Mais qui sont Kashiwa Reysol et Al-Sadd?

Santos-Barça, la finale tant attendue devrait avoir lieu. L'incertitude résidait avant tout dans la capacité des Rayados Monterrey, de Suazo et Delgado, de contrarier les Brésiliens, mais les Mexicains ont chuté dès les quarts de finale face au Kashiwa Reysol. Le Barça rencontrera, lui, Al-Sadd, heureux vainqueurs de l'Espérance Tunis.

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Les Qataris savent parler aux footballeurs. Pour (sur)motiver les joueurs d'Al-Sadd, 390 000 dollars avaient été promis à Nadir Belhadj, Mamadou Niang, et autres mercenaires. Le but : atteindre les demi-finales du Mondial des clubs pour y rencontrer le Barça. Un club frère sponsorisé par la Qatar Foundation. Surtout, la meilleure équipe de la planète. Pour les dirigeants d'Al-Sadd, disposer d'une fenêtre d'exposition inédite en rencontrant Messi, Xavi et Iniesta, avait un prix. Avec de la réussite, le club de Doha est parvenu à ses fins. L'Espérance Tunis a largement dominé le quart de finale, s'est créé un gros paquet d'occasions, mais a sabordé sa belle oeuvre en régalant deux buts à Al-Sadd, le premier sur une erreur de main du portier sang et or, consécutif à une frappe de Kader Keita (ex Lille et Lyon), le deuxième, sur un immense égarement de la défense. Le champion d'Afrique parviendra à réduire le score (1-2), mais s'arrêtera là, malgré un but refusé à la 90e minute qui permettra de disserter longuement sur la règle du hors-jeu passif.

Grande puissance du championnat qatari, l'ex club de Romario, Abedi Pelé, et … Franck Leboeuf, s'est invité au Mondial des Clubs en dominant les Sud-coréens de Jeonbuk en finale de la Ligue des champions d'Asie, le 5 novembre. Nadir Belhadj avait inscrit le pénalty vainqueur lors de la séance de tirs aux buts qui départagea les deux équipes. Sélectionneur de l'Uruguay de 2004 à 2006, Jorge Fossati a repris, au mois de janvier, les rênes d'une équipe qu'il avait déjà entraîné, au terme de son bail à la tête de la Celeste. Ex coach de l'Internacional et de la LDU Quito, entre autres, l'Uruguayen est parvenu à bâtir une équipe cohérente, mais tout sauf transcendante. Xavi, Piqué et Messi peuvent toujours passer leur nuit au bar de l'hôtel à rendre leur jet-lag moins ennuyeux en compagnie de Bill Murray, Al-Sadd ne semble pas de taille, même face à des Blaugranas mal réveillés. Les dirigeants qataris peuvent toujours promettre un million de dollars, trois Rolls-Royce, et un pur-sang arabe, cette fois, cela ne devrait pas leur coûter grand chose.

Une demi-finale très brésilienne

Dans l'autre partie du tableau, les Rayados de Monterrey ont créé la surprise en s'inclinant face au Kashiwa Reysol (1-1, 3-4 t.a.b). Les Rayados d'Humberto Suazo (meilleur buteur des éliminatoires de la zone CONMEBOL pour la Coupe du Monde 2010) et de l'ex Lyonnais, Cesar Delgado, sortaient d'un tournoi décevant et n'avaient pas joué un match, même amical, depuis début novembre, mais l'épaisseur de leur effectif semblait les abriter d'une déroute. C'était sans compter sur la capacité des clubs mexicains à se ridiculiser lors de la Coupe du Monde de Clubs. La troisième place accrochée par le Necaxa lors de la première édition de l'épreuve, en 2000, constitue toujours la meilleure performance aztèque.

Avant sa victoire dominicale, le Kashiwa Reysol avait bénéficié d'un premier gros coup de projecteur lui permettant de dépasser les rivages de l'archipel. C'était en 1992, quand Careca y avait signé. Sa performance de dimanche doit, là encore, beaucoup au talent auriverde. Notamment à cette volée spectaculaire du milieu offensif, Leandro Domingues (ex Cruzeiro, Fluminense), qui permettait aux Nippons de prendre les devants. Entraînés par Nelsinho Baptista, autre Auriverde, les Japonais se feront finalement reprendre, quand Humberto Suazo transforme un superbe service de Cesar Delgado. La séance de tirs aux buts leur donne cependant le dernier mot. Au mois de novembre, le Kashiwa Reysol était devenu le premier club de son pays à remporter la Japan Football League, l'année de sa montée dans l'élite. Leur bonne vibe se prolonge.

Solidaire, volontaire, l'équipe japonaise peut-elle cependant rivaliser avec Neymar, Ganso, Arouca, et compagnie, même sur un match ? Réellement, son manque de talent semble rédhibitoire. Mais Jorge Wagner (ex Sao Paulo FC, Lokomotiv), le dernier Brésilien de l'effectif nippon, ne s'avance pourtant pas résigné: « Personne ne pensait que l'on sortirait Monterrey, et avec courage et force, nous y sommes parvenus. Nous emploierons les mêmes arguments face à Santos. » Le Kashiwa Reysol sera t-il le Tout-Puissant Mazembé de l'édition 2011 ? On en doute …

Par Thomas Goubin
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