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Mahé : « Dans un Old Firm, tout prend des proportions incontrôlables »

Il a vécu l'âge d'or de l'AJ Auxerre sous Guy Roux, la victoire en Coupe des coupes du PSG en 1996, ainsi que les atmosphères endiablées des Old Firm sous les couleurs du Celtic. Stéphane Mahé revient sur sa carrière, et notamment ce penalty manqué en demi-finale de Coupe de l'UEFA contre le Borussia Dortmund il y a près d'un quart de siècle.

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Il y a une image forte dans ta carrière, un moment clé, c'est la demi-finale retour de Coupe de l'UEFA 1993 entre Auxerre et le Borussia Dortmund. Durant la séance de tirs au but, ta frappe est repoussée, scellant l'élimination de l'AJA. Ce penalty te hante encore aujourd'hui ?
Évidemment, c'était à ce moment-là une vraie douleur. Cela faisait suite à beaucoup d'événements qui s'étaient enchaînés dans ma vie. J'avais eu un accident de voiture en décembre 1992, et j'avais alors peu de chances de revenir avant la fin de saison. Je suis parti en rééducation, j'étais de retour sur Auxerre en février, j'ai repris les entraînements, rejoué avec la réserve... J'espérais rejouer avec mes amis, car à cette époque, on jouait avec ses « potes » , on était tous issus de la formation auxerroise. La présence de l'AJA en demi-finale de la Coupe d'Europe, c'était un événement, et donc la possibilité de retrouver le groupe pour vivre ça, c'était dans ma tête. Mais je n'imaginais pas faire pleinement partie de l'équipe. Plein d'images me reviennent, mais pas seulement le penalty, qui arrive après 120 minutes de match. Beaucoup d'images sont venues se greffer à la déception du penalty, à ce moment précis : tout ce que j'avais vécu à cause de mon accident, mais aussi de manière plus globale tout ce que j'avais vécu dans un club où j'avais été formé. Un sentiment étrange... Dans un tel moment, on est bouleversé, on fond, parce qu'on pense qu'on ne mérite pas, que je ne mérite pas de louper ce penalty-là. Personne ne mérite de louper un penalty comme ça. Je l'ai revu plusieurs fois après, et avec le recul je me rends compte que je n'étais pas préparé à aller le tirer. Est-ce que c'était à moi d'aller le tirer alors qu'il y avait encore d'autres joueurs disponibles ? C'est de la littérature...

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Il paraît que tu avais l'habitude de frapper en force, et là, tu as tenté le contre-pied...
Ouais, je me souviens que surtout, je tirais bien les penaltys. Pas vulgairement en force au centre, mais puissamment et bien placé. En revanche, je n'étais pas prêt psychologiquement à ce moment-là pour tirer un penalty décisif en demi-finale de Coupe d'Europe, avec la mort subite comme pression supplémentaire.

Mais finalement, ce penalty manqué a focalisé plus d'attention sur toi...
Je trouve que c'est toujours dommage de porter de l'attention à un échec alors qu'on a fait énormément de belles choses, en particulier sur ce match-là. On se souvient qu'on avait un match extraordinaire, en remontant deux buts de retard. Stigmatiser le penalty, c'est se focaliser sur l'aspect douloureux et occulter toute la beauté à côté. Après, c'est normal, ce penalty manqué, cela marque les esprits car l'élimination fait suite à ce penalty. J'ai bien vu que dans les jours qui ont suivi, on a beaucoup parlé de ce penalty, qu'il était bien mentionné que « Stéphane Mahé avait loupé son tir au but » ... Mais bon, cela n'a rien changé à ma vie, je suis resté le même, c'est juste qu'à ce moment-là, j'étais malheureux de ne pas avoir atteint la finale avec le club qui m'avait tout donné, avec mes potes, et que j'étais en plus celui qui avait loupé son penalty...


L'AJA de 1993, c'est Guy Roux, le 4-3-3 avec Cocard et Vahirua sur les ailes, la charnière Verlaat-Prunier, Martins en meneur de jeu... Toute une équipe qui a marqué l'âge d'or du club...
Cela va même au-delà de la Ligue des champions avec la génération Mexès, Cissé... C'est l'époque où nous étions au sommet.

Avec notamment une victoire en quart de finale de cette Coupe de l'UEFA contre l'Ajax Amsterdam de Dennis Bergkamp et Louis van Gaal, alors une référence européenne... Comment tu as vécu l'exploit ?
Douloureusement, parce que j'étais alité. Mais j'étais fier, car on a compris à ce moment que l'on franchissait un nouveau palier. L'Ajax, c'est une école de formation, nous étions sur le même registre. Se confronter à eux... Je me suis dit que l'on donnait une image très valorisante d'Auxerre et de la formation. Quand j'en parle aujourd'hui, cela peut paraître bizarre, mais à l'époque, on avait un sentiment d'appartenance. Cette appartenance, on la vivait au quotidien. Il y avait de l'amitié, parfois des coups de gueule. Mais surtout beaucoup de bons moments, et quand les matchs de Coupe d'Europe arrivaient, on savait qu'il allait se passer quelque chose. Et quelque chose de bien le plus souvent.

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Cette dynamique collective se construisait en dehors du terrain...
Exactement, on se retrouvait pour sortir dans Auxerre avec Corentin Martins, Prune (William Prunier ndlr). À côté de notre vie commune de footballeurs, on partageait une vie d'hommes, d'amis, à côté. On se retrouvait les uns chez les autres. Aujourd'hui, est-ce encore le cas entre les joueurs ? Je l'espère pour les joueurs. À notre époque, l'individualisme n'avait pas sa place. On existait en tant que joueur, en tant qu'homme, mais au-delà de tout cela, il y avait l'appartenance à un collectif, à une école de foot. Il y avait une osmose avec le club, avec la ville, et il se passait un truc à chaque match important en championnat, ou en Coupe d'Europe. Cela prenait une dimension supplémentaire, car on faisait parler de la petite ville d'Auxerre à l'échelle européenne. C'était extraordinaire, je vivais cela comme une grande fierté. Je venais de Trignac (moins de 10 000 habitants, en Loire-Atlantique ndlr), j'avais toujours dû me battre pour ma place, en sélection de Ligue, de District...


C'est pour cela que quand tu arrives au PSG en 1995, c'est beaucoup plus compliqué ?
Déjà, il faut savoir qu'à Auxerre, c'était l'école du marquage individuel, mais à Paris, on abordait déjà la défense en zone. Mais si je suis honnête, cela n'explique pas tout. Il y a un choc des cultures : moi, le gars de Trignac, qui a toujours dû se battre, pour qui Auxerre était le contexte idéal, là je débarque à Paris où il faut se battre, mais aussi se fondre dans la vie parisienne. Il y a des protocoles, il faut appartenir à des cercles, avoir des connaissances... Moi, j'étais à l'opposé de tout ça, c'était trop grand pour moi, même si j'aspirais à franchir un nouveau palier et m'approchait de l'équipe nationale.

À la même période, Patrice Loko quitte Nantes pour le PSG et pète complètement les plombs en juillet 1995...
Je ne sais pas ce qui l'a fait basculer à ce moment-là. Moi, j'ai vécu mon arrivée à Paris différemment. Il faut s'adapter dans un club où l'on a moins de temps, il faut tout de suite s'imposer. Au-delà du schéma tactique, on joue aux côtés d'internationaux. À l'AJA aussi, mais on était amis, on avait été formés ensemble. J'ai joué au départ, mais je me suis rendu compte que je ne faisais que pallier une absence d'Alain Roche. Quand il est revenu, je suis devenu remplaçant, j'entrais arrière droit, ailier, un peu n'importe où... J'ai quand même eu la chance de jouer dans un grand club, avec de grands joueurs. J'ai quand même appris.

Dans une équipe qui remporte la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupes...

Et j'ai fait des matchs, même si je n'ai pas fait la finale. Je peux donc dire que j'ai fait partie de cette équipe qui a gagné la Coupe des coupes.

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Durant cette campagne, tu affrontes ta future équipe, le Celtic...
J'étais à Rennes quand ils se sont manifestés, ils devaient être le seul club intéressé, car je n'étais pas dans une période facile. Moi, je n'avais aucun plan de carrière, donc je suis parti. Il y a pire pour se relancer, mais moi je ne savais pas, je ne connaissais pas grand-chose du club, à part son passé glorieux. Surtout, je quittais la France sans trop savoir où j'allais.

Tu allais au pays du Old Firm... Ton premier match contre les Rangers, tu dois t'en souvenir ?
Je n'ai jamais regretté d'être allé en Écosse, d'avoir fait partie de l'histoire du Celtic. Le premier Old Firm, tu le vis au travers des supporters, ce sont eux qui te donnent la mesure de l'intensité. Il y a la presse bien sûr, mais si tu te balades dans la rue et que tu croises les supporters, tu comprends que c'est le match à ne pas louper, celui qu'il faut gagner. C'est comme Saint-Étienne–Lyon, mais en exacerbé car cela remonte à plus loin, il y a la religion et plein d'autres raisons qui entrent en compte et lui donne une intensité particulière. C'est extraordinaire.


Un souvenir, une image forte ?
Cela reste le public. J'ai un attachement à ce club par le biais des supporters, qui sont exceptionnels... Ľubomír Moravčík – ancien milieu tchèque de Saint-Étienne et Bastia – a joué son premier match pour le Celtic sur un Old Firm, on a gagné 5-1 et il a marqué 3 buts. Il est devenu automatiquement un mythe. Il suffit que tu brilles sur ce match-là, tu deviens un héros. De l'extérieur, on ne comprend peut-être pas, mais quand tu le joues et que tu ressens la passion des supporters, notamment dans l'après-match... Si tu gagnes, ce sont deux semaines de bonheur complet. Dans un Old Firm, tout prend des proportions incontrôlables.

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Propos recueillis par Nicolas Jucha
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