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Mais qui es-tu, le faux lent ?

Le faux lent fait partie intégrante du jargon footballistique depuis des décennies. Entraîneurs, spectateurs ou journalistes l'utilisent à toutes les sauces pour qualifier tel ou tel joueur. À tel point qu'il peut être employé à mauvais escient. Oui, le faux lent n'est pas si facile à définir.

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« Il est très fort dans les duels et très dur à dribbler en un contre un. Et c'est un faux lent. On croit qu'il ne va pas vite alors que si. » En février 2014, dans les colonnes du Parisien, Peggy Luyindula s'attarde sur son ancien coéquipier du PSG, le défenseur Alex. Faux lent ? Effectivement, le défenseur brésilien est plus connu pour sa charrue que pour sa rapidité. Un point pour Peggy. En revanche, l'ancien attaquant se plante en le qualifiant de faux lent. Si l'association des deux termes – faux et lent – peut au sens strict faire penser à ce genre de joueurs, l'expression revêt une tout autre signification dans le monde du football.

«  Voir avant l'adversaire »


Pour les experts du ballon rond, le faux lent caractérise une espèce rare : celui qui met toujours ses jambes au service de son cerveau pour compenser son manque de vitesse naturel. « Le profil type du faux lent ? Pas très rapide dans les pattes, extrêmement rapide dans la tête » , annonce d'emblée Éric Carrière, ancien milieu offensif international et qui fait, malgré lui, partie de cette catégorie de joueurs. Intrinsèquement lent, son intelligence et sa réflexion supérieures à la moyenne lui donne paradoxalement un temps d'avance sur les autres. « Le football, c'est comme la vie : c'est une affaire d'espace et de temps. L'objectif est de savoir gérer au maximum cette dimension spatio-temporelle sur un terrain, philosophe Jean-Marc Furlan, ex-joueur de première division et aujourd'hui entraîneur de Troyes. Les faux lents, par leur vision de jeu ou leurs courses réfléchies, couvrent mieux l'espace et accélèrent quand il le faut. Du coup, ils vont plus vite que les joueurs naturellement rapides. D'où l'expression faux lent : ils sont lents sur 100 mètres, mais, en réfléchissant football, ils deviennent d'une certaine manière rapides sur un terrain. »

Éric Carrière complète : « Quand j'étais joueur, on me disait quelques fois que j'allais super vite. Pourtant, je faisais les tests à l'entraînement et j'étais à la rue. La notion de vitesse se transforme avec la présence d'un ballon. La question n'est plus de savoir qui court le plus vite, mais qui est le plus réactif, le plus concentré. La vitesse sur une pelouse, c'est une vitesse intellectuelle : c'est jouer en une ou deux touches de balle, c'est voir avant l'adversaire, c'est anticiper comme le fait à merveille Marco Verratti, qui n'est pourtant pas un joueur très rapide.  » Avoir continuellement un temps d'avance sur les autres sans que personne ne sache comment ni pourquoi : voilà le défi que se lance le faux lent à chaque match. Une mission taillée sur mesure pour le n°10 à l'ancienne, style Zidane ou Platini, ou le fameux trequartista symbolisé par Sneijder ou Kaká. En tête de liste, on peut encore citer le Brésilien des années 60, Didi, et surtout Pastore, le faux lent incarné. Et maigrichon, qui plus est.

Crevette nonchalante


Parfois nonchalant, jamais doté d'un physique de déménageur, le faux lent de talent arbore une technique gestuelle hors norme. Sens de la passe, feintes ou gestes techniques sont autant d'armes à sa disposition pour créer le décalage ou foutre l'adversaire sur le cul. Ajoutez à ça une pointe de vivacité balle aux pieds et vous avez Juan Román Riquelme. «  Ce sont des joueurs qui sont, malgré les apparences, extrêmement vifs dans leur gestuelle, reprend le coach de Troyes. Ils ont bien compris que n'importe quel adversaire, qu'il soit un montre physique ou doté de la vitesse de pointe d'Usain Bolt, peut être pris à contre-pied par un simple contrôle orienté parfaitement réalisé. »


Mais qu'on ne s'y trompe pas : le faux lent de très haut niveau doit travailler pour combler son manque de puissance et de rapidité. Furlan témoigne : « Regardez Benjamin Nivet, notre faux lent à nous. C'est une crevette depuis toujours, mais il est devenu un grand stratège. Pour atteindre son niveau, il a dû apprendre à réfléchir football. Pareil pour Yann Lachuer, qui n'était pas très doué au départ et qui a pourtant terminé cinq fois meilleur passeur du championnat de France avant 2007. » Carrière abonde dans ce sens, depuis l'enfance : «  J'ai développé des qualités de conservation de balle et de lecture de jeu dès mon enfance. Quand j'étais gosse et que je jouais avec mon frère, j'étais obligé parce qu'il était plus grand que moi. »

Les derniers dinosaures


Aujourd'hui, le faux lent est une espèce en voie d'extinction. D'ailleurs, l'expression est davantage employée par les anciennes générations. On préfère les joueurs complets, qui sont un peu tout à la fois : rapide, puissant, technique, intelligent. Et on aime bien qu'ils soient polyvalents. Le faux lent, lui, reste dans l'axe. Il n'a pas les qualités pour s'exprimer sur un côté, où le débordement de l'adversaire à vitesse grand V reste un classique. On peut également le trouver au sein des défenses, en charnière centrale. Il est reconnaissable par son sens du placement et sa qualité de relance, à l'image de Laurent Blanc qui a connu toutes les lignes qui composent une formation. Jean-Marc Furlan et Éric Carrière, eux, citent Patrick Müller, Vitorino Hilton ou Néstor Fabbri. Des noms qui, contrairement aux autres, ne font pas forcément rêver, mais qui sont de vrais faux lents. Et non pas des tanks comme Alex, le Panzer do Brasil.

Par Florian Cadu
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