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Mais qui es-tu, le SC Barcelona ?

Ce soir, le Sporting Club Barcelona joue sa place en huitièmes de finale de Copa Libertadores contre Libertad. Le club équatorien fêtera ses 90 ans d'histoire cette année, entre rivalité bouillante avec Emelec, matchs historiques et conflit avec le FC Barcelone.

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Nous sommes le 26 mai 1988. Le SC Barcelona d'Équateur invite le FC Barcelone entraîné par Johan Cruijff pour un tournoi amical, afin d'inaugurer le Monumental, son nouveau stade de 50 000 places. L'occasion pour le club de Guayaquil, plus grande ville équatorienne devant la capitale Quito, de rendre hommage à son grand frère catalan. Les Équatoriens atteignent la finale de leur tournoi en battant le Barça, sur le score de 2-1. En finale, le Sporting Club Barcelona perd contre son ennemi historique, le Club Sport Emelec. Mais l'essentiel n'est pas là. Les Canarios ont frappé un grand coup en battant le « vrai » Barça. Mais depuis 2013, les relations entre les deux clubs se sont tendues.

Plainte du Barça


Fondé le 1er mai 1925 par des jeunes Équatoriens et immigrés catalans, le Sporting Club Barcelona prend le nom et l'écusson du FC Barcelone. Un hommage aux bonnes relations qu'entretiennent les villes de Barcelone et Guayaquil, diront certains. D'autres affirment que le nom du club a été choisi après un vote des membres fondateurs du club : les immigrés catalans ayant remporté ce vote face à la proposition des Équatoriens de nommer l'entité « Deportivo Astillero » . Seules différences entre le blason du club équatorien (qui n'a pas évolué depuis la création du club) et celui du club culé : la couleur jaune et le ballon blanc dans la partie inférieure. Un maillot noir est originellement porté par les joueurs du petit frère barcelonais. Mais un des fondateurs de l'équipe, Alberto March, amènera d'Espagne le fameux maillot oro y grana en Équateur.

Le club le plus populaire d'Équateur portera jusqu'en 2013 - et sans aucun problème juridique - le nom, le logo et les couleurs du club catalan. Le FC Barcelone, alors présidé par Sandro Rosell, demande l'inscription de sa marque et de son logo à l'Institut équatorien de la propriété intellectuelle. Les réactions sont vives du coté de Guayaquil. Le maire de la ville (et accessoirement président à vie du club), Jaime Nebot, trouve « ridicule qu'après 88 ans d'existence (de l'équipe équatorienne), le Barça réclame pour le nom de l'équipe » . Le président du club, Antonio Noboa, a lui affirmé « qu'il défendra l'hégémonie et l'histoire du Sporting Club Barcelona  » . Rapidement, le Sporting Club a présenté un recours à l'institut. Si la demande du Barça est acceptée, le club équatorien devra changer son nom et son logo. Du côté des deux clubs, silence radio autour de cette affaire. La presse équatorienne affirme qu’un accord secret a été signé à l’amiable entre les deux entités.

Gloire nationale et exploits internationaux


Le SC Barcelona, 14 fois champion d'Équateur, est le club le plus titré du pays. Le SC Emelec n'est, lui, qu'à deux titres nationaux de son éternel rival. Un derby de « l'Astillero » ( « du chantier naval » en français, Guayaquil étant une ville portuaire) souvent bouillant. Le fameux coup de la panne d'électricité ou les nombreux drames (mort d'un fan d'Emelec de 11 ans touché par un fumigène en 2007, meurtre d'un supporter de Barcelona en 2012) ont marqué l'histoire d'une rivalité. Les hinchas de Barcelona chargent leurs homologues d'Emelec sur la descente en D2 en 1980, suite à un 4-0 infligé par le Sporting Club. Ceux d'Emelec se targuent d'être le premier champion d'Équateur, en référence au titre acquis lors du premier championnat professionnel équatorien en 1957.


Pourtant, le palmarès international de Barcelona reste vierge. Les deux finales perdues de Copa Libertadores en 1990 et 1998 sont les derniers faits marquants de l'équipe sur le continent sud-américain. Mais certains exploits ont le goût de titres pour les supporters du Barça équatorien. La victoire du SCB contre les Millionarios de Bogota menés par Alfredo Di Stéfano en 1949, ou la fameuse « Hazaña de la Plata » ( « l'exploit de la Plata » ) restent des faits majeurs de l'histoire du club. En 1971, les Toreros se rendent à la Plata, en Argentine, pour y affronter Estudiantes - en Copa Libertadores - alors meilleure équipe du continent et triple tenant du titre de la Copa (1968, 1969, 1970). La victoire 1-0 des Équatoriens face aux Argentins, qui n'avaient jamais perdu à domicile en Libertadores, déclenchera une vague de popularité du Sporting Club Barcelona à Guayaquil et dans tout le pays.

Cette année, les deux clubs se sont retrouvés dans le même groupe en Copa Libertadores. Estudiantes a écrasé le Barça de Guayaquil, 3-0. Ce soir, contre Libertad, et dans deux semaines pour le match retour contre l'équipe de la Plata, le SC Barcelona joue son avenir continental. L'entraîneur uruguayen, Rubén Israël, comptera notamment sur sa vedette uruguayenne Brahian Alemán, pour gagner ce match crucial. Pour continuer de rêver d'un titre international, le SC Barcelona doit gagner ses deux matchs de Libertadores. Toute ressemblance avec un club qui affrontera le PSG n'est que fortuite.

Par Ruben Curiel
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