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Mais qui es-tu, Nordsjælland ?

Le petit poucet de la Ligue des champions version 2012/2013 est donc danois. Le Nordsjælland possède en effet tous les composants du club à part, dans cette grande compétition continentale : petit budget, petite ville, petit stade, joueurs méconnus ou presque. Mais il y a tout de même du croustillant, là-dessous.

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Farum. Petite ville de 18 000 habitants, située sur l’île de Sealland, au Danemark. Une ville qui tient sa renommée grâce à une expérience échouée de « modèle de vie en communauté » , et un dépravé de maire alcoolique qui a fini en taule. Désormais, le patelin pourrait tourner la page grâce à son club de football, Nordsjælland, champion danois en titre. Un club aux huit petites années d’existence, qui affrontera dans son minuscule stade de 10 000 places, des clubs comme la Juventus, Chelsea, ou le Shakhtar Donetsk. Niveau football, peu d’indices ou presque. On a bien le fils Laudrup ou un ancien Niçois dans l’effectif. Mais aussi un président peu scrupuleux. Dans les résultats, on remarque un barrage d’Europa League perdu de justesse contre le Sporting Portugal l’an passé, ou un revers en amical face au RC Lens cet été. Bref, ce club est une inconnue, à tous points de vue.

Jeune club, grosses embrouilles

Huit ans, c’est donc l’âge du Football Club Nordsjælland. Naturellement, il s'agit du plus jeune club engagé en LDC. Mais en fait, on pourrait presque rajouter une dizaine d’années à sa création, puisqu’en 1991, était fondé son ancêtre, le Farum BK, de la fusion de deux clubs de la ville : le Farum Idræts Klub et le Stavnsholt Boldklub. Une initiative que l’on doit au maire de l’époque, Peter Brixtofte. Oui, le poivrot déjà cité. Un mec qui achetait des bouteilles de vin à 1 000 euros aux frais du contribuable, qui détournait des fonds dans tous les sens, et donc, qui a conduit sa ville et le club de football à la ruine. Pourtant, lorsque Brixtofte se fait évincer courant 2002, le club, bien qu’en difficulté financière, n’a jamais été aussi bien classé dans l’élite danoise. Lui qui est parvenu à gravir trois échelons depuis sa création accroche même une qualification pour la Coupe UEFA. De quoi convaincre les investisseurs. L’heureux élu sera donc Allan Kim Pedersen, homme d’affaires. Quelqu’un qui semble bien plus sérieux que son prédécesseur. Presque, dirait-on finalement. Car s’il a directement posé sa patte sur le club (d’où le nom de Nordsjælland), et qu’il est parvenu à le développer par la création d’un réseau local de détection de talents, le proprio s'est vite retrouvé dans la tourmente.

En octobre 2008, l’AKP Holding, entreprise de Pedersen, est au bord du gouffre. Problème : c’est avec le nom de cette société que l’intéressé avait acheté son club cinq ans plus tôt. Ni une, ni deux, il rachète à sa propre entreprise le Nordsjælland, moyennant 67 000 euros. Une initiative évidemment illégale, car la faillite n’avait pas été rendue publique à ce moment précis, et sa banque n’avait pas donné son consentement pour la transaction. D’autant que ce qui gêne aujourd’hui la justice danoise, c’est que le rachat n’était pas à hauteur de la réelle valeur du club : le prix du Nordsjælland était à l’époque estimé à 4,7 millions d’euros. De quoi causer un tort de quelques millions à d’autres créanciers... Actuellement en attente de jugement, Pedersen a appris en début de mois qu’il ne comparaîtrait pas devant la Cour Suprême avant 2013. De quoi laisser un peu de répit à son club. Qui pourrait bien, par sa faute, se retrouver en galère dans pas si longtemps.

Un fils à papa, un Niçois, mais pas d’attaquant

En attendant de savoir de quoi sera fait son futur, Nordsjælland va donc disputer la Ligue des champions. Sa première phase de poules dans une compétition continentale. Quel peut donc bien être son niveau ? Bah, là est toute la difficulté. Il a tout de même été champion l’an passé (privant le puissant FC Copenhague d’un quatrième titre consécutif), et avant ça, double vainqueur de coupe. Trois titres en autant d’années, il doit bien y en avoir, du talent. A première vue, on pourrait penser qu’Andreas Laudrup, fils du grand Michael, doit tenir les rênes de l’équipe. Mais le jeune homme, formé au Real, ne sera probablement jamais que le fils de son père. Pas pour rien que lorsqu’il était chez les Merengues, il ne voulait pas du nom de « Laudrup » sur son maillot… Passé ce jeune homme, pas même titulaire au sein de l’effectif, on remarque une spécificité : le faible nombre d’attaquants, et pire, l’absence de buteur. Pour dire, Mikkel Beckmann, aligné seul en pointe d’un dispositif en 4-2-3-1, est un ailier de formation. Et aussi le meilleur buteur de son équipe lors de la dernière campagne, avec… huit petits buts. Cette saison, le danger viendra visiblement de l’ailier Joshua John. Prêté par Twente, le Néerlandais de 23 ans a déjà claqué quatre buts en trois matchs de championnat. Heureusement qu’il est là.

Parce que la force de Nordsjælland est ailleurs. Si ce n’est en attaque, c’est alors en défense. Placés devant la charnière Runje-Okore, le capitaine Nicolai Stockholm et le Ghanéen Enoch Adu (deux ans à Nice, pas un match disputé) ratissent, bien aidés par l’apport du latéral ricain Parkhurst. Ça paraît solide (meilleure défense, et de loin, la saison passée en championnat), mais ça reste léger face à des attaquants de gros calibre. Soit ceux qu’ils croiseront en Ligue des champions. L’espoir de qualification est évidemment très faible, mais il s’agira avant tout de se faire remarquer, de profiter, avant peut-être de rééditer l’exploit dans les années à venir. Si un jugement, un alcoolique ou un investisseur malveillant ne décident d’en faire autrement, bien entendu.



Alexandre Pauwels
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Bien sympa de savoir tout ça, mais ils ne joueront pas dans leur stade de 10000 places pas homologué mais à Copenhague...
Pour Laudrup, c'est plutôt un fils de qu'un fils à papa. Le deuxième est largement plus péjoratif...
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