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Mais que devient le GF38 ?

Leader de CFA, le GF38 est notamment à la lutte avec un autre glorieux ancien, le RC Strasbourg, pour la montée en National. Sauf que derrière la belle remuntada opérée depuis deux ans par les hommes de Saragaglia, les défis sont aussi nombreux que les défaites de Mecha Bazdarevic.

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Pour les mauvais blagueurs, le Grenoble Foot 38, c'est un peu le Fukushima à la française, un endroit que les Japonais désertent une fois le soleil passé et le raz-de-marée annoncé. Ce qui devait être un modèle d'amitié et de succès franco-nippon n'a donc tenu qu'une poignée d'années, le temps pour les Ljuboja, Akrour ou Sofiane Feghouli de gagner quelques matches en L1 et de truster quelques jours le haut du panier quand vient la fin de l'été et que les gros poissons sont encore occupés à bronzer. Une embellie longue d'à peine un an, avant la longue descente vers un enfer nommé "dépôt de bilan", une ultime saison en pro en L2 à écumer le fond de la cuvette et à voir les finances se creuser inexorablement pour finir droit dans le mur. Encore aujourd'hui, Olivier Saragaglia, l'actuel entraîneur de l'équipe qui a pris sa première licence grenobloise en 1978, ne comprend pas comment on a pu mener son club de toujours vers une telle déroute : « Bien sûr qu'on aurait pu éviter un tel gâchis. Comment ? En vendant les meilleurs éléments de l'année lors de l'année en L2, on aurait dégagé des fonds suffisants pour ensuite repartir en National avec les jeunes du centre de formation. »

Trop beau comme scénario. Le 5 juillet 2011, la SASP n'est plus et le club ne peut que laisser filer gratuitement tous ses joueurs, y compris ses jeunes pépites du centre de formation, dont les plus doués comme Florian Thauvin (Bastia) ou Saphir Taïder (Bologne) ont frôlé le titre de champion de France U19, finalement empoché par le PSG. Qui veut reprendre le flambeau ? Les investisseurs fantasques se manifestent, mais le seul qui a vraiment l'envie de redorer les anciennes couleurs de Youri Djorkaeff ou Gustavo Poyet, c'est Alain Fessler, avocat de métier et président d'association par passion : « Quand le club s'est cassé la gueule, je me suis battu pour rester et faire en sorte qu'il ne reparte pas en Division d'honneur, comme cela aurait dû arriver. Je m'en sentais moralement obligé. » Le boss rameute alors les troupes, pour la plupart bénévoles, pour œuvrer dans l'ombre de l'équipe fonctionnant aujourd'hui avec 18 contrats fédéraux, sur un groupe de 22 joueurs, un ratio énormissime à ce niveau. « Nos éducateurs ont accepté de réduire leurs dédommagements, mais le gros des troupes est constitué de gens qui donnent de leur temps pour aider le club à fonctionner » , rappelle gentiment Alain Fessler à ceux qui croiraient que le GF38 roule encore sur l'or au vu de ses moyens sportifs. Ne serait-ce pas plutôt le sens du sacrifice ?

Corte, point de départ de l'opération remontée

Côté sportif justement, la reconstruction d'un groupe et d'un staff va d'abord prendre des allures de chemin de croix. Qui peut constituer une équipe à moins d'un mois de la reprise ? Olivier Saragaglia, ancien joueur ayant passé quelques saisons à Lesdiguières en D2 avant de passer neuf ans entre la formation et la réserve, s'en souvient : « Après le dépôt de bilan, je pars avec Chambéry, engagé en CFA. Le GF38 devait, lui, repartir en DH. Et finalement, au cours de la préparation, j'apprends que mon nouveau club est rétrogradé un niveau en dessous par la DNCG quand le GF38 est lui repêché en CFA2. Je suis revenu ici et il me restait que quinze jours pour faire un groupe compétitif, sans faire n'importe quoi. » Une mission impossible qui prendra un peu plus de temps, mais qui est tout de même menée avec une idée conductrice : rebâtir une équipe de Grenoblois purs et durs, capables de se battre pour des valeurs partagées. D'ailleurs, l'intéressé le concède sans se cacher : en période de recrutement, il accorde sa priorité à des natifs de la capitale des Alpes ou des éléments passés par la formation de la Poterne, centre d'entrainement des Grenoblois. L'histoire lui donne raison dès la première journée en CFA2 et un déplacement à Corte, qui fera parler dans une cohorte de médias français : avec douze joueurs, dont trois gardiens sur la feuille de match, le GF38 l'emporte sur l'île de beauté pour lancer l'opération remontée de la plus belle manière qui soit.

Au milieu, le président Fessler et à droite, le coach Olivier Saragaglia


Sans sourciller, le GF38 remonte dès sa première année et se voit aujourd'hui jouer les premiers rôles avec un effectif déjà taillé pour le National, comme le pense Saragaglia : « On regarde loin et si on a la chance de monter dès cette année, il ne nous manquera pas grand-chose par rapport aux gros des équipes de ce niveau. On n'a peut-être pas le niveau de Metz ou Créteil, mais pour le reste... » Il faut dire que peu sont les équipes de la quatrième division hexagonale à pouvoir s'entrainer sur des infrastructures de pro ou à jouer devant 2000 spectateurs de moyenne dans un stade flambant neuf. Pas étonnant dès lors qu'on retrouve dans le groupe actuel des garçons ayant déjà tâté de la L2, comme Hugo Cianci (ex Boulogne), Julien Delétraz (ex Tours), voire à la L1 avec Jean-Mathieu Descamps (ex MHSC) ou à la MLS dans le cas de Julien Baudet (Colorado Rapids, Seattle Sounders). On ne mentionnera pas le cas de Malek Cherrad, le disparu de l'Atlas revenu au bercail, mais qui n'a disputé à l'heure actuelle que 48 minutes de jeu après avoir enchaîné un combo suspension-blessure de six matches. Aujourd'hui premiers – avec quelques matches en plus à jouer – les Grenoblois risquent en tout cas de se bagarrer jusqu'au bout avec le RC Strasbourg de Stéphane Noro. A moins que Mulhouse ou Lyon-Duchère ne change la donne par surprise.

"La L2 sous cinq ans..."

Mais si en surface, le soleil brille sur le parc Mistral et l'arène qu'il abrite entre l'hôtel de ville et la ligne C du tramway, les défis ne manquent pas dans l'ombre. Il y a d'abord tout à restructurer, la formation grenobloise ayant par exemple sévèrement pâti des compteurs remis à zéro. « 28 jeunes, parmi lesquels les meilleurs évidemment, nous ont quittés après le dépôt de bilan. Nos U19 nationaux sont descendus et risquent d'en faire de même cette année. Nos U17 nationaux ne sont pas au mieux eux non plus. Mais on s'aperçoit que ce sont des niveaux importants pour le vivier d'un club. Voilà pourquoi on aimerait retrouver la L2 sous cinq ans, afin de retrouver le professionnalisme et notre agrément de centre de formation » , pose Alain Fessler au sortir d'une audience au tribunal. Pour autant, est-ce le nœud du problème ? Oh que non. Comme souvent, l'argent reste le nerf de la guerre et comme l'a rappelé le président sur les ondes d'une radio locale en décembre, le GF38 aura besoin d'un « business angel » ou du soutien de plusieurs entreprises locales pour poursuivre son redressement. « Si on ne structure pas le club déjà au niveau administratif, avec quelques emplois à plein temps en comptabilité ou secrétariat, on va avoir du mal. Même si on est mis dans de bonnes conditions sur le plan sportif, le reste du club, c'est l'essence qui fait tourner notre moteur » , souligne lucidement Olivier Saragaglia.

Sauf qu'avant de parler emploi, il faudra éviter de se faire enlever trop de points bêtement et éponger le passif de l'association, s'élevant au sortir de la crise à 198 000 €. Une somme des parts détenues dans la SASP. Une somme que le club tente tant bien que mal de combler grâce aux bénéfices dégagés chaque année. « Même si on finit à 80 000 € d'excédent cette année, on sera toujours à – 70 000 sur cette ligne comptable, qui ne correspond en rien à nos fonds propres, domaine dans lequel on s'améliore d'année en année » , déchiffre Alain Fessler. La DNCG ne l'a en tout cas pas entendu de cette oreille et a décidé d'infliger le 7 mars dernier un point de pénalité en championnat au GF38. Chose que ne comprend toujours pas son taulier, pour qui un recours devant le CNOSF devrait être envisagé. Un point qui s'ajoute d'ailleurs à une autre unité retirée par la FFF après des débordements lors d'un match contre Villefranche-sur-Saône et qui fait dire à Me Fessler que ses protégés ont peut-être du mal à supporter la pression de faire remonter le club coûte que coûte : « Nous sommes l'équipe la moins sanctionnée au niveau des fautes et celle sur qui on en commet le plus. Pour autant, on arrive à prendre énormément de cartons et à empiler les suspendus. Il faut qu'on m'explique pourquoi... » Sans doute parce que son joujou n'a d'autre choix que de grandir à tous les niveaux.

Par Arnaud Clement
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