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Mais qui es-tu, Angelo Alessio ?

Le Tribunal national d’arbitrage pour le sport (TNAS) a rendu son verdict. La suspension d’Angelo Alessio, l’adjoint d’Antonio Conte, est finalement réduite et prendra fin demain. Du coup, il sera sur le banc de la Juve pour le match contre Naples. OK. Mais c’est qui ?

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L’intérim de Massimo Carrera est terminé. Dix matchs disputés sur le banc du champion d’Italie. Sept victoires et trois nuls, dont deux en Ligue des champions. Merci, et à bientôt. Antonio Conte, le coach de la Juve, aura, à compter de demain, un nouveau remplaçant. Il s’appelle Angelo Alessio et il était, comme l’entraîneur champion d’Italie, suspendu dans le cadre de l’affaire Calciopoli, pour des faits relatifs à l’époque où il était l’adjoint de Conte à Sienne (délit de non-dénonciation sur deux matchs, Sienne-Novara et Albinoleffe-Sienne). Dans un premier temps, Alessio avait été condamné à huit mois de suspension. Un premier appel a permis de réduire la peine à six mois. Enfin, il y a quelques jours, le TNAS a gracié un petit peu plus l’adjoint, lui permettant de reprendre ses activités le 15 octobre. Cela tombe bien, il y a un match de championnat au sommet à disputer contre Naples le week-end prochain. C’est donc lui qui sera sur le banc turinois. S’il ne se montre pas entièrement satisfait de la décision du collège arbitral, puisque celui-ci a rejeté la demande d’amnistie totale, Alessio est tout de même soulagé. Pendant quelques semaines, il va pouvoir être sur le devant de la scène. Même si l’intérim de Carrera a permis de comprendre que toutes les décisions sont prises par Conte, indépendamment de la personne qui s’assoit sur le banc.

Un doublé contre la Juve

Mais bon, puisque c’est sa trogne que l’on va désormais voir à chaque match de la Vieille Dame, autant savoir à qui l’on a affaire. Alessio a 47 ans. Un de moins que Carrera, quatre de plus que Conte. Mais sa carrière de footballeur n’a pas grand-chose à voir avec celle des deux autres. Point commun entre tous : ils ont joué à la Juve. Treize années pour Conte, cinq pour Carrera et quatre pour Alessio. Milieu de terrain de formation, il fait ses grands débuts avec l’Avellino, en 1984, et se fait remarquer en devenant le meilleur buteur du Tournoi estival 1986, une compétition défunte, qui regroupait à l’époque toutes les équipes éliminées lors des tours préliminaires de la Coupe d’Italie. Plutôt bon avec Avellino, il s’attire les faveurs de la Juve, qui le fait signer lors de l’été 1987 pour un montant de 5 milliards de lires, l’équivalent de 2,6 millions d’euros. À la Juve, il a plutôt du mal à s’imposer, surtout que le club n’est pas dans une période très glorieuse, éclipsée par des équipes comme le Napoli, l’Inter ou la Sampdoria.

Son fait d’arme le plus marquant lors de sa période turinoise est assez cocasse. Pendant une saison, il est prêté à Bologne. Lors des retrouvailles entre Bologne et la Juve, il claque un doublé contre le club auquel il appartient. C’est quasiment cette prestation qui convainc les dirigeants turinois de le reprendre, quelques mois plus tard. Sa meilleure saison à Turin reste de loin celle de 1989-90, année où les Bianconeri remportent la Coupe d’Italie, mais surtout la Coupe UEFA. En 1992, il quitte finalement le Piémont pour rejoindre le Sud et Bari. Sa carrière se termine dans l’oubli. Il écume les divisions inférieures, d’abord à Cosenza, puis à Avellino, où il signe un retour tout en romantisme. Comprenant qu’il n’obtiendrait rien de plus que ce qu’il avait déjà atteint (et espéré), il clôt sa carrière en 1998 après une dernière expérience à Modene, à l’âge de 33 ans. Pas de temps à perdre. C’est décidé : il sera entraîneur.

Deux ans au Pôle Emploi


Pas facile, évidemment, de débuter immédiatement sur le banc d’une grande équipe. Comme l’ont fait récemment Montella à la Roma ou Stramaccioni à l’Inter (et à la Roma aussi, d’ailleurs), Alessio commence par entraîner les équipes de jeunes. Les jeunes de qui ? De Naples, bien sûr. L’équipe qu’il va affronter samedi pour son premier match sur le banc de la Juve. Joli clin d’œil du destin. Mais à cette époque-là (2002), Naples est loin d’être la magnifique équipe qu’elle est aujourd’hui. Les Partenopei galèrent en Serie B, et Alessio devient tour à tour collaborateur de Franco Colomba, puis adjoint d’Andrea Agostinelli sur le banc napolitain. Mais lors de l’été 2004, Naples fait banqueroute et se retrouve en quatrième division. Alessio se voit alors proposer sa première véritable expérience sur un banc de touche. Ce n’est pas encore la Juventus ou le Milan AC, mais l’Imolese, elle aussi équipe de D4. La saison n’est pas un franc succès. L’équipe termine 15e du classement et est dissoute à la fin de l’année à cause d’irrégularités de bilan budgétaire. Deuxième exil pour Alessio, qui se retrouve à la Massese, en D3. Une 13e position, un bon début de saison suivante, et le voilà propulsé à la SPAL en mars 2008. C’est là-bas qu’il obtiendra le meilleur résultat de sa jeune carrière de coach : une qualification pour les play-offs. Pourtant, les dirigeants ne prolongent pas son contrat, et l’ancien milieu de terrain se retrouve à pointer au Pôle Emploi.

Commence une période de chômage assez difficile qui va durer près de deux ans. Interminable. Il est finalement sauvé par un certain Antonio Conte, qui lui propose de devenir son adjoint sur le banc de Sienne, en Serie B. Ensemble, ils mènent Sienne à la montée en Serie A, un véritable exploit. La Juve, qui cherche un nouvel entraîneur après l’échec de Del Neri, se tourne vers Conte. Le beau Antonio accepte, mais à une seule condition. Il peut ramener avec lui son bras droit, son Angelo Alessio. La suite, on la connaît. Un titre de champion d’Italie avec la Vieille Dame, pas la moindre défaite en championnat depuis leur prise de fonction le 31 mai 2011, l’implication dans l’affaire Calciopoli, la suspension, la réduction de peine, le retour. Place au présent. Un présent qui, pour Angelo Alessio, commence demain. Antonio Conte reviendra pour sa part le 9 décembre. D’ici là, Alessio aura le temps d’affronter Naples, l’Inter, la Lazio, Chelsea, le Milan AC et le Shakhtar. Ça, c’est sûr, c’est autre chose que l’Imolese ou la Massese.

Eric Maggiori
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