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Mais pourquoi donc l'Italie se complique-t-elle ainsi la vie en poule ?

En perdant 1-0 contre le Costa Rica, l'Italie a renoué avec sa tradition en Coupe du monde : ne jamais se qualifier au bout de deux matchs de poule. Le font-ils exprès ? C'est bien possible.

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Et voilà que l'Italie a de nouveau peur. À cause de sa défaite surprise et un brin ridicule contre le Costa Rica (1-0), l'équipe de Cesare Prandelli est tombée toute seule dans un piège que le monde lui annonce volontiers meurtrier : pour voir les huitièmes de finale, il lui faudra désormais passer sur le corps de l'Uruguay. L'Uruguay de Luis Suárez, jouant sur une jambe, mais auteur d'un doublé de classe internationale contre l'Angleterre. L'Uruguay, donné pour mort, mais jamais mort. L'Uruguay, qui élève 1,37 footballeur par kilomètre carré. L'Uruguay, que l'Italie a toujours eu tant de mal à battre. L'Uruguay, que son capitaine Diego Lugano présente comme ceci : « Petit pays, grand enfer » . L'Italie a de nouveau peur, mais pas son sélectionneur national Cesare Prandelli, qui a tenu à éteindre le feu national d'une manière étonnamment sereine sitôt qu'il s'est présenté en conférence de presse d'après-match, alors que les journalistes de son pays le pressaient de s'expliquer sur le désastre : « Pas de panique. »

Pas de panique ? Non : pas de panique. Prandelli connaît sans doute les chiffres : l'Italie, dans sa longue, très longue, très, très longue histoire, ne s'est qualifiée que deux fois pour le tour suivant au bout des deux premiers matchs de poule : en 1978, et en 1990. Le reste : des compétitions débutées en boitant, ou en s'auto-sabotant pour le plaisir. Quatorze victoires, dix défaites et seize matchs nuls en poule de Coupe du monde. Un rythme d'équipe à peine supérieure à la moyenne, pour le second plus gros palmarès mondial : quatre victoires finales (plus deux défaites en finale). Le titre de 1982 est devenu plus qu'un étendard de cette contradiction apparente, la mère de toutes les batailles italiennes. En Espagne, la sélection de Bearzot avait démarré de la pire manière possible, ou en tout cas de la plus risible : un nul contre la Pologne (0-0), un nul contre le Pérou (1-1), un nul contre le Cameroun (1-1). Incapable de créer du jeu, incapable de marquer, ou presque. Quelques jours plus tard, elle battait à la file l'Argentine, le Brésil et la RFA, comptait dans ses rangs le meilleur buteur de la compétition, et s'offrait le plus invraisemblable triomphe de l'histoire. En 2006, date de sa dernière victoire, le onze de Marcello Lippi avait emprunté le même genre de chemin escarpé que cette année : une victoire convaincante pour démarrer (contre le Ghana, 2-0, avec un Pirlo céleste), puis une cagade contre l'équipe prétendument la plus faible du groupe (nul contre les USA, 1-1, à dix, avec un De Rossi expulsé). Avant de gagner (2-0) le match couperet contre des Tchèques qui présentaient l'une de leurs meilleures générations. Une tradition, donc, comme l'a rappelé Claudio Marchisio, l'un des plus mauvais sur le terrain contre le Costa Rica, mais visiblement aussi l'un des mieux informés : « Notre histoire nous enseigne que nous avons toujours des difficultés en poule, mais que nous nous en sortons souvent. »

Le beau à tout prix

Reste la seule vraie bonne question qui vaille : pourquoi se faire ainsi peur ? Pourquoi se foutre dans ce genre d'embrouilles quand ses deux seuls vrais concurrents, le Brésil et l'Allemagne, sont habitués à en finir au plus vite, sans discussion possible ? À vrai dire, l'Italie n'a pas de réponse rationnelle à donner. Le cliché les veut calculateurs, et n'a pas tout à fait tort. À ceux qui le disent en danger, Cesare Prandelli a de suite rappelé cette réalité : tout bien pesé, ce n'est pas l'Italie qui devra passer sur le corps de l'Uruguay le 24 juin prochain, à Natal, mais l'Uruguay qui devra passer sur le corps de l'Italie. Car en perdant par un seul but d'écart contre le Costa Rica, là où la Celeste en avait pris trois, la Nazionale s'est assurée la certitude de passer en huitièmes en cas de match nul. C'est d'ailleurs ce qu'a noté l'attaquant Lorenzo Insigne, dont le commentaire d'après-match n'a pas été celui d'un joueur, mais celui d'un comptable : « Nous avons étés bons dans notre capacité à ne pas prendre de but supplémentaire. » Autrement dit : l'important, c'est d'être encore en vie à la fin de la semaine prochaine, quand 16 des 32 équipes du plateau de départ auront rejoint les ténèbres. Pas de l'être aujourd'hui. Un autre cliché voit l'Italie comme le pays du beau à tout prix. Comme tous les clichés, il est partiellement vrai. Au fond, se qualifier au bout des deux premiers matchs de poule, c'est comme sortir dîner à 18 heures : un truc d'Allemands. Le troisième match devient alors une partie vulgaire, sans émotion ni suspense, un moment réservé « aux coiffeurs » où l'on voit s'afficher des sourires sur les visages des joueurs remplaçants – alors que si les gens remplissent les gradins des stades chaque jour de l'année dans chaque pays du monde, c'est, en vérité, pour y lire la peur et la tension.

Voilà ce que l'Italie, en perdant contre le Costa Rica, a donc décidé d'offrir au monde : ce qui fait l'essence du football. De la peur et de la tension. Un match couperet. Un match « dentro o fuori » , comme l'écrit déjà la presse italienne : dedans, ou dehors. Un match qui collera le monde entier devant son écran. Un seizième de finale, tout simplement. Un match de la peur. Qui, s'il est perdu, vaudra aux joueurs italiens de raser les murs pour éviter les tomates. Et, s'il est gagné, leur permettra d'arriver en huitièmes avec un mental supérieur à tous leurs concurrents. La mort, ou la vie. Encore et toujours.

Par Stéphane Régy, au Brésil
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jean pierre adams Niveau : DHR
L ' italie se complique la vie en poule car elle prefererai etre un canard.

Ma seance de SM m" a un peu perturbe... desole.
Danse, biatch! Niveau : Ligue 1
J'ai entendu un pote me dire que les Italiens avaient été surpris par l'environnement chaud et humide, un comble pour un pays de dragueurs ;-)

Costa Rica = Casse-toi Rocco

Blague à part, je ne raterai pour rien au Monde la confrontation entre l'Italie et l'Uruguay, ça va être sanglant!
Pour avancer caché. On peut pas leur faire confiance.

Qui peut croire qu'on va se débarrasser de la Roja, des rosbifs et de la Squaddra dans la même semaine ?
Bel article.

C'est vrai qu'avec l'Italie, on ne sait jamais où on en est.

Ce sera effectivement un seizième de finale.

Ce ne sera sûrement pas le seul.

L'Italie est légèrement mieux placée que l'Uruguay et ça ne rassure pas. C'est quand elle est en danger que la Nazionale se transcende, sinon elle a tendance à jouer la montre.

Et, à ce petit jeu-là, Suarez ou Cavani vont se faire un malin plaisir de remettre les pendules à l'heure.
volontaire82 Niveau : Loisir
Ils peuvent aussi passer avec un 0-0 bien dégueulasse hein..
Note : 3
L'Italie a eu le désavantage de jouer deux matches dans des conditions très difficiles. Ils avaient l'air complètement cuits au deuxième match.
Danse, biatch! Niveau : Ligue 1
"Au fond, se qualifier au bout des deux premiers matchs de poule, c'est comme sortir dîner à 18 heures : un truc d'Allemands. Le troisième match devient alors une partie vulgaire, sans émotion ni suspense."

Cette phrase est tellement vraie, l'Italie donne avant tout de l'émotion à ses tiffosi, pour le pays qui a inventé la Commedia dell'arte, quoi de plus normal que d'offrir une telle intensité dramatique pendant une Coupe du Monde, c'est la plus grande et la plus belle des scènes!
Rakamlerouge Niveau : National
Bel article. L'Italie que l'on croit morte, plie mais ne rompt pas, et la met propre à tout le monde à la fin du film.

Sauf à ce jeu là on peut aussi se faire dégager, comme une mozzarella bufala mal digérée. Coucou le mondial 2010.
Le-vieux-briscard Niveau : District
Le tapage de quequette des commentateurs de Bein sur Pirlo hier c'était... impressionnant.
"Même quand il ne touche pas le ballon c'est un génie" - "Même son short est magnifique"
Comment on dit kiss of death en italien? Ils vont le regrettés puis la civ va mater le coco en 8e ben super
Comment on dit kiss of death en italien? Ils vont le regrettés puis la civ va mater le coco en 8e ben super
Oui on a l'habitude de ces 3è matchs de la peur mais là, c'est l'Uruguay. Et j'ai remarqué qu'il y a deux types d'équipes contre lesquels l'Italie a du mal.

Celles d'Am Sud et celles des Balkans comme la Croatie par exemple.

Mais de toute façon, si l'Italie se fait éliminer, il serait bien qu'une sorte d'Etats Généraux s'opèrent parce que, que ce soit en club ou bien en équipe Nationale, c'est quand même la crise, faut pas se leurrer.

Ca manque cruellement de leaders techniques, Marchisio et Candreva, ça doit être les milieux les plus faibles de l'Italie depuis des lustres en CDM.
La défense centrale aussi fait peur, ok Barzagli a progressé depuis 2006 mais c'est pas Cannavaro, Nesta, Baresi ou Costacurta quoi.

Je sens une une bonne période de pain noir mais la vie s'opère en cycles.
En les regardant marcher au trot j'avais l'impression que les ritals avaient trop forcé sur les spaghettis arrabiata au déjeuner...la voilà l'explication!
Alimurene Niveau : DHR
Message posté par Paic
L'Italie a eu le désavantage de jouer deux matches dans des conditions très difficiles. Ils avaient l'air complètement cuits au deuxième match.


Désolé l'ami, je n'ai pas réussi a lire ton commentaire ton je suis hypnotisé par ton avatar... :)
Alimurene Niveau : DHR
-ton + tant. Désolé.
Note : 1
Message posté par kikette38
Oui on a l'habitude de ces 3è matchs de la peur mais là, c'est l'Uruguay. Et j'ai remarqué qu'il y a deux types d'équipes contre lesquels l'Italie a du mal.

Celles d'Am Sud et celles des Balkans comme la Croatie par exemple.

Mais de toute façon, si l'Italie se fait éliminer, il serait bien qu'une sorte d'Etats Généraux s'opèrent parce que, que ce soit en club ou bien en équipe Nationale, c'est quand même la crise, faut pas se leurrer.

Ca manque cruellement de leaders techniques, Marchisio et Candreva, ça doit être les milieux les plus faibles de l'Italie depuis des lustres en CDM.
La défense centrale aussi fait peur, ok Barzagli a progressé depuis 2006 mais c'est pas Cannavaro, Nesta, Baresi ou Costacurta quoi.

Je sens une une bonne période de pain noir mais la vie s'opère en cycles.



c'est vrai que Varane, Sakho et Kos c'est digne des plus grands...Hormis le premier qui a un grand potentiel, c'est quand même faible à coté de Chielini, Barzagli et Bonnuci.

Les leaders techniques ? Marchisio, Candreva, Pirlo, Motta et Verrati c'est plutôt pas mal niveau touché de ballon quand même. Certes, c'est pas Matuidi, Cabaye et Pogba mais presque !

Sérieusement faut arrêter de raconter n'importe quoi.
Bel article Mr Régy ! Les contexte de 82, 94, 2002 ou 2010 étaient différents. Depuis l'Euro 2012, la Nazionale est devenu le seul orgueil de l'Italie, un mur porteur résistant au milieu des ruines. Les grands Clubs italiens sont semblables aux Real, Barca, Boca, River et autres grands clubs d'Europe ou d'Amérique du Sud, éternels, ils renaîtront de leurs cendres. Mais la Nazionale est un joyau qui ne peut rester dans l'ombre trop longtemps, car elle est semblable à un hymne qui fédère une Italie souvent divisée par les extrémismes politiques et le régionalisme exacerbé. Quand Pertini (ancien résistant et Président Italien au moment du sacre en 82) évoquait les larmes aux yeux la joie de voir l'Italie enfin glorifiée de manière saine, une première depuis la guerre de 40, il n'imaginait pas que l'on pourrait un jour séduire l'Europe par autre chose que notre intelligence de jeu et notre abnégation. Pourtant, il y a deux ans c'est arrivé, pour mon plus grand plaisir. Pirlo, orfèvre stratège, auteur d'un Mondial 2006 de haute volée récoltait bizarrement sur ses vieux jours les lauriers d'une grande carrière passée jusque là sous silence, et c'est la galerie d'artistes ( Mazzola, Rivera, Giannini, Robby Baggio, Del Piero, Totti...etc...) oubliés ou sous-estimés produit par notre pays durant des décennies qui d'un seul coup semblait acquérir une reconnaissance internationale (Européenne du moins) inespérée. J'ai toujours soutenu Prandelli pour son ouverture d'esprit, son humanité et son amour du beau jeu sans jamais renier les valeurs du football italien. Le souvenir qu'il laissera dépend malheureusement beaucoup de ce match qui se profile face à l'Uruguay, mais j'espère qu'il réussira avec ses idées car l'Italie possède plus que du coeur et de l'organisation. L'Italie a du talent et si elle survit à l'enfer climatique de Natal vs Uruguay, je sais qu'elle pourra le démontrer en 8ème à Rio. A l'heure où la France du foot est en ébullition devant la forme éclatante de son équipe nationale et c'est bien normal, j'ai l'espoir de vivre encore qq émotions et de voir cette équipe écrire une nouvelle page de son histoire, défiant toute logique et synthétisant d'une certaine manière toute la magie du football.

Un cuore sempre azzurro.
PollosHermanos Niveau : District
Très bon article, qui montre combien l'Italie est une nation ô combien singulière dans le foot. Je les vois passer sans trop de panique à bord contre l'Uruguay, ils n'ont besoin que d'un nul, la Céleste devra faire le jeu ce qu'elle fait plutôt mal. Malgré le Pistolero, les italiens vont sûrement gérer sans stress la rencontre avant de planter un but sur la fin. Daje Azzurri
maxlojuventino2 Niveau : DHR
Bon là je crois qu'on a plus le choix, il faut repasser en 3-5-2, on a besoin de certitudes et de retrouver une défense solide, surtout que c'est un match qu'on ne doit pas perdre. Il s'agira donc de ne pas prendre de but...

les trois de la Juve derrière, Darmian à droite, De Sciglio à gauche.

Pirlo, De Rossi(en espérant qu'il puisse jouer) et Marchisio au milieu.

Immobile et Balo(ou Insigne/Candreva) devant.
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