Mais qui es-tu, le FC Arouca ?

Stade minuscule, ville minuscule, budget réduit et même microclimat. Le FC Arouca est petit. Tout petit. Même au Portugal. Mais le promu rêve de grandir et de maintien. Il est même allé chercher un match nul chez le grand Benfica la semaine dernière.

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Le FC Arouca a grandi. Aujourd’hui, c’est un jeune adulte qui quitte le foyer familial pour voler de ses propres ailes. Partir de chez papa-maman, c’est bien. C’est être libre, indépendant et avoir la paix même quand le parquet est recouvert de chaussettes. Mais comme rien n’est trop beau, il faut aussi savoir s’assumer financièrement. Les bizuts de Liga Sagres le découvrent un peu plus depuis la fin du mois de novembre, moment choisi par la mairie de la ville pour annoncer la réduction de ses dépenses liées au FC Arouca. Ce dernier devra à présent payer le loyer de 6000 euros annuels (hors taxes), ainsi que l’eau, l’électricité et l’entretien des installations seul, comme un grand. Mais la mairie de cette petite ville pommée - desservie par une nationale et un tas de petites routes dégueulasses - de 3200 habitants n’a pas jeté son bébé dans le bain de la Liga Sagres sans lui faire un cadeau. Ainsi, la ville a versé pas moins de 150 000 euros à son club l’été dernier, afin que soit mené à bien le projet d’agrandissement de l’Estadio Municipal d’Arouca.

Une tribune, des maisons et un micro climat

Il faut dire que sans ces travaux, les promus auraient dû jouer ailleurs que dans leur stade, ce dernier ne respectant pas les normes fixées par la Ligue pour les clubs de première division. Et il fallait voir la gueule dudit stade pour y croire. Un terrain à la pelouse capricieuse, une capacité de 1500 places, quelques panneaux publicitaires pour faire la promo des artisans du coin et une belle vue sur... une végétation propre au Nord du Portugal, ainsi que quelques maisons non moins traditionnelles. Bref, la Lusitanie profonde, un peu à l’image de l’Uniao Leiria quand le club, à la dérive, jouait chez le voisin de Marinha Grande dans un stade guère plus reluisant. Aujourd’hui, ça va - un peu - mieux pour les quelques supporters d’Arouca. La nature est moins visible du fait de l’installation de tribunes supplémentaires, portant à 5000 places la capacité de l’enceinte. D’autre part, les vestiaires ont été refaits, tout comme la salle de sport, agrandie, et la salle de conférences. À l’image de son stade, Arouca n’est plus minuscule. Juste tout petit. Mais au moins, le club commence à ressembler à quelque chose.

Qu’il soit fructueux ou non, ce premier passage en Liga Sagres permettra au bébé du président Carlos Pinho de grandir. Car jusqu’ici, Arouca a juste gravi les échelons pour réaliser le rêve de son président : atteindre l’élite du foot portugais. Tout est d’ailleurs allé très vite pour les Arouquenses. Du moins, plus vite que prévu. Jusqu’ici habitués à participer aux championnats régionaux, ils ont entamé leur ascension fulgurante en 2007, enchaînant promotion sur promotion pour atterrir finalement en deuxième division portugaise en 2010. Avec un peu de chance, les hommes du président Pinho auraient même pu hisser leur tunique jaune et bleue en Liga Sagres du premier coup, mais doivent se contenter du cinquième rang en 2010-2011. Pas mal pour un premier exercice aux portes de l’élite. « À terceira é de vez. » Arouca finit par monter héroïquement au bout d’un troisième essai à 73 points, après avoir joué le maintien l’année précédente. Historique. À tel point que l’événement est fêté pendant plusieurs jours par une petite ville qui oublie aussitôt la crise, le chômage, Passos Coelho, Barroso, tout ça. La ville est alors dans une bulle. Ironique, quand on sait qu’Arouca est enveloppée par un microclimat (les températures peuvent varier d’une vingtaine de degrés en une poignée de minutes), d’après les témoignages de ses habitants. Mais à l’approche des fêtes de fin d’année, l’heure n’est plus à l’euphorie dans le petit bled du Nord du Portugal. Car il faut se maintenir ou du moins ne pas servir de faire-valoir aux autres membres de l’élite.

3,2 millions d’euros de budget pour 2013

De fait, et en dépit de son statut de premier relégable, Arouca connaît des débuts presque encourageants en première division avec pour morceau de bravoure ce 2-2 ramené de Benfica vendredi dernier. Mais « presque » , parce que les résultats (deux victoires, trois nuls et sept défaites) ne sont pas à la hauteur des intentions de jeu affichées par les Arouquenses, exception faite pour les matchs les opposant aux trois gros, où le stationnement du bus devant les cages est de mise. Bref, les promus affichent plus de sérénité que la lanterne rouge Paços de Ferreira - pas difficile en même temps - alors que cette dernière était aux portes de la Ligue des champions il y a encore deux mois et demi. Un atout non négligeable dans la course au maintien matérialisé par la présence de trois hommes d’expérience arrivés à Arouca au cours de l’été 2013. Pedro Emmanuel, ancien défenseur central du FC Porto et ex-entraîneur de l’Académica, Bruno Amaro (Setúbal et Nacional) et Cassio, gardien aux 100 matchs du côté de Paços, justement. Le recrutement malin et pas cher du président Pinho ne s’est pour autant pas limité à l’acquisition de vieillards. Ainsi, les très jeunes David Simão (Benfica) et Cristian Ceballos (Tottenham) ont aussi été appelés pour aider les Jaune et Bleu à se maintenir cette saison. Avec un peu plus de 3 millions d’euros de budget, Arouca pouvait difficilement faire mieux. Suffisant pour survivre ? Difficile à dire, mais les hommes de Pedro Emmanuel ont la chance d’être accompagnés de trois autres équipes de faible niveau (Paços, Olhanense et Belenenses, même si cette dernière semble un poil au-dessus). Pratique, puisque seuls deux clubs seront relégués à la fin de la saison. Mais ces concurrents, Arouca devra les battre. Et ce n’est pas gagné. Demandez plutôt à Benfica.

Par William Pereira
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Aroucs ! Mon equipe a football manager. Apres 20 saison on a deja gagné 6 ligues des champions et 15 championats
2 ans après toujours en Ligue.
Peu de moyens mais preuve que la persévérance et de l'abnégation ça paye !
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