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Mais qui es-tu, Maxwell?

Tevez ? Pato ? Kakà ? Pas du tout. Le premier coup de mercato du PSG made in Ancelotti ne devrait pas coûter plus de 4 millions d’euros et se nomme Maxwell. Oui oui, comme le café. Mais au fait, c’est qui, Maxwell ?

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C’est donc lui. Maxwell. Ou plutôt, Maxwell Scherrer Cabelino Andrade, de son nom complet. 1 mètre 77 pour 81 kilos. Un Brésilien avec un tête d'Argentin. Voilà, c’est lui, la première recrue du mercato parisien: le PSG et le Barça sont tombés d'accord aujourd'hui. Bah ouais, on est plutôt loin des Carlos Tevez, Alexandre Pato et Karim Benzema annoncés lors de ces dernières semaines. Car Maxwell, avec tout le respect pour son CV et son palmarès, est loin d’être un transfert bling-bling. Un très bon joueur ? Non. Un bon joueur, oui. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’il ne va pas coûter 100 millions d’euros au PSG. Il faut dire qu’au Barça, le latéral gauche n’avait plus vraiment la possibilité de s’exprimer, surtout depuis le retour d’Eric Abidal. Cette saison, il n’a eu l’occasion de disputer que sept matches de Liga, auxquels s’ajoutent trois rencontres de Ligue des Champions. Venir à Paris est donc une façon pour lui, à 30 ans, de s’offrir un nouveau challenge après avoir tout gagné dans les clubs où il est passé. Car s’il y a bien quelque chose que l’on ne peut pas enlever à Maxwell, c’est d’avoir été aux bons endroits aux bons moments. A l’Inter pendant l’ère Mancini/Mourinho (même si l’Inter remporte la Ligue des Champions un an après son départ) et au Barça lors de la période Guardiola. Et puis, à l’instar d’un Ibrahimovic, Maxwell est, à lui-seul, un sacré porte-bonheur. Depuis 2006, l’équipe dans laquelle il joue remporte chaque année le titre à la fin de la saison. Allez savoir… Ancelotti est peut-être superstitieux.

Remplaçant de luxe

La question se pose : pourquoi Maxwell ? Ce n’est un secret pour personne, le club parisien cherchait un latéral gauche depuis le début de la saison. Siaka Tiéné, ça va un temps. Mais lorsque l’on veut faire du PSG « un grand d’Europe » , il faut des joueurs d’un autre standing. Paris a longuement pensé pouvoir enrôler Federico Balzaretti, le latéral de Palerme. Le joueur italien semblait intéressé par un transfert à Paris, puisque sa femme, danseuse à l’Opéra de Paris, y vit. Mais Maurizio Zamparini, le président palermitain, a été clair : personne ne bougera au mercato. Leonardo a donc dû se tourner vers une solution de secours. Et cette solution, elle se trouvait en Catalogne. Non, il ne s’agissait pas d’Abidal, même si la rumeur a couru pendant plusieurs semaines du côté du Camp des Loges. Il s’agissait de Maxwell. Le joueur, au fil des saisons, s’est attribué l’étiquette de véritable remplaçant de luxe. Pourtant, le début de sa carrière laissait présager bien d’autres choses.

S’il fait ses premiers pas au Brésil à Cruzeiro, c’est en Hollande, terre d’accueil de nombreux Brésiliens à cette époque (Ronaldo, pour ne citer que le plus illustre) qu’il va se révéler aux yeux du monde. A l’Ajax, il s’impose immédiatement comme l’un des tout meilleurs à son poste. Il remporte le titre dès sa première saison en Europe et, en 2004, il est élu meilleur joueur du championnat néerlandais, alors qu’y officient encore des Sneijder, van der Vaart et autres Ibrahimovic. Mais en avril 2005, c’est le coup dur de sa carrière. Maxwell se fait les croisés du genou et risque même de mettre un terme à sa carrière. Débute alors une période de convalescence qui durera plus d’un an. Malgré cela, l’Inter s’intéresse à lui, et décide de le faire signer en janvier 2006, alors que le joueur est toujours out. Il est prêté pendant six mois à Empoli, pour des questions bureaucratiques, mais ne dispute pas le moindre match. En juillet 2006, il revient à l’Inter. Après 15 mois d’arrêt total, une nouvelle carrière débute.

Abidal et Tiené sur un bateau


A l’Inter, Maxwell, sorte de sosie de Gabriel Heinze, connaît une nouvelle jeunesse. Roberto Mancini en fait l’un des titulaires de son Inter invincible. Il remporte le Scudetto en 2007 et en 2008. L’année suivante, il perd toutefois sa place de titulaire au profit de Davide Santon, que Mourinho, nouveau coach nerazzurro, considère comme un futur grand du football italien. Mouais. Arrivé en fin de cycle, il répond sans tergiverser aux sirènes barcelonaises l’été suivant. Mais à Barcelone, l’histoire se répète. Maxwell n’est plus le joueur virevoltant qu’il était à l’Ajax, et se contente d’une place de réserviste de luxe. Éliminé en demi-finale de Ligue des Champions par son ancienne équipe, il remporte la Liga, en ayant disputé 25 matches de championnat. Rebelote la saison suivante : 25 capes, une Liga, et une Ligue des Champions en prime, à laquelle il contribue avec sept présences, profitant notamment de l’absence d’Abidal. Mais dès le retour du Français, il comprend que sa place se situe bien au chaud, sur le banc. Avec une petite couverture blaugrana.

A 30 ans, Maxwell en a donc encore sous les crampons. Le défi parisien lui plait, le tente, et le voilà donc lancé vers une nouvelle aventure, dans un championnat de France qu’il ne pensait jamais côtoyer. De remplaçant de luxe, le Brésilien va se transformer en titulaire a priori indiscutable sur l’aile gauche parisienne. A condition de prouver qu’il vaut mieux que le fidèle Tiéné. Il en aura l’occasion dès les prochaines semaines, puisque le joueur ivoirien va partir avec sa sélection nationale à la CAN. A Paris, il ramène avec lui son expérience, et son palmarès. Avec 20 trophées glanés au cours de sa carrière, il devient, de loin, le joueur parisien ayant gagné le plus de titres au cours de sa carrière. Le seul qui en a remporté plus, avec 25 (mais avec quelques années de métier en plus), se nomme Carlo Ancelotti. Voilà qui fait déjà un joli point commun à ces deux-là.

Par Eric Maggiori
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