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Mais qu'est-ce qui pourrait bien arrêter Leipzig ?

Leader invaincu après onze journées de championnat, Leipzig est en pleine confiance. En quelques mois seulement, le coach Ralph Hasenhüttl a mis au points une véritable machine à jouer et à marquer. Mais qu'est-ce qui pourra donc enrayer l'inévitable ascension du RBL ?

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Le manque d'expérience


Avec vingt-quatre ans de moyenne d'âge, l'effectif du RB Leipzig est le plus jeune de la Bundesliga. Un groupe de vingt-cinq joueurs, où moins du quart a déjà goûté aux joies de l'élite allemande avant cette saison : les défenseurs Marvin Compper (168 matchs avant cette saison), Kyriakos Papadopoulos (94) et Willi Orbán (2), les milieux de terrain Dominik Kaiser (10) et Rani Khedira (9), ainsi que les attaquants Timo Werner (95) et Davie Selke (34). C'est très peu, trop peu pour espérer pouvoir résister aux autres cadors du championnat, où les joueurs d'expérience sont légion. Au vu du jeu proposé, le RB Leipzig réalisera certainement un joli parcours cette saison. Mais il se fera forcément avoir par de multiples coups de vice de la part des darons de la BuLi, refusant de voir un néophyte venir jouer avec l'objet de leur convoitise. Ou pire encore : le promu sera lésé par les arbitres.

La trêve hivernale


Ah, la trêve hivernale... La fin du marché de Noël, le réveillon, la Saint-Sylvestre, les jours de repos en famille, les stages en équipe dans les pays chauds... Bref, un mois de pause pour bien déconnecter. Sauf que « Multam malitiam docuit otiositas » , comme disait Caton l'Ancien. L'oisiveté a toujours enseigné beaucoup de mal. Demandez donc à Hoffenheim, champion d'automne lors de la saison 2008/09 pour sa première dans l'élite. Le TSG a fini l'exercice à la septième place. Et pas seulement parce que Vedad Ibišević (dix-huit buts lors des dix-sept premiers matchs) s'était fait les croisés.

Le FC Bayern Munich


Vingt-six titres de champion d'Allemagne (vingt-cinq depuis 1963), dont quatre acquis lors des quatre dernières saisons, ce qui n'avait jamais été réalisé en Germanie. Inutile de dire que soulever le Meisterschale est un « devoir » du côté de Munich. Carlo Ancelotti a été recruté pour remporter la Ligue des champions ? Rien à faire. La priorité, c'est le championnat. Hors de question de laisser un club qui n'a pas encore huit ans remporter son premier trophée majeur à peine arrivé dans la cour des grands. Mi-mars, alors que Leipzig trône toujours en tête de la Bundesliga, Carlo Ancelotti reçoit un SMS à la mi-temps du huitième de finale retour Bayern Munich-Leicester City. « Laisse tomber. On a mieux à faire. Faut d'abord s'occuper de la baraque avant de penser à faire les fous dehors. Uli. » Les Bavarois se font sortir de l'Europe sans gloire par les Foxes, mais feront le cinq à cause du niveau local. Ouf. L'honneur est sauf.

Les hipsters


Leipzig, c'est le nouveau Berlin, qu'ils disent. Jolie ville pleine d'histoire, de nombreux immeubles abandonnés, de hangars désaffectés... Bref, en quelques années, « Hypezig » est devenu le nouveau paradis de celles et ceux qui se revendiquent alternatifs. Sauf qu'en football, le club de hipsters, c'est le Borussia Dortmund. Et les néo-supporters vivent très mal le fait que leur « club de cœur » depuis le début de l'année civile soit obligé de se battre avec une équipe qui a une multinationale comme soutien. « C'est pas cool, tu vois... » 4 février 2017 : 19e journée de Bundesliga, choc au Signal Iduna Park entre Dortmund (2e) et Leipzig (1er). Juste avant la mi-temps, alors que le score est de 1-0 pour le RBL (Naby Keita, encore lui), plusieurs imbéciles décident de balancer des bouteilles de Baola (la dernière limonade à la mode outre-Rhin) sur la pelouse. Les trois quarts d'entre elles fracassent les crânes des joueurs du RBL, qui sont contraints d'abandonner la rencontre. La plupart des joueurs de Leipzig ne pourront pas finir la saison. Le promu finit tout de même sur le podium, tandis que le BvB remporte le championnat, pour la plus grande joie des hipsters... qui se mettent du coup à soutenir Schalke, « parce que c'est plus cool, tu vois... »

Rien


Cette équipe a beau être jeune, inexpérimentée et détestée dans tout le pays, rien ni personne ne pourra l'empêcher d'écrire la plus belle page de l'histoire de la Bundesliga. En Allemagne, on a déjà vu un promu soulever le Meisterschale l'année suivant son accession à l'élite : c'était Kaiserslautern, en 1998. Sauf que le club de Rhénanie-Palatinat avait déjà marqué le football allemand de son empreinte, remportant notamment trois championnats et deux Coupes d'Allemagne par le passé. Là, Leipzig peut devenir le premier club à remporter la Bundesliga pour sa première saison dans l'élite. Il faut remonter à 1962 pour voir un tel exploit dans un « grand championnat » : c'était Ipswich Town, en Angleterre. Sauf que pour le RB, cela pourrait prendre une tout autre dimension : ce serait le premier club d'une ville de l'ex-RDA à remporter la ligue créée par l'Allemagne de l'Ouest.

Par Ali Farhat
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