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Mais au fait, ils veulent dire quoi ces blasons ?

Ils sont les premiers repères de l'identité visuelle des clubs et ont généralement une place de choix sur tous les maillots. Qu'ils soient moches, magnifiques, compliqués ou au contraire simplistes, les blasons ont tous des petites histoires à livrer.

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Club Social y Deportivo Colo-Colo


À bien y regarder, les blasons faisant la part belle à des visages humains ne sont pas si nombreux que ça. Voilà pourquoi celui du Club Social y Deportivo Colo-Colo est remarquable à bien des égards. Si le nom du club peut faire rire, il n'est nullement lié à une quelconque ville. En réalité, le club chilien est basé dans le quartier Macul de Santiago, la capitale chilienne. Pour comprendre d'où vient ce nom, il faut remonter au XVIe siècle. À cette époque, la guerre d'Arauco fait rage au Chili, dans la région d'Araucanie (au centre du pays). Ce conflit oppose depuis 1536 les colons espagnols et le peuple local mapuche. De nombreux poètes et écrivains ont relaté les événements de cette guerre, l'une des plus longues de l'histoire. Parmi eux, on retrouve Alonso de Ercilla, connu dans le monde pour son poème La Araucana. Il y évoque le destin d'un chef de guerre mapuche, Colocolo (ce qui signifie chat de montagne en mapudungun), vaillant guerrier du XVIe siècle. Alors qu'on en connaît finalement très peu de la vie de Colocolo, il est devenu grâce à ce poème un symbole de sagesse et de courage au Chili. À tel point qu'un club de football a décidé de lui rendre hommage en prenant son nom comme dénomination et en le faisant apparaître sur le blason du club. Plutôt classe. Juan Quiñones, fondateur du club, a choisi le noir et le blanc comme couleurs principales parce qu'elles représentent la pureté et la détermination. Classique.

Cardiff City F.C.


Oh, un petit oiseau. Un bluebird, pour être exact, qui doit beaucoup à la littérature. En fait, le blason de Cardiff City n'aurait jamais eu cette apparence si Maurice Maeterlinck, écrivain belge des XVIIIe et XIXe siècle, n'avait pas écrit L'oiseau bleu (en anglais, The Blue Bird). Cette pièce de théâtre en six actes raconte la quête de deux enfants pauvres chargés de ramener un oiseau bleu, symbole de pureté et de bonheur innocent, à la fille malheureuse d'une fée. Tout l'intérêt de la pièce repose sur sa morale : on ne peut capturer le bonheur et le garder jalousement. Jouée dans toute l'Europe en 1911, la pièce connaît un succès retentissant, à tel point que son auteur se voit récompenser du prix Nobel de littérature la même année. Fin octobre 1911, la pièce devait être jouée dans le nouveau théâtre de Cardiff. L'excitation dans la ville était telle qu'un supporter du Cardiff City Football Club invita toute l'équipe à venir voir la pièce. À cette époque, l'équipe jouait déjà en bleu (elle avait joué en or et chocolat jusqu'en 1908). C'est ce soir de représentation que le blue bird devint le symbole du club et que les joueurs furent surnommés les Bluebirds. Quand Vincent Tan a pris les commandes du club, il a voulu moderniser le logo pour des questions de marketing. Voilà pourquoi l'oiseau bleu s'est vu relégué au second plan par un gros dragon gallois. Devant l'ire des supporters, l'oiseau a aujourd'hui retrouvé sa place, même si le dragon est encore présent à ses côtés.

Clermont Foot 63


Au cœur de l'actualité ces dernières semaines, parce que des adjoints vont se cacher derrière Corinne Diacre plutôt que d'affronter Jean-Luc Vasseur, le Clermont Foot 63 a un bien joli blason. Si les couleurs sont ce qu'elles sont depuis la création du club, en 1990, le blason a quant à lui changé en 2004, puis en 2013. Aujourd'hui, on y retrouve bien entendu le nom du club, Clermont Foot (la mention « Auvergne » a disparu en 2013) et le numéro 63, qui correspond au numéro du département de la ville, le Puy-de-Dôme. Mais qui est donc ce cavalier qui brandit son arme au centre du bouclier. Vercingétorix, pardi ! Le chef gaulois aurait tenu tête aux armées de Jules César lors du fameux siège de Gergovie, qui se serait déroulé non loin de Clermont-Ferrand, près de Nemossos, en Auvergne. Pour rendre hommage à ce grand guerrier et à sa légende, la ville de Clermont-Ferrand décida, en 1903, de dresser une grande statue équestre dans le centre de la ville. La Troisième République cherchait alors ses valeurs dans les racines gauloises françaises, et l'histoire de Vercingétorix fut remise au goût du jour. Cette belle statue et son erreur de réalisation (la posture du cheval ne correspond pas à celle d'un cheval au galop) sont visibles sur la place de Jaude, la plus importante de la ville. Entre un cacique mapuche, un oiseau bleu et un homme qui a tenu tête aux légions de Jules César, la bataille ne durerait pas longtemps. Le Clermont Foot 63 sortirait vainqueur de cette bataille des blasons.



Par Gabriel Cnudde
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kim jung kill Niveau : CFA
Aguante Colo-colo, pour l'histoire on peut rajoute que à l'époque beaucoup de club sud américain aimaient prendre des noms anglais, choisir Colo-colo était une façon de contrer cette mode.
Toujours très agréables ces articles !

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