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Mais qui es-tu, Tokyo Sexwale ?

Spécialiste des explosifs formé en URSS, co-détenu de Mandela, prétendant à la présidence de l'Afrique du Sud, businessman milliardaire, et divorcé le plus médiatisé de son pays, Tokyo Sexwale est pressenti pour être le candidat soutenu par l'Afrique, à la présidence de la FIFA. Découverte du profil Linkedin le plus fou de la planète.

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Mino Raiola qui avait lancé sa conquête par un tonitruant « Ma campagne, c'est du sérieux » , avant d'abandonner en lâchant un magnifique « Même mon gamin de 12 ans sait que la seule chose de bien à la FIFA, c'est le jeu vidéo » . Les élections à la présidence de la FIFA ont toujours le chic pour susciter les candidatures surprenantes. Et le scrutin qui se profile en février 2016 ne devrait pas déroger à cette règle, puisque Tokyo Sexwale, Sud-africain au nom de pornstar, examine présentement ses forces en vue d'une éventuelle candidature à la tête du foot mondial, soutenue par plusieurs membres de fédérations africaines de football, désormais orphelines du bulletin Blatter.

Karate kid from Soweto


Si Tokyo Sexwale est d'abord un nom qui claque, sachez que la prononcation de ce patronyme calme tout de suite les (h)ardeurs : « Seh-wa-le » . Ensuite, Tokyo n'est pas né Tokyo, mais Mosima Gabriel, et a hérité très jeune du surnom de Tokyo, qui lui sert depuis de nouveau prénom, en raison de sa passion indéfectible pour le karaté. Aujourd'hui âgé de 62 ans, Tokyo Sexwale est né et a grandi dans le plus grand township du pays, à Soweto, à quelques kilomètres de Johannesbourg. Le Parti national mené par le pasteur Daniel Malan est alors au pouvoir depuis cinq ans, et a déjà mis en place plusieurs des mesures qui constituent le régime de l'apartheid. L'enfance de Sexwale est rude, militante aussi, puisqu'il est le fils d'un homme qui a combattu volontairement lors de la Seconde guerre mondiale contre les Deutsches Afrikakorps, les troupes allemandes localisées dans le Nord de l'Afrique. Tokyo rejoint des groupes de lutte contre le pouvoir dès ses 18 ans, et se retrouve rapidement membre ou même meneur de mouvements radicaux et réputés violents. Il intègre ainsi la sulfureuse Umkhonto We Sizwe, la milice armée de l'ANC, parti politique devenu clandestin, et doit s'enfuir en URSS au milieu des années 70, avant d'avoir terminé ses études, pour échapper à une arrestation qui se faisait bien trop pressante.

12 years a convict


La suite, c'est un cv du parfait militant, tendance tête brûlée, de la lutte anti apartheid : entraînement dans un camp soviétique pour devenir un as des explosifs, retour au pays après les terribles émeutes de Soweto, arrestation, condamnation en 1978 à 18 ans de prison pour terrorisme, et un aller simple pour Robben Island où il côtoie un certain Nelson Mandela déjà emprisonné depuis 1963. Sexwale passera finalement 12 ans derrière les barreaux. Libéré en 1990, comme beaucoup de l'ANC, il va se lancer dans une course effrénée vers le pouvoir, et Tokyo connaîtra une première médiatisation en 1993 après l'assassinat de Chris Hani, un des commandants de l'Umkhonto We Sizwe. « Je suis arrivé, son corps était encore chaud. J'étais le second de Chris et je savais où se trouvaient toutes les planques d'armes. Je n'avais qu'à donner un ordre, et les unités clandestines de l'ANC auraient déchaîné instantanément la violence à travers tout le pays. C'était le moment. Mais j'ai trouvé en moi la force de ne pas le faire » , affirmera-t-il quelques années plus tard à Libération. Et peu après l'élection de Mandela à la présidence en 1994, il sera lui aussi élu à la tête de la province dans laquelle se trouvent Pretoria et Johannesbourg. Il fait alors figure de surdoué de la politique, et de successeur potentiel à Madiba.

Quand je serai grand, je serai Président.


Car Sexwale est du genre à rêver plus grand, et n'a aucun mal à s'imaginer dans le costume présidentiel. Il tentera donc de prendre la tête de l'ANC, étape quasi indispensable avant de marcher vers la plus haute fonction, et s'en tirera avec un échec cuisant. Tant pis, il se lance alors dans les affaires en 1998 et devient rapidement l'incarnation de cette nouvelle élite noire successfull, en montant des sociétés en tout genre dans les mines, les assurances, ou l'immobilier. « Je n'aime pas la politique » ose-t-il alors sans complexe, depuis ses bureaux aux murs couverts de photos de lui en train de faire de l'avion ou d'autres activités de super héros. On le retrouve pourtant ministre du Logement de Jacob Zuma en 2009, dégagé en 2013 après avoir tenté de s'opposer à lui en vue de la présidentielle de 2014. La même année, Madame, Judy Sexwale, le dégage aussi et le divorce est médiatique. Tokyo convole en effet depuis 20 ans avec cette juriste blanche et afrikaner qui l'avait défendu pendant son incarcération. Un conte de fée post-apartheid conclu dans de la vaisselle brisée, Madame ayant accusé Monsieur d'à peu près toutes les violences physiques et mentales possibles. Pas de quoi affoler Sexwale qui, peu après son divorce, s'affiche avec le mannequin Nataxa Da Silva, de plus de 30 ans sa cadette.

Et le football dans tout ça ?


Entre ses milliards à compter, son divorce à digérer, son pays à conquérir, et ses différentes associations à gérer -il est administrateur de la fondation Mandela-, Sexwale espère donc avoir le temps d'aller remporter la présidence de la FIFA, même si ses liens avec le monde du ballon rond sont limités. Il a certes été membre du comité organisateur de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, a été choisi par la FIFA pour être un de ses ambassadeurs contre le racisme et a été nommé en juin dernier à la tête d'une commission pour le développement du football palestinien, avec l'onction de Don Sepp Blatter, qui avait alors déroulé le tapis rouge : « Nous pensons que M. Sexwale, par son expérience et son expertise dans le domaine de la réconciliation des communautés et la résolution des conflits en Afrique du Sud, est bien placé pour aider à améliorer l'accès au football dans les territoires palestiniens » . Pas mal pour un homme qui se faisait encore arrêter en 2013 à l'aéroport JFK de New York pour avoir son nom sur une liste de terroristes potentiels, mais sans doute insuffisant pour pouvoir ajouter « Président de la FIFA » comme nouvelle ligne à son cv. Il devra alors attendre 2018 pour pouvoir pimenter à nouveau sa vie, et la prochaine élection présidentielle sud-africaine à laquelle Zuma, qui terminera son deuxième mandat, ne pourra pas se présenter.



Par Alexandre Doskov
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Mehmet Scholl Niveau : CFA
Ce blase improbable...
Message posté par Mehmet Scholl
Ce blase improbable...


Tout droit sorti d'un Tarantino en effet!
Here it's Cape Town Niveau : DHR
Un tsotsi made in Joburg haha
Sam le pirate Niveau : District
Un sexe de baleine pour un japonais, j'ai peine à y croire !
Le blaze le plus lourd de toute l'histoire de la FIFA
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