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Mais enfin, Andy Delort, qu’est-ce que tu fous ?

Andy Delort ne s’est toujours pas pointé à un seul entraînement du Stade Malherbe depuis la reprise. Son arrêt de travail, qui devait prendre fin le 7 août, est prolongé « pour une durée indéterminée » , dixit Xavier Gravelaine. Mais comment l’une des révélations du dernier championnat a-t-elle pu se retrouver embarquée dans une situation pareille ?

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Avec douze buts inscrits et deux passes décisives, Andy Delort est l’un des grands artisans de l’excellente saison 2015-16 du Stade Malherbe, qui a décroché au passage le deuxième meilleur classement de son histoire en première division (7e). Sa première partie de saison, surtout, avait marqué les esprits, à l’image de cette praline monumentale décochée dans la lucarne de Steve Mandanda pour sa première apparition sous les couleurs caennaises, au Vélodrome (0-1). L’an passé, Andy Delort est le joueur qui a le plus frappé au but en Ligue 1 après Zlatan Ibrahimović. Dans son style caractéristique tout en puissance et en explosivité, à la pointe d’un système de jeu qui lui était entièrement dévoué dans les trente derniers mètres, bénéficiant de la confiance absolue de son entraîneur et du tranquille cadre de vie normand pour faire ses gammes sans pression, Andy Delort semblait parti pour tout casser. Pourtant, dans la foulée d’un transfert avorté aux Tigres de Monterrey – l’équipe d’André-Pierre Gignac –, Andy Delort a disparu des écrans radars. À quelques jours de la reprise du championnat, il continue de sécher l’entraînement, espérant sans doute être transféré avant la fin du mois d’août. Mais n’est-il pas le seul à souffrir de cette situation ?

Une histoire de faux départs


Andy Delort ne s’est de toute façon jamais rendu la vie facile. Passé par Nîmes, Ajaccio et Metz, où il enchaîne les saisons moyennes, il explose presque par surprise lors de son passage au Tours FC, et termine co-meilleur buteur de Ligue 2 en 2013-14 avec 24 cacahuètes, en plus de huit passes décisives. À seulement 22 ans. Une ligne de stats qui ne passe pas inaperçue... Lens est sur les rangs pour s’offrir le diamant brut, mais se voit finalement interdit de recrutement à cause de l’imbroglio Mammadov. Transféré à la dernière minute du mercato estival en D2 anglaise, à Wigan, Delort connaît alors ses premières désillusions. Zéro but marqué, un entraîneur licencié, un temps de jeu réduit à néant : six mois seulement après son départ, Andy rentre la queue entre les jambes à Tours, en prêt. Hors de question pour lui de retourner à Wigan, relégué en fin de saison. Ça se comprend.

C’est le moment que choisit le Stade Malherbe, qui n’a pas oublié le potentiel du garçon, pour bondir, et réaliser l’un des plus beaux coups du mercato 2015. Pour moins de deux millions d'euros, Xavier Gravelaine – qui sait reconnaître un buteur quand il en voit un – s’offre l’une des sensations de la saison passée. Monstrueux jusqu’en décembre, Delort voit sa cote grimper en flèche. Il arbore sa belle gueule et sa larme tatouée sous l’œil droit jusque sur le plateau du Canal Football Club. Tout lui sourit. Et tant pis si la deuxième partie de saison du SMC laisse apparaître quelques prémices de sa capacité à s’agacer rapidement.

Sur les six buts qu’il inscrit après la trêve, trois seulement ne sont pas le fruit d’un penalty. Si la spontanéité et la soif de buts sont deux de ses qualités intrinsèques, le voilà qui surjoue et tente de frapper dès qu’il est en possession du ballon, même dans les positions les plus improbables. Pas de quoi s’affoler, néanmoins : Malherbe boucle l’exercice à quatre petites longueurs d’une place européenne, et Andy clame dès le début de l’été son intention de rester au club. Jusqu’à ce que les Tigres entrent en scène. Le club mexicain va vite en besogne et se met rapidement d’accord avec le joueur, apparemment très enthousiaste à l’idée de traverser l’Atlantique. André-Pierre Gignac, lui-même, se dit ravi de l’arrivée probable de son clone un peu plus court sur pattes : « Je peux simplement dire que j'aimerais bien qu'il vienne, c'est un jeune joueur avec beaucoup de potentiel et bon dans la surface » . Super cool, sauf que le Stade Malherbe ne l’entend pas du tout de cette oreille, et considère l’offre transmise par les Tigres comme nettement insuffisante. Le club mexicain affirme qu’il ne proposera pas davantage. Le coup est rude pour Delort, qui avait déjà réservé ses billets d’avion. Le 7 juillet, il se déclare donc en arrêt de travail, et attend que ça se décante. La situation n’a plus évolué depuis.

« Andy est en train de se foutre en l’air. »


Le problème, c’est qu’Andy Delort semble avoir entrepris une partie de bras de fer avec une souche d’arbre. Le Stade Malherbe n’est absolument pas en position de faiblesse. Financièrement à l’abri de tout besoin, grâce aux revenus engendrés par sa septième place, à la vente de Dennis Appiah (parti pour 2,5 millions d'euros à Anderlecht), et aux bonus générés par les reventes de Guerreiro à Dortmund et de Kanté à Chelsea cet été (en gros, cinq millions d'euros à eux deux), le Stade Malherbe n’éprouve aucune nécessité de vendre Andy Delort, comme l’a confirmé Xavier Gravelaine : « On n’est pas obligé de vendre pour équilibrer le budget. Cette situation ne nous pose donc pas de problème. » Pour appuyer ces dires, le Stade Malherbe a continué sa préparation de pré-saison et a investi deux millions d'euros pour recruter Ivan Santini, un buteur croate qui sort de trois grosses saisons en Jupiler League. Une façon comme une autre d’adresser à Delort un message clair : on n’a pas besoin de toi, c’est toi qui as besoin de nous.

Andy ne semble pas avoir reçu le message, et continue de pointer aux abonnés absents, quitte à rendre la situation insoluble. L’entraîneur du Stade Malherbe, Patrice Garande, en est bien conscient : « Je souhaitais continuer à travailler avec lui, mais la réalité, c’est qu’il n’est pas là, donc je ne me pose même plus la question. » Son directeur sportif, Xavier Gravelaine, qui est « allé [lui-même] le chercher en Angleterre » et qui en avait fait « [son] poulain » , prend les choses un peu plus à cœur : « Andy s’est enfermé dans un truc. On l’a prévenu mais il a pris la mauvaise route. Quand il va s’en apercevoir, il se retrouvera dans les marécages. C’est surprenant, il est en train de se foutre en l’air. »

Au rayon des invendus ?


La question est donc de savoir sur quelle issue va bien pouvoir déboucher cette situation tendue. Le Stade Malherbe a déjà prouvé l’an passé sa capacité à se montrer intraitable en phase de négociations, lorsque l’Olympique de Marseille refusait de claquer plus de cinq ou six millions pour Ngolo Kanté et balançait des tweets rageurs qu’il doit un peu regretter depuis.



Le Stade Malherbe se dit à l’écoute de toute offre qui serait à la hauteur de ses attentes pour Andy Delort – soit une petite dizaine de millions d’euros. D’accord, mais qui pourrait investir une telle somme aujourd’hui sur l’ancien Tourangeau, dont le contrat court jusqu’en 2019 ? Des rumeurs faisaient mention d’un intérêt de l’Olympique de Marseille ou des Girondins de Bordeaux, mais les deux clubs n’ont absolument pas les moyens de lâcher une telle somme. Et à l’étranger ? Si l’intérêt des Tigres montre que la cote de Delort dépasse les frontières de la Ligue 1, Xavier Gravelaine annonce n’avoir reçu aucune autre offre que celle du club mexicain. Peut-être que la demi-saison calamiteuse de Delort en Championship n’a pas laissé un très bon souvenir outre-Manche. Et la situation actuelle n’est pas faite pour améliorer son image, ou pour susciter l’envie de potentiels acheteurs. Il ne reste plus que trois semaines au joueur et à son agent pour trouver un point de chute. Sinon, il faudra bien reprendre le chemin des terrains plutôt que de continuer de scier la branche sur laquelle la réputation de Delort tient désormais en équilibre.

En attendant, le Stade Malherbe lancera sa saison samedi prochain, avec la réception de Lorient. Au fond, ce n’est pas au club de ruminer cet énorme gâchis. Peut-être daignera-t-il baisser son prix d’ici la fin août, si la situation paraît définitivement insurmontable. Pas impossible, on a bien vu Serge Aurier se rabibocher avec Laurent Blanc, hein... Et puis Xavier Gravelaine n’a pas oublié de laisser une porte ouverte : « Tout peut rentrer dans l’ordre en un claquement de doigts » . Dis-lui oui, Andy.



Par Julien Mahieu
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