1. // Inde – Premier League Soccer

Mais qui es-tu, le championnat indien ?

L’annonce il y a quelques jours de l’arrivée en Inde d’une demi-douzaine de retraités et préretraités du football, dont Pires et Cannavaro, pour un mini-championnat de quelques semaines, a suscité bien des questions. Qu’en est-il exactement de cette compétition ? Est-ce un simple coup de marketing ? Le football a-t-il un avenir dans cet état-continent ? Eléments de réponses.

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Un championnat provincial

Attention à ne pas se tromper, Bob Pires et ses petits copains ne vont pas participer au championnat indien en tant que tel. Enfin pas vraiment. En fait, ils viennent servir de têtes de gondole d’un tout nouveau projet de compétition dans le seul état du Bengale-Occidental, à l’extrême nord-est du pays. Un mini-championnat à six équipes – ou plutôt franchises – dont la saison inaugurale débutera le 25 février et se terminera fin avril. Il y aura d’abord un système classique de matchs allers et retours, en 10 journées, puis un final four pour désigner le grand vainqueur. Vous l’aurez compris, le modèle s’inspire plus des sports américains que du football à l’occidental. On est d’ailleurs à mi-chemin entre le sport et l’entertainment, puisque cette Premier League Soccer est co-organisée par l’Indian Football Association (l’IFA) qui, contrairement à ce que son nom indique, ne traite du football qu’au Bengale-Occidental, et une société de spectacle nommée Celebrity Management Group (CMG). C’est elle déjà qui avait fait venir la sélection argentine de Leo Messi dans la région en septembre dernier pour deux matchs exhibition : face au Venezuela à Calcutta, puis quelques jours plus tard face au Nigeria à Dhaka, capitale du Bangladesh voisin. Chacun des organisateurs y trouve ses intérêts. D’un côté, l’IFA a dans l’idée que cette nouvelle compétition peut contribuer à développer le football, qui y est traditionnellement populaire (contrairement à la grande majorité du reste de l’Inde). De l’autre, la CMG se dit qu’il y a certainement du business à se faire avec ce sport-roi presque partout ailleurs dans le monde.

Moyenne d’âge: 37 ans

L’idée pour la CMG a donc été d’amorcer la pompe en proposant des salaires mirobolants à d’ex-grands noms du foot, libres de tout contrat. En d’autres termes : des préretraités, voire même pour certains des carrément retraités. Ils sont pour l’instant sept « stars » à faire partie de l’aventure, assurent les organisateurs. Il y a tout d’abord bien sûr notre Robert Pires national, tricard depuis son départ d’Aston Villa en juin dernier, mais aussi l’ancien Ballon d’Or Fabio Cannavaro, reconverti récemment au business dans le Golfe, Hernán Crespo, dont la carrière à Parme commençait à sentir franchement le sapin, Robbie Fowler, qui se la coulait douce en Thaïlande, Fernando Morientes, dont la dernière (malheureuse) expérience avec crampons aux pieds date de son passage à l’OM en 2010, Juan Pablo Sorín, qui n’a pas joué depuis 2009, et Jay-Jay Okocha, qui a carrément stoppé sa carrière en 2008. Moyenne d’âge : près de 37 ans. Les Portugais Maniche et Sergio Conceição ont aussi été contactés. Il faut être clair, ces noms ronflants aux articulations rouillées viennent d’abord et surtout en Inde palper du blé. Un sacré paquet même. On parle de salaires tournant autour de 500 000 US$ par tête pour sept semaines de contrat, voire 1 million en fonction des primes.

Aider les locaux à progresser

L’IFA, coorganisatrice de l’épreuve, espère bien qu’à ce tarif ces joueurs-étoiles auront à cœur non seulement de briller, mais aussi de faire briller leurs coéquipiers locaux. Car l’opération doit théoriquement s’inscrire dans la durée. Si à court terme, l’objectif premier est d’attirer médias et sponsors (en clair, de faire le buzz), à moyen et long terme il est question de faire progresser les footballeurs du cru. Chaque franchise sera ainsi composée de quatre joueurs étrangers au maximum (dont un « Icon Player » , à choisir parmi Bobby et sa bande de guest stars), d’une quinzaine de joueurs pro indiens et d’une demi-douzaine d’espoirs de moins de 21 ans. A la tête de chaque, sera nommé un entraîneur étranger. La mission a été confiée à l’ancien international anglais John Barnes, à ses compatriotes Peter Reid et Colin Todd, au Nigérian Samson Siasia, au Bolivien Marco Etcheverry et au duo composé de l’Islandais Teitur Thordarson et du Slovaque Milos Rus. Un temps annoncé, l’ancien Gunner Tony Adams n’est finalement pas de l’aventure. Les six équipes (basées à Calcutta, Durgapur, Bārāsat, Howrah, Siliguri et Haldia) vont être prochainement constituées par un système de mise aux enchères, à l’américaine. Chaque dirigeant de franchise dispose d’une enveloppe de dépenses de 2,5 millions pour composer son effectif. Hop je prends Bobby, hop je prends Robbie, hop je prends Fabio, et ainsi de suite, comme dans une cour d’école.

Pendant ce temps, la I-League

Rappelons que cette saison inaugurale se déroulera en huit semaines, avec seulement six franchises réparties dans un seul des 28 états que compte l’Inde. Bhaswar Goswami, un des organisateurs de l’épreuve, a cependant annoncé que ce ne devait être qu’une étape et que la compétition est amenée à se développer dans tout le pays. Elle pourrait alors se mettre directement en concurrence avec l’élite actuelle du football national : la I-League (au même titre que l’élite au Japon se nomme la J-League, en Corée-du-sud la K-League et en Australie l’A-league). Créée en 2007 sur les cendres de la National Football League, le précédent championnat professionnel indien, la I-League est organisée par la All India Football Federation (AIFF). A ne pas confondre avec l’IFA, l’AIFF s’occupe donc, comme son nom l’indique bien cette fois, de l’ensemble du football en Inde, championnats et sélections nationales comprises. Elle est composée de 14 équipes issues principalement des deux états où le foot est le plus populaire : le Bengale-Occidental, forcément, mais aussi l’état de Goa. Parmi les joueurs étrangers présents, on trouve historiquement des Nigérians et des Brésiliens. Médiatiquement, la I-League commence timidement à émerger face au puissant cricket. Sportivement en revanche, le niveau reste très faible, et les performances au niveau continental sont inexistantes.

La sélection championne d’Asie… du pauvre

Le constat sportif est d’ailleurs le même pour ce qui est de la sélection nationale. L’Inde est actuellement classée 30e nation asiatique et 162e nation au classement Fifa, entre les îles Fidji et la Guinée-Bissau. Elle doit néanmoins gagner une trentaine de places au prochain classement mondial, du fait de sa récente victoire en Coupe d’Asie du Sud. Un bond et un trophée à relativiser, puisque la compétition réunissait des pays aussi redoutables que l’Afghanistan, les Maldives, le Sri Lanka ou le Bhoutan. Elle était parvenue à participer à la Coupe d’Asie, la vraie, il y a un an, mais s’était fait éliminer piteusement dès le premier tour. C’est déjà fini aussi pour ce qui est de la qualif’ à la Coupe du monde 2014, avec une élimination immédiate face aux Emirats arabes unis (2-2, 0-3). En plus, son joueur star, Bhaichung Bhutia, le seul à avoir évolué dans un championnat pro occidental (au Bury FC, dans les divisions inférieures anglaises, il y a 10 ans), a récemment pris sa retraite internationale après plus de 100 matchs disputés avec la sélection. Bref, le jour où l’Inde s’éveillera complètement au football n’est vraiment, mais alors vraiment pas prêt d’arriver. Mais ça, c’est le cadet des soucis de Bobby et de ses potes.



Par Régis Delanoë
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Ca me dégoute un peu ce cirque. Ayant été à Calcutta pendant trois mois, le fait que des retraités aillent renflouer leurs caisses déjà bien trop remplies, alors que les gens gagnent 100 euros par mois, c'est pitoyable... Ca ne va juste rien apporté ce championnat, juste stabilisé la différence entre le cricket, sport trop peu connu en europe, et le football, dont beaucoup, en Inde, s'en foot!
plus rien ne m'étonne, ces mecs sont des prostituées.
2,5 M€ de budget transfert par équipes... Ce qui fait en tout et pour tout 15M€ de budget pour un championnat de merde.

putain, de quoi développer les infrastructures footballistiques de ce pays.

Mais non, c'est bien connu, attirer des stars, permet au football local de progresser plus rapidement...

LOL
L''emblematique et poète Fernando Couto part également entraîner en Inde, laissant sa place de directeur sportif de Braga pourtant 3e de Superliga.
Arrêtez vos commentaires de pucelles effarouchées, le foot c'est un business et un moyen de communication efficace. La preuve c'est qu'aux quatre coins du Monde on fait des ponts d'or à des vielles gloires pour venir disputer des championnats archi-nazes et ça engendre, à chaque fois, une p.utain de couverture médiatique à travers le monde.

@Thibou
Si le cricket générait autant d'oseille que le foot et était aussi médiatisé crois moi que les cracks de ce sport iraient au plus offrant et ils te paraitraient moins sympathiques.
One Night Stand Niveau : DHR
Turchinu t'as tout bon.

Franchement, et je n'apporte rien de nouveau, n'importe qui se jette dans ce genre de truc : être payé super cher à faire ce que tu aimes et ce que tu fais le mieux...Vous traiteriez Zidane (même s'il ne joue pas au Quatar) de prostitué? Vous aimez le foot ou quoi? Ce mec vous fait rêver pendant 15ans et vous l'accuser de faire le tapin? C'est vous les hypocrites.
One Night Stand Niveau : DHR
Après, que la fédération de foot Indienne ait une idée à la con qui va pas aider son pays on est d'accord.

Mais business is business...
Johnny Dramma Niveau : Ligue 1
un petit message pour la rédac de sofoot : vous etes bien un site français d'information footballistique? comme tel est le cas je voudrais savoir pourquoi vous nous bassinez constamment avec des articles sur les habitudes vestimentaires de Balottelli, les états d'âmes mourhinesques, la nouvelle manucure de cr7, et maintenant le retraite dorée de quelques parvenus en inde, bientôt un n° spécial sur les tribulations d'un footballeur de Trappes en chine?
lad
@One Night Stand
pour répondre à ta question sur ZZ, je crois que c'est la plus grosse prostituée qu'ait engendré le foot! peu de doutes là-dessus...
et non, au risque de te décevoir, il ne m'a pas fait rêver (ou si peu) surtout quand j'étais à Bernabéu et qu'il marchait pendant tout le match!!!
tu m'étonnes qu'il ait conditionné son retour en EDF en 2006 au retour de son acolyte, MC Makelele, l'homme à tout faire, sans qui le Real est devenu une équipe de boeufs (ah oui ça brillait sur le terrain par contre, avec de si belles stars!) et une équipe vulgaire dès son départ en 2003...
Du business pur et dur, c'est clair! Mais surtout, un coup de pub qui fonctionne. On a plus entendu parler de ce championnat en 2 semaines que celui de la Corée du Sud (Ulsan, Suwon & co, ça parle à beaucoup?) et le nombre de commentaires sur cet article démontre encore plus qu'ils ont atteint leur but.

@Johnnny Dramma: C'est, avant tout, un site sur le foot, en français, donc normal qu'il parle de foot étranger...Surtout quand c'est pour apprendre autre chose (et perso, j'ai appris beaucoup) que les infos banales sur un des 4, 5 grands championnats.
One Night Stand Niveau : DHR
Lad
Objectivement tu peux pas dire que ZZ nous a pas fait rêver. Même si en 98 il n'y avait pas que lui (loin de là, il a même dans l'ensemble fait une coupe du monde pourrie), il met les deux buts au Brésil et récidive en 2006 face à ces mêmes brésiliens et face à l'Espagne. Il était d'une élégance folle et se faufilait n'importe où malgré sa lenteur.

Et pour ce qui est du Quatar, ça a été ZZ, mais ça aurait pu être n'importe qui genre Maradona, Pelé voire Messi dans quelques années.
lad
@One Night Stand
ah ça pour être élégant il était élégant! surtout à marcher sur le terrain avec un beau maillot blanc! ;-)
et c'est vrai qu'il a fait 2 beaux matchs en 2006, mais c'est un peu lég' quand t'es payé ce que t'es payé aussi doué sois-tu...
perso, je préfère mille fois un Makelele ou un Platini mais ce n'est que mon avis! ;-)
et puis ce n'est pas parce que Pelé, Maradona, Messi ou qui tu veux pourraient faire la même chose, que ça n'en fait pas l'une des plus grandes "prostituée-sandwich" de tous les temps! ;-)
@ Turchinu
Je vois que tu ne connais pas le truc là-bas, tu n'imagines même pas toute la passion qu'il y a derrière le cricket, bien plus que chez nous pour le foot! Quand tu vois 500 personnes dans des centres commerciaux pour voir le match de leur équipe sur écran géant, un match de championnat, tu te dis que c'est autre chose. Et par conséquent, il génère autant d'oseille que pour le foot chez nous! Donc avant d'attaquer, visite et instruit!

Ca me rend triste que dès qu'il y a un peu d'argent, on saute dessus, ce n'est même plus la passion qui prime... Mais ca va bientôt se casser la gueule tout ce système à milliard, alors tant mieux!
One Night Stand Niveau : DHR
Lad
Qu'on aime Makélélé et Platoche j'y vois aucun inconvénient au contraire (Platini grand numéro 10 et Maké quasiment formé au meilleur club français de tous les temps : le FC Nantes -oui je m'emballe-).
Mais Pour Zizou, je n'ai cité que quelques moments et c'est pas parce que tu l'as vu marcher pendant tout un match qu'il fait ça tout le temps et qu'il n'a pas fait de grandes choses. Il a tout gagné, certes avec une équipe derrière, mais il a porté plusieurs fois la Juve, le Real ou l'EDF à bout de pieds.
Après j'aime aussi les combattants qui se battent comme des chiens ou les mecs de l'ombre et je ne les zappe pas. Mais Zizou c'est Zizou, rien de plus à dire.
lad
@One Night Stand
pas faux ce que tu dis, et je ne suis peut-être pas objectif car pour moi un mec comme Zidane, malgré son immense talent, a toujours été surcôté par rapport à un Platini par exemple qui était bien meilleur et bien plus efficace selon moi... après c'est un autre débat!
mais pour en revenir à Zidane, il me semble que le Zidane de la Juve était meilleur que celui du Real même si je reconnais volontiers que je n'ai surtout vu que des résumés de matchs lorsqu'il évoluait à Turin
en revanche, je l'ai vu jouer de nombreuses fois fois à Bernabéu et je suis au regret de te dire que, malgré quelques gestes de classe, il passait son temps à marcher et ça en devenait désespérant... alors quand Makelele est parti en 2003... ben ça marchait et ça ne gagnait plus! la bérézina quoi! même avec Zidane...
et clair que le foot ça reste un sport collectif, et je peux t'assurer que je prenais (beaucoup) plus de plaisir à regarder le Nantes de 95 devant ma télé - une immense équipe! - (il y avait Makelele certes mais pas seulement et n'y vois pas de lien de cause à effet ; juste chaque joueur à sa place et un Suaudeau au top!) que le Real de Zidane au stade (ce qui est un comble!) et des "Galactiques" sans aucun équilibre...
voilà pourquoi Zidane ne sera jamais l'un des plus grands pour moi (malgré le palmarès, les roulettes, ce que tu veux) et je sais que ça en fait hurler certains
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