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Mais qui es-tu, Aliko Dangote ?

Selon ses dires, il est plus riche qu'Oprah Winfrey. Selon les rumeurs, il compterait bien racheter Arsenal. Mais qui est donc Aliko Dangote, l'homme d'affaires le plus puissant du continent africain ?

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Juillet 2007. Avec plus d'un milliard et demi d'actifs, le magazine Forbes annonce que « la personne noire la plus riche du monde » se nomme Oprah Winfrey. Tapi dans l'ombre, un homme se lève seul face aux médias, et prend la parole pour dénoncer l'injustice : « Je suis bien, bien plus riche. » Son nom ? Aliko Dangote. Un homme d'affaires nigérian méconnu du grand public, qui a fait fortune dans le commerce de ciment. À l'époque, le magnat vient d'introduire deux de ses treize sociétés sur le Nigerian Stock Exchange, la bourse nigériane, et la valeur de ses parts est déjà estimée à plus de dix milliards de dollars. Huit ans plus tard, force est de constater qu'Aliko n'a plus vraiment de rivaux : avec une fortune estimée à 25 milliards de "Georges Washington", le magazine américain l'a officiellement désigné en mars 2015 comme la personnalité la plus riche d'Afrique. Un titre honorifique qui permet aujourd'hui de mettre un visage sur ce patronyme longtemps sous-estimé. Fort de ses dizaines d'usines implantées dans quatorze pays du continent, l'actuelle 43e fortune mondiale pèsera bientôt à hauteur de 10% du PIB du Nigeria, l'un des États les plus riches d'Afrique.

Ciment et junte militaire


S'il peut envisager l'avenir avec sérénité, Aliko ne compte pas s'arrêter là. Parce que la possession flétrit toute chose, il ne lui reste que le désir. Et son désir, depuis de longues années, c'est de mettre un pied dans le monde du football. Si possible au Arsenal FC, le club de son cœur, comme il le répète à l'envi depuis plusieurs mois. « J'espère encore pouvoir acheter l'équipe un jour. Je pourrais l'acheter maintenant, mais je ne veux pas payer un prix ridiculement élevé, plutôt à un prix face auquel les propriétaires actuels ne pourraient pas résister, expliquait-il en mai dernier à Bloomberg Business : « Pour le moment, je veux amener mon entreprise à un certain niveau. Nous avons seize milliards de dollars d'investissements prévus dans les prochaines années. Mais une fois que j'aurai terminé avec mon projet de raffinerie de pétrole, alors peut-être que je tenterai à nouveau ma chance. » Ce n'est en effet pas la première fois que le richissime Nigérian drague les Canonniers. En mai 2010, il avait déjà tenté d'entrer dans le capital du club londonien à hauteur de 16% avant de se faire éconduire par Stan Kroenke, le businessman américain qui détient 67% des parts du club. Sauf que depuis ce petit raté, sa fortune s'est multipliée.

Vidéo

À l'origine de son empire, une histoire d'ascension sociale maintes fois contée. Issu d'une famille commerçante de Kano, dans le Nord du Nigeria, le jeune Aliko met rapidement à l'épreuve son sens des affaires. En 1977, la vingtaine à peine entamée, son oncle lui prête 500 000 nairas - environ 2300 euros - et lui offre trois camions de dix tonnes pour vendre du ciment, une matière alors rare et chère sur le continent. Une fois le business lancé, Aliko prospère : un camion rapporte 1400 nairas par jour, et le prêt est rapidement remboursé. Mais c'est vraiment au tournant des années 80 que l'empire s'étend. D'abord parce qu'il diversifie ses activités commerciales en créant en mai 1981 le Dangote Group, qui se lance progressivement à l'assaut de Lagos, la capitale économique du pays. Ensuite parce qu'il profite dès 1983 de l'arrivée au pouvoir de la junte militaire, qui emprisonne de nombreux concurrents pour corruption. Surfant sur l'aubaine, Aliko investit dans les marchés laissés vacants, notamment dans le secteur alimentaire. Et qu'importe, au final, si sa collusion avec la junte lui sera longtemps reprochée, tout comme sa proximité avec le président Olusegun Obasanjo, dont il a financé la réélection en 2003.

Raffinerie et grands principes


La suite, c'est une montée en puissance jamais démentie de son groupe, couronnée par un voyage décisif en Amérique du Sud, en 1999 : « Je pensais que le Brésil et le Nigeria se situaient à peu près au même niveau, parce qu'à cette époque, on entendait dire que le Brésil était une nation très endettée. Mais quand j'y suis allé, j'ai découvert une industrialisation massive. Incroyable. J'ai commencé à réfléchir en me disant "Comment se fait-il qu'il y ait un tel développement de l'industrie au Brésil et pas au Nigeria ?" À mon retour, j'ai décidé de me lancer dans l'industrie. » Fini le commerce, place aux usines. Sans délaisser le ciment, le conglomérat s'implante peu à peu dans d'autres secteurs comme le gaz, le textile ou le transport. Avec, à chaque fois, les mêmes principes martelés : « Réinvestir ses profits dans le pays au lieu de cacher l'argent dans des coffres suisses, mener un train de vie modeste et tout miser sur le marché intérieur du pays le plus peuplé d'Afrique. »

Fort de ses soutiens politiques, réputé philanthrope, Aliko Dangote a surmonté tous les obstacles et survécu à toutes les affaires. Autant dire que les 1,3 milliard d'euros nécessaires au rachat d'Arsenal ne sont pas de nature à effrayer le nouveau roi du gazole. « Lorsque nous en aurons fini avec cette raffinerie, d'ailleurs nous sommes sur la bonne voie, je vais avoir assez de temps et de ressources suffisantes pour payer ce que me demande le board d'Arsenal » , a-t-il récemment indiqué à la BBC, avant d'ajouter, même si peu d'observateurs en doutent : « Je maîtrise parfaitement ma stratégie. » Au contraire, visiblement, des décideurs londoniens, accusés par notre homme d'avoir des oursins dans les poches. En futur dirigeant milliardaire qui se respecte, Aliko Dangote a déjà quelques leçons à donner : « Les Gunners ont besoin d'une autre stratégie directionnelle. Ils ont besoin d'avoir davantage d'objectifs qu'en ce moment, où ils ne font que former des joueurs pour les vendre ensuite. » Stan Kroenke ferait bien de se méfier : au Nigeria, on n'a pas seulement du pétrole, on a aussi des idées.

Par Christophe Gleizes
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