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  2. // La Réunion – Jeux des îles de l'océan Indien 2015

Mais qui êtes-vous, les Jeux des îles de l'océan Indien ?

Du 1er au 8 août, l'île de la Réunion organise et accueille les Jeux des îles de l'océan Indien. Pour cette neuvième édition, sept nations insulaires vont se disputer des médailles en athlétisme, cyclisme, judo... et football, bien évidemment.

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C'est la semaine que préfèrent une bonne partie des français pour partir en vacances, et celle qui fait le bonheur de tous les présentateurs de journaux télévisés en manque de sujets pour ouvrir leur édition. La première semaine d'août, et son ballet incessant d'images de longues files de voitures coincées derrière la barrière de péages de Montpellier, est la dernière avant la reprise des championnats européens majeurs. Toutefois, il existe, bien loin de chez nous, une compétition qui permet d'attendre patiemment le retour de notre Ligue 1 tout en découvrant les équipes de football des pays où beaucoup rêvent d'aller piquer une tête. Pendant sept jours, l'île de la Réunion reçoit chez elle sept délégations sportives (Madagascar, les Seychelles, les Maldives, les Comores, Maurice, Mayotte et La Réunion) et autant d'équipes de football pour l'événement le plus attendu des sportifs insulaires : les Jeux des îles de l'océan Indien. Et, entre problèmes de visas et incidents diplomatiques, c'est peu dire que cette neuvième édition n'a pas très bien commencé.

VGE et CIJ


« Enfin, je peux vous indiquer aussi que le secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports fera un effort particulier pour vous donner l'occasion d'organiser dans des conditions favorables les premiers Jeux sportifs de l'océan Indien. Alors, naturellement, si ces Jeux sont organisés, à l'exemple des Jeux olympiques, c'est évidemment pour que vous les gagniez. » C'est dans ces termes que le président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, s'adressa aux membres du Comité régional olympique et sportif (CROS) de La Réunion en 1976, à Saint-Denis. À cette époque, cela faisait déjà bien des années que l'idée de Jeux pour les pays de l'océan Indien avait émergé des esprits de Marcellin Barrat, Guy Dupont et Joseph Ardon, tous attachés à l'idée que le sport pourrait devenir un lien d'une robustesse incroyable entre les différentes îles. Seulement, il a fallu attendre 1977 pour que le Conseil permanent international des jeux (CIJ) naisse sous le regard du grand alpiniste Maurice Herzog, alors haut-commissaire de la Jeunesse et des Sports.

Deux ans plus tard, La Réunion accueillit les premiers Jeux. Et c'est tout naturellement que, suivant les ordres du président VGE, le Club R remporta la première médaille d'or en football en disposant des Seychelles (2-1, score final) en finale de la compétition. Pas rassasié pour deux sous, le Club R remporta à nouveau l'épreuve de football en 1998, puis en 2007. Aujourd'hui, les Réunionnais, qui évoluent sur leur île, espèrent bien rafler une nouvelle fois la mise. Mais c'est aussi le cas des Réunionnaises ! Car pour la première fois depuis 1979 et la création des Jeux des îles de l'océan Indien, les sept nations participantes ont envoyé des délégations féminines de football. Et, pour les hommes comme pour les femmes, les problèmes administratifs touchant les joueurs des Comores ou de Madagascar pourraient bien écourter le championnat de football. Car à peine la machine lancée qu'elle est déjà enrayée...

Problèmes de visas et incident diplomatique


Ce samedi, lors de la cérémonie d'ouverture, les athlètes des délégations de La Réunion et de Mayotte ont défilé avec des survêtements tricolores, sous un drapeau français et derrière une pancarte « la France de l'océan Indien » . Une initiative qui a eu pour effet de mettre très en colère Hassane Mohamed Aboudou, le chef de la délégation des Comores, comme le rapporte Réunion La Première. Les 150 athlètes comoriens ont alors quitté la pelouse. Pourquoi ? Tout simplement parce que les Comores refusent de reconnaître à Mayotte le statut de terre française et avaient d'ailleurs réussi à faire appliquer cette non-reconnaissance dans la Charte des Jeux. « Le pays d'accueil, La Réunion, pays organisateur qui connaît bien les règles, ne devait pas laisser Mayotte porter un drapeau français. Au sein du comité international des Jeux, Mayotte n'est pas un département français. On ne peut pas changer ces règles » , expliquait Hassane Mohamed Aboudou dans des propos rapportés par La Première. Résultat : tous les athlètes des Comores ont déclaré forfait, même les footballeurs et footballeuses...

Perdre une équipe sur sept est déjà dramatique, mais en perdre deux l'est encore plus. Vendredi, jour du premier match de football masculin entre les Seychelles et Madagascar, une délégation manquait à l'appel. Les joueurs malgaches n'ont en effet pas pu participer au match à cause d'un problème de visas. À quelques heures du départ de la sélection, l’ambassade française avait effectivement refusé deux dossiers, ceux de Eddy Bastia et de Jeannot Paul, dit « Popoly » . De quoi offrir aux Seychelles une victoire sur tapis vert et distordre encore un peu plus la compétition. Ces incidents, qui peuvent paraître minimes et sans conséquences, sont en fait symptomatiques des problèmes persistants dans cette région du globe, les pays voisins de La Réunion se sentant lésés par cette mainmise de l'administration française sur les dossiers des visas, l'accusant d'être une barrière au bon déroulement des Jeux. Pour Patrice Kanner, ministre des Sports, rien de tout ça ne mérite la dénomination « d'incident diplomatique » puisqu'il ne fait pas « mélanger le sport et la vie diplomatique de notre pays » . Et pourtant, sport et diplomatie font souvent bon ménage.

Par Gabriel Cnudde
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