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Mais qui es-tu l'identité de jeu ?

On entend le terme partout, ou alors sa variante, la fameuse « philosophie de jeu » . Qu'elle soit mentionnée admirativement pour louer la cohérence du FC Barcelone, ou employée avec ironie pour railler le « projet » Montanier du côté de Rennes, l'identité de jeu est un totem pour amateurs de football. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

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Plutôt du style Blackburn ou Barça ? Klopp ou Girard ? Toque ou long ball ? Pressing ou non ? Que l'on parle d'approche tactique, d'identité de jeu, voire de personnalité, c'est un fait difficilement contestable : les équipes jouent différemment. Mais lorsqu'il s'agit d'expliciter l'identité de jeu, il règne une certaine confusion dans les termes employés, même s'ils évoquent souvent le même concept. « Chaque équipe a sa propre identité dans la manière dont elle approche le jeu, éclaire Chris Davies, membre du staff de Liverpool chargé de l'analyse de l'adversaire. Est-ce une équipe de possession cherchant à s'ouvrir le terrain et à garder la balle ou une équipe au style de jeu direct, se concentrant plus sur l'occupation territoriale, le jeu direct et les centres ? » Et Davies n'oublie pas les phases de transition pour déterminer l'identité de jeu d'une équipe : « Comment réagit immédiatement l'équipe à la perte de balle ? Elle presse sur tout le terrain, les trois quarts ou elle s'organise dans sa moitié ? »

Tout le monde a-t-il une identité ?


L'analyste de Liverpool associe chaque équipe de football à une certaine identité de jeu, en se basant sur divers critères : la possession, la hauteur du bloc, l'intensité du pressing, les caractéristiques et les rôles des joueurs... Mais pour d'autres, l'identité de jeu va bien plus loin : un atout rare que peu de clubs possèdent. Éric Carrière, consultant Canal + qui a fait les beaux jours de Nantes et l'OL, élargit le jeu : « C'est quand une équipe a une façon de jouer identifiable sur le terrain, invariable selon les matchs. De par mon expérience au FC Nantes, je dirais aussi qu'elle se transmet par le centre de formation, à travers la philosophie de jeu. À Nantes, des principes basés sur le jeu en mouvement, les déplacements collectifs, le jeu sans ballon... constituaient l'identité de jeu de l'équipe, mais aussi du club. Très peu de clubs en France travaillent de cette manière. Lorient travaille comme ça, Guingamp aussi, Nantes à un moment... Dans ma carrière, je n'ai vraiment senti d'identité de jeu qu'à Nantes. » En France, les autres clubs sembleraient donc davantage marqués ponctuellement par la patte d'un entraîneur, tels l'OM de Bielsa, voire le PSG de Laurent Blanc. Si chaque équipe a sa manière de jouer, très peu l'inscrivent dans le temps, et rares sont les formations dans lesquelles chaque joueur est marqué par une manière de concevoir le jeu et d'adapter le sien.

« Quel que soit l'enjeu, nous prenons les mêmes risques »


Régis Le Bris, directeur de la formation des Merlus et entraîneur des U17, décrypte ce FC Lorient pour l'instant marqué à vie - même si parti - par Christian Gourcuff dans la promotion du jeu plutôt que du résultat de saison en saison. « La cohérence d'ensemble au sein d'un club est le premier élément important d'une identité, commence-t-il. Elle se matérialise véritablement s'il y a une harmonie durable des jeunes jusqu'à l'équipe première. On constate régulièrement plusieurs chapelles au sein d'un même club. Chaque entraîneur des différentes équipes adopte ses propres méthodes dans le but de gagner une compétition. Au FCL, nous sommes parvenus à installer une réelle continuité, un travail d'équipe qui va des U9 jusqu'aux pros. » Et Lorient ne s'arrête pas au simple technico-tactique. « Nous recherchons les comportements comme l'enthousiasme, l'intensité dans les situations de jeu, l'envie de jouer avec les autres » , poursuit Le Bris. Ce sont donc dans ces conditions que Lorient entretient ensuite une relation au résultat, pas prioritaire, même si les U17 de Régis sont champions de France. Quelle que soit la catégorie, l'héritage de Gourcuff transpire. « Nous le cultivons, acquiesce Le Bris. Avant de savoir si on va gagner, on se demande comment on va y arriver. Avec les U17 par exemple, nous avons toujours abordé les matchs de play-off de la même manière. Quel que soit le prestige de l'adversaire ou l'enjeu, en quarts, en demi-finales et en finale, nous avons pris d'énormes risques avec parfois des pertes de balle à 20 mètres de nos buts. Nous estimons que c'est sur cette base collective, ces idées-là, que nous pouvons favoriser l'épanouissement individuel du joueur. »

Identité versus résultat


On touche ici à la notion de philosophie de club, une ligne directrice qui imprime la marque d'un club, et détermine ses choix. L'exemple lorientais le prouve, nul besoin de disposer de moyens faramineux pour se doter d'une identité de jeu, qui présente en plus des avantages. « Tout est plus solide avec, confirme Éric Carrière. Tous les clubs devraient en adopter une, inspirée des valeurs du club, surtout en cas de faibles moyens, car ça peut vraiment aider. » Comme Le Bris, lui aussi recommande de s'échapper des éléments conjoncturels. Carrière développe : « Être trop dépendant d'un entraîneur ou d'un joueur est toujours un danger pour un club. Lens a par exemple la culture du foot britannique, du jeu direct, de l'agressivité... C'est tout de même l'identité du club, ça doit se ressentir dans le jeu. Pourtant, quand j'y suis arrivé, on m'a dit que l'équipe allait jouer en passes courtes, en mouvement. Dès les premières difficultés, certains voulaient revenir à un football plus direct et ça a créé des tensions dans l'environnement du club. À Nantes, au contraire, on a su se rassembler autour de notre manière de jouer dans les moments difficiles. » Dans sa plénitude, l'identité de jeu est un repère constant auquel peuvent se référer les membres du club : c'est comme cela que le football doit être joué, et c'est comme cela que le club va gagner.

Le système n'est pas l'identité


Il y a encore un point de confusion chez les suiveurs du foot : le système utilisé sur le terrain, et l'identité de jeu. La philosophie d'un club ne se résume pas au 4-4-2 ou 4-3-3. « Probablement une des principales idées fausses que les gens ont, corrige Chris Davies. Les équipes peuvent avoir une identité et peuvent changer de système de nombreuses fois. On a un certain style de jeu avec Brendan [Rodgers, ndlr], mais nous changeons tout le temps le système pour s'adapter aux joueurs que nous avons, aux forces et aux faiblesses de l'adversaire. » Éric Carrière abonde sur ce point : « Aujourd'hui, c'était peut-être moins le cas avant, il faut pouvoir jouer avec son style, mais en adoptant des schémas selon les adversaires, selon les joueurs. C'est aussi très important pour les joueurs de pouvoir s'adapter à plusieurs systèmes, postes. Les clubs cherchent de plus en plus des joueurs polyvalents. » Il faut dire que dans le jeu collectif en mouvement prôné par l'ancien Canari, les positions ne peuvent être figées dans des schémas rigides. Souvent caricaturé par l'emploi indéfectible du 4-4-2, Lorient et Régis Le Bris font passer le même message : « Le 4-4-2 est un très bon support d'apprentissage, notamment pour l'aspect défensif. Après, quand on a le ballon, la structure de base va se déformer avec les mouvements des joueurs... On peut aussi adapter le système à l'adversaire, aux qualités des joueurs dont on dispose. » L'identité de jeu permet en tout cas à certaines institutions de garder style de jeu et résultats, comme l'Ajax ou le Barça. Elle permet à d'autres aux moyens bien plus modestes, comme Lorient ou le Rayo Vallecano, de se hisser à des hauteurs inespérées.

Par Hadrien Mathoux
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