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Mais qui es-tu, le joueur qui ne célèbre pas son but ?

Le monde du foot se divise en deux catégories. Ceux qui préparent leur célébration, qui vont chercher l’originalité, qui s’époumonent quand ils font trembler les filets, l’école Pippo Inzaghi. Et aujourd'hui, de plus en plus, ceux qui font la gueule.

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Visage neutre. Impassible. Pas la moindre émotion. Geoffrey Kondogbia, chasseur de ballon, n’est pas un habitué de la chose. Et pourtant, aujourd’hui contre le Torino, il vient d’inscrire son premier but avec l’Inter. Son premier aussi en Serie A. Une reprise de volée pas dégueulasse pour couronner le tout… Ça se fête, non ? Pas du tout. Pas aujourd’hui en tout cas. Icardi, Palacio, Felipe Melo et consorts explosent de joie, lui sautent dessus. Mais, lui court, puis marche vers le poteau de corner, le regard braqué sur ses pieds. À le regarder, on dirait qu'il s’en fout. Complètement. Ou alors, il feint de ne pas s’en préoccuper. Quoi qu’il en soit, son attitude dénote. D’accord, le spectacle proposé par les Nerazzurri depuis le début de saison ne donne pas envie de sourire, mais de là à tirer la gueule en pleine euphorie collective ? Vraiment ? Il n'est pas le premier, et ne semble pas non plus être le dernier.

La fin d’un cycle


Ça a peut-être commencé avec le King. Éric Cantona ou quand l’arrogance, un col relevé et un dos tourné aux supporters, ou un buste offert à tous, suffisait à ponctuer un chef-d'œuvre. Non, pas besoin de sauter dans tous les sens parce que marquer des buts, c’est son quotidien. « C’est son métier » , comme dirait Balotelli. « T'as déjà vu un facteur sauter de joie quand il livre le courrier ? » Vingt-cinq ans après les premières danses de Roger Milla, la célébration prend donc un coup de vieux. La sobriété revient sur le devant de la scène : la rage de Zlatan, la transe de CR7, les accolades du Barça. Court, simple et efficace. Et même plus encore : le refus catégorique de manifester sa joie à la Balotelli. Qui n'est pas le respect que peuvent témoigner certains joueurs à leur ex-club.

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Et si les joueurs étaient simplement lassés ? Mathis Chamalidis, psychologue du sport : « Aujourd’hui, célébrer son but, ça semble téléphoné. Il y a une sorte de conformisme dans la célébration d’un but. » Et c’est peu dire qu’après vingt années de célébration, tous les joueurs ont eu le temps de faire le tour du sujet. Des sniffs de lignes de touche à la Fowler, en passant par les glissades de Rooney, le berceau de Bebeto, la mitraillette de Batistuta, les saltos de Klose, l’avion de Pauleta et le maillot retourné de Ravanelli, il ne reste plus beaucoup de place pour les créatifs. Et donc la non-célébration serait une nouvelle sorte de célébration : « Je suis différent, j’ai envie et j’ai besoin de cultiver ma différence… Bref, ça fait partie du style et de l’image que la personne veut renvoyer. Certains cherchent à se démarquer en célébrant leur but d’une certaine manière. D’autres font l’inverse. »

La célébration, ce cancer


D’ailleurs, cet anticonformisme est bien le dénominateur commun de ces nouveaux abstentionnistes : « Il n’y a pas d’études là-dessus, mais j’ai l’impression que ce sont souvent des "mauvais élèves". Des joueurs qui ne veulent pas se laisser enfermer, qui veulent créer quelque chose d’unique et qui ont besoin de faire les choses à leur manière et ne pas tomber dans le "copier-coller". » C’est d’ailleurs un courant qui ne touche pas que le foot. Quand, en finale des championnats d’Europe de volley, Earvine N'Gapeth marque l’équivalent d’une Panenka sur la dernière balle, « un point spectaculaire, inattendu, créatif, il a tout fait pour ne pas le célébrer. Ça semblait un peu fou. Après, ça ne l’a pas empêché de fêter la victoire avec son équipe. Mais son point, non. »

À travers les sports, cet attaquant qui s'arme avant tout de confiance veut en fait communiquer avec le public et lui dire : « Ce n’est qu’un but. Sous-entendu : je peux en marquer régulièrement... Rien d’extraordinaire là-dedans. Ça fait partie de mon répertoire et c’est tout à fait normal. Je fais mon métier et je n’ai pas besoin de m’exciter comme les autres. » Ce qui, en soi, n’est pas forcément une mauvaise chose quand on y pense, tant la célébration est devenue dangereuse pour l'instinct de tueur : « J’ai connu des attaquants qui étaient parasités par cette idée. Sur le point de marquer et qui, avant de tirer, pensait déjà à comment il allait célébrer son but. C’est le monde à l’envers, on met la charrue avant les bœufs. Et ça, ça peut devenir une phobie. » Balotelli est le mieux placé pour le savoir. À ne pas célébrer, on ne prend pas de risque en cas de panne future. Autre hypothèse plus terre-à-terre : ces joueurs sont tristes ou déprimés. Et là, effectivement, la thérapie du but n'y pourra pas grand-chose.

Par Ugo Bocchi
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