    Message posté par so mad
    Je me souviens d'un Julius Aghahowa de feu aussi.


    14 buts en 32 selections le Julius.
    Il était énorme à PES aussi je crois.
    Orso94210 Niveau : CFA
    Message posté par Guftas
    Je vais faire le mec chiant mais vous m'exaspérez tous avec ça, sérieux.

    C'est juste abusé cette façon de caler "geek" à toutes les sauces et surtout à partir du moment où quelqu'un joue à un jeu vidéo.
    Je crois que le pire étant les mecs qui disent "geeker sur Fifa" ou "geeker sur Call of" ou encore cette ado qui se dit "trop geek" car elle a réussi à passer son niveau sur Candy Crush.

    Pitié arrêtez avec ça, un geek c'est différent d'un simple gamer, que ce dernier soit casual ou hardcore.

    Un terme qui, il y a quelques années, était quand même une insulte ou tout du moins quelque chose qui n'avait absolument rien de valorisant, au contraire, est aujourd'hui devenu un adjectif quasiment mélioratif si je peux m'exprimer de la sorte, et c'est maintenant devenu trop stylé de s'autoproclamer geek et de porter des lunettes carrées avec un t-shirt "I Am Geek", non mais sérieusement respectez-vous. Me souviens encore de cette mode des filles à gros seins qui se prenaient en photo en mordant le fil de leur manette et qui s'autoproclamaient geek... Sombre époque.

    J'en fais tout un plat, je sais, mais déformer le sens d'un mot pour se l'approprier et créer une nouvelle mode, c'est tellement mais alors tellement pathétique...

    PS : Non, je n'en suis pas un, je ne suis pas vexé, je suis juste blasé de voir/entendre ce mot 50 fois par jour sans qu'il ait un rapport avec le sujet concerné. "Cette nuit j'ai geeké sur Fifa" (et vous êtes plein comme ça sur ce site, messieurs vous êtes ridicules, vous avez "joué", vous n'avez pas "geeké", merci), bref une chose est sûre, le geek il s'en branle sévère de Football Manager.


    Très juste. Surtout, le "geek" a un hobby qui le désocialise, alors que les jeux vidéos mainstream (et FM en fait partie) ont justement le rôle inverse.
    Message posté par Orso94210
    Je suis plus PES/FIFA, perso.

    Mais question aux historiques de FM : y'a-t-il des contre-exemples ? A savoir des joueurs relativement inconnus du grand public virtuellement monstrueux qui auront quand même confirmé dans le monde réel ?


    Sans aucun doute Verratti ! Tu le choppais à 15 piges et deux ou trois saisons plus tard, c'était un tueur
    Lorenzaccio Niveau : DHR
    Message posté par Orso94210

    Mais question aux historiques de FM : y'a-t-il des contre-exemples ? A savoir des joueurs relativement inconnus du grand public virtuellement monstrueux qui auront quand même confirmé dans le monde réel ?


    Il y a Luca Toni qui faisait toujours une belle carrière alors que ce n'était qu'un sombre attaquant de Brescia avec une seule saison de Serie A dans les jambes (à Vicenza).


    Sinon je suis étonné, j'ai fait des dizaines de parties dans tous les championnats d'Europe et passé des centaines de saisons sur le FM 01/02 mais je n'avais jamais entendu parlé de ce Tsigalko avant d'arriver sur So Foot. Je suis le seul ?
    Perso avec en moyenne 2 parties solos par an, à plus de 200 heures de jeu par partie (ma partie record doit avoisiner les 400 heures (putain de temps de calcul, quand tu m'étais 7 ou 8 championnats actifs)). je peux l'affirmer de l'entraineur 3 à FM 2012 j'étais un putain de GEEK.

    Sinon au delà des joueurs complètement surévalués (Petre, Sigborson (pas cet écriture), Mokoena (bien que j'arrivai pas à le faire bien jouer)... ).
    Chaque version avait son lot de faiblesses tactiques , qui permettait de contourner un peu la difficulté du jeu: à certains postes en mettant certains consignes, et avec des joueurs ultra performant sur 3 ou 4 capacités, tu pouvais tout niquer. Par exemple un ailier offensif, avec une consigne de porter le ballon, et des stats folles en accélération/vitesse/dribbles et finition... (et qu'importe si il était mauvais ailleurs) et hop le gars te faisait exploit individuel sur exploit individuel (il s'agissait d'une des premières versions avec le 2D).


    "Rien se crée, rien ne se perd, tout se transforme" Amedeo Avogadro
    Message posté par Orso94210


    Très juste. Surtout, le "geek" a un hobby qui le désocialise, alors que les jeux vidéos mainstream (et FM en fait partie) ont justement le rôle inverse.



    Je sais pas comment a évolué Football Manager, mais à l'époque on était quand même pas mal à vouloir rentrer rapidement du lycée pour aller continuer sa saison virtuelle chez soi, j'ai rarement vu un jeu aussi chronophage et désocialisant au contraire. ça n'empêche pas que je suis d'accord avec le raisonnement sur le "geek" mais l'exemple de FM est il le plus adapté ?
    Pascal Pierre Niveau : Loisir
    Message posté par Orso94210
    Je suis plus PES/FIFA, perso.

    Mais question aux historiques de FM : y'a-t-il des contre-exemples ? A savoir des joueurs relativement inconnus du grand public virtuellement monstrueux qui auront quand même confirmé dans le monde réel ?


    Sur CM3, je me souviens de Kallstrom, Cerci, Odemwingie, Montolivo,de Leko pour les pépites inconnues.


    Ils ont fini pour la plupart bien loin de leurs rendements virtuels, je te l'accorde.
    Message posté par Markobzh
    Désolé, mes idoles en la matières resteront Evandro Roncatto et Anatoli Todorov.



    Sur cette même version j'espère que t'as également eut l'occasion de recruter Cesar Delgado, Ernesto Farias, Rodrigo Palacios et Alessandro Simonetta ^^.
    DocteurHappy Niveau : CFA
    Dis moi Guftas tu serais pas le fameux russophone puriste dont parle N Jucha ?
    Message posté par Guftas
    Je vais faire le mec chiant mais vous m'exaspérez tous avec ça, sérieux.

    C'est juste abusé cette façon de caler "geek" à toutes les sauces et surtout à partir du moment où quelqu'un joue à un jeu vidéo.
    Je crois que le pire étant les mecs qui disent "geeker sur Fifa" ou "geeker sur Call of" ou encore cette ado qui se dit "trop geek" car elle a réussi à passer son niveau sur Candy Crush.

    Pitié arrêtez avec ça, un geek c'est différent d'un simple gamer, que ce dernier soit casual ou hardcore.

    Un terme qui, il y a quelques années, était quand même une insulte ou tout du moins quelque chose qui n'avait absolument rien de valorisant, au contraire, est aujourd'hui devenu un adjectif quasiment mélioratif si je peux m'exprimer de la sorte, et c'est maintenant devenu trop stylé de s'autoproclamer geek et de porter des lunettes carrées avec un t-shirt "I Am Geek", non mais sérieusement respectez-vous. Me souviens encore de cette mode des filles à gros seins qui se prenaient en photo en mordant le fil de leur manette et qui s'autoproclamaient geek... Sombre époque.

    J'en fais tout un plat, je sais, mais déformer le sens d'un mot pour se l'approprier et créer une nouvelle mode, c'est tellement mais alors tellement pathétique...


    C'est quoi se coup de gueule en carton lol ?
    Un mot ou une expression est souvent amenée à changer avec le temps, donc pour moi sa restera '' J'ai GEEKE toute la nuit à fifa et je suis champion de div 1 ''


    Merci
    Cordialement
    oliver e benji Niveau : DHR
    Je n'arrêterais jamais de me la raconter pour avoir découvert Di Maria au Rosario deux ans avant qu'il aille à Benfica.
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