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Mais qui es-tu, Greuther Fürth?

Les demi-finales de Coupe d’Allemagne proposent un joli plateau: le Borussia Dortmund, le Bayern Munich et le Borussia Mönchengladbach. A cette petite fête, un pensionnaire de deuxième division s’est incrusté, comme ça, normal: le SpVgg Greuther Fürth. Focus sur un club pas aussi petit qu’on ne pourrait le croire, et qui aspire à venir jouer à la baballe dans l’élite très bientôt.

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Le Land de Bavière est en colère. Le Bayern Munich veut récupérer son saladier. Le 1.FC Nuremberg court désespérément après son passé glorieux, alternant le bon et le moins bon (une coupe en 2007, puis l’ascenseur dans les deux sens, puis les barrages, et enfin aux portes de l’Europe la saison dernière). Le FC Augsburg, lui, vient d’arriver dans l’élite pour la première fois de son histoire et aimerait bien y rester. Un exemple qu’aimerait bien suivre un quatrième club, le Spvgg Greuther Fürth. Comment? Le quoi?

Le Spielvereinigung Greuther Fürth, comme son nom l’indique, est le club de la ville de Fürth. Une ville qui est certes située en Bavière, mais tout comme Nuremberg, cette ville se trouve avant tout en Franconie. Donc surtout pas leur dire qu’ils sont Bavarois, à ces gens-là. D’autant plus que la ville qui a vu naître Henry Kissinger est dirigée par le SPD (la gauche, en gros), ce qui tranche complètement avec le conservatisme bien connu du Land, traditionnellement dirigé par la CSU, autrement nommée la « CDU de Bavière » (la droite, en gros). Autant dire qu’il y a un monde entre le Greuther Fürth et euh, comme ça, par hasard, le Bayern Munich.

Champion d’Allemagne bien avant le Bayern

Si les palmarès des deux clubs n’ont rien à voir, on peut se vanter à Fürth d’une chose: avoir gagné trois titres de champion d’Allemagne (1914, 1926 et 1929) avant que le futur « Rekordmeister » ne gagne son tout premier (1932). Bon, après, ce n’est plus tout à fait la même histoire. Durant les années 80-90 par exemple, alors que le Bayern enfile les titres comme des perles, le Greuther Fürth, lui, se galère dans les obscures divisions du Land (Bayernliga, Landesliga Mitte). Des trucs sales. Lassé de devoir se galérer pendant que les voisins se font plaisir, Fürth retrousse ses manches et commence à se respecter. La deuxième division est finalement atteinte à nouveau (ils y avaient passé deux ans au début des années 80. Ils se souviennent des soirées où l’ambiance était chaude, etc.) en 1997. Mais là, c’est à nouveau la galère. Le Greuther Fürth est toujours placé (jamais en dessous de la neuvième place, sauf une fois, en 09-10), mais jamais gagnant. En témoigne cette maudite quatrième place la saison dernière. Mais bon, en même temps, ils le cherchent: sur leur maillot, il y a un trèfle à trois feuilles. Si tu cherches pas la gagne…

Une équipe déterminée à connaître l’élite

Mais ça y est, cette fois-ci, c’est décidé, le Greuther Fürth est énervé. Il ne veut plus qu’on le prenne pour un rigolo. Et ça commence par renommer à nouveau le stade. Fini le Playmobil Stadion (l’usine est à deux pas, à Zirndorf, plus exactement); quitte à passer pour des obsédés du naming, autant avoir un peu plus de style, en renommant l’enceinte Trolli-Arena, du nom des bonbons aux fruits qui marchent pas mal outre-Rhin (même si ça ne représente qu’un dixième du chiffre d’affaires annuel de HAns RIegel BOnn). Et puis cette année, l’équipe semble avoir les capacités pour remonter. Sous la houlette de Mike Büskens, ancien de Schalke 04 (joueur et entraîneur adjoint), les gars au Trèfle semblent avoir trouvé la bonne formule avec pas mal de jeunes formés dans des clubs de 1.Bundesliga (Mergim Mavraj, Sebastian Tyrala, Christopher Nöthe), couvés par des anciens comme Christian Rahn, Thomas Kleine ou encore Gerald « DJ » Asamoah, qui est arrivé l’hiver dernier, sans oublier la principale attraction de la saison, l’attaquant canadien Olivier Occean, co-meilleur buteur du championnat avec 15 buts.

Du coup, Greuther Fürth est pour le moment leader du championnat, avec quatre points d’avance sur le troisième (qui sera barragiste), le tout à huit journées de la fin. En Coupe d’Allemagne, c’est pour le moment royal, puisque les Franconiens n’ont pas encore concédé de buts dans la compétition: 10-0 face à Eimsbüttler TV, 4-0 face à Paderborn, 1-0 dans le derby face au 1.FC Nuremberg, et un 1-0 face à Hoffenheim. Maintenant, voici que le grand Borussia Dortmund se pointe à la maison. Le Land de Bavière bout, la Franconie bout encore plus, et Greuther Fürth ne tient plus en place. Les supporters aimeraient bien chanter le traditionnel « Berlin, Berlin, wir fahren nach Berlin !  » , lieu où aura lieu la finale de la DFB-Pokal. Comment ça c’est une idée qui ne plait pas à tout le monde? Comment ça, c’est triste, une équipe de deuxième division en finale? Arf, qu’ils aillent se faire Fürth…

A regarder : La demi-finale entre Fürth et Dortmund est rediffusée sur Sport+, à 20h30.

Par Ali Farhat, à Bonn
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Ali, déjà je trouvais votre "frank vu d'allemagne" assez juste sur certains points, là je dis clairement merci! j'ai appris pleins de choses, c'est agréable a lire.
On a le droit de se plaindre, mais on a aussi le droit de remercier!
vraiment chouette.
Tout à fait d'accord avec Schuey.

Excellent article.
Sympa cet article !
Ali, je vous lis depuis quelques temps, et c'est à chaque fois un plaisir de tomber sur l'un de vos papiers!
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