1. //
  2. // 32ème journée

Magath et la malédiction du sang bleu

A trois journées de la fin et avec deux points de retard, le Schalke de Félix Magath n'espère plus qu'une chose : que le Bayern, encore engagé sur trois fronts, s'écroule en championnat. A commencer par ce samedi à Mönchengladbach.

0 1
Les plus anciens se souviennent de cette diagonale de fou en finale de ce qui s'appelait encore la Coupe d'Europe des Clubs Champions. On était au printemps 1983 et le Hambourg de Félix-le-chat allait terrasser à Athènes la Juve de Platini, qui n'était pas encore cette machine de guerre à usiner du trophée. Le stratège bianconero était alors considéré comme le plus grand loser du continent et le Hambourg Sport Verein officiait dans la cour des grands. Au reste, la carrière de joueur de Félix Magath peut se lire de deux façons. A l'aune des chiffres et du curriculum, le démiurge allemand peut se targuer d'avoir joué TOUTES les finales des grandes compétitions internationales : C1, C2, C3, Intercontinentale, Supercoupe d'Europe, Euro, Mondial. RIEN QUE ÇA. Au chapitre karma et réputation, le bonhomme restera en revanche un playmaker controversé comme le seront ses contemporains Wolfang Overath, Gunter Netzer ou Hansi Muller. Un trademark teuton... Sa lenteur, son manque d'élégance, son peu d'appétence pour le but, son léger embonpoint n'exciteraient jamais les foules...


Ce hiatus entre un palmarès hors-norme et une image brouillée, Magath va le trimbaler avec lui quand il opte pour une carrière d'entraîneur. Il débute pourtant celle-ci en adoptant un profil bas. D2 (Uerdingen, Bremerhaven) pour commencer... Il ferraille ensuite dans des clubs modestes du ventre à bière de la Bundesliga (Nuremberg, Hambourg -alors au fond du trou, Francfort). Hormis un passage éclair d'une demi-saison comme skipper du Werder Brême (98/99), il doit attendre l'hiver 2001 pour prendre en charge une grosse cylindrée du championnat allemand, le VFB Stuttgart. Sa dixième année comme entraîneur. L'homme est patient. Il connaît la précarité de la fonction : il s'est fait virer de l'Eintracht et du Werder. Le VFB, où il restera trois saisons, lui offre néanmoins ses premières lettres de noblesse, une Coupe de la Ligue en 2004.

Marcelo Bordon, le défenseur brésilien de Schalke Null Vier, qui a déjà été sous ses ordres (le mot est à dessein) à Stuttgart affirmait à l'automne qu'il « ne changerait ses méthodes pour rien au monde » . Ses méthodes ? Une préparation commando façon Marines où il impose à ses troupes des charges de travail physique dignes d'un triathlète. A Wolfsburg, ses joueurs le surnommaient "Saddam" ou encore "Qualix" (mix entre quälin -'torture' en allemand- et Félix son prénom). Comme souvent, cet autoritarisme fonctionne au début mais finit par s'éroder avec le temps. Son passage au Bayern (2004/janvier 07), avec lequel il réussit deux doublés coupe-championnat avant de se faire limoger durant la trêve hivernale de la troisième saison, l'atteste.

Rejeton d'un père G.I américain, originaire de Porto-Rico, trop vite parti et élevé par une mère allemande, cet enfant du métissage né dans l'après-guerre (en 1953) semble avoir toujours quelque chose à prouver, quelque moulin à vent à pourfendre. Avant même d'être titré l'an dernier avec Wolfsburg, il s'embrouillait avec les dirigeants du club de Volkswagen et décidait de tenter un improbable banco avec le Null Vier. Le vide intersidéral à la place de la Ligue des Champions. Huitième en 2008/09, criblé de dettes, doté d'un effectif pléthorique (37 acteurs au générique), miné par des querelles intestines, le club de Gelsenkirchen ne présente pas les atours d'une bella donna. Du coup, les dirigeants offrent à Magath les clefs de la maison et un confort absolu. L'ancienne patte gauche veloutée de Hambourg devient officiellement un manager général aux pouvoirs élargis, sportifs et administratifs. Désemparés, les supporters du club de Rhénanie du Nord Westphalie veulent voir en lui une sorte de Deus ex machina de la balle ronde. Des calicots "Félix, offre-nous le bouclier" fleurissent un peu partout dans la Veltins Arena. L'engouement autour des Bleus Royaux (Die Königsblauen) paraît contagieux. Malgré un début de saison encourageant, Magath reste stoïque bien conscient que les fans locaux sont prompts à l'emphase. « Nous avons peut-être stabilisé la table (lire les fondations, ndla) mais les matchs les plus durs nous attendent, les ennuis commencent. Ça prendra un certain temps » , ne cesse-t-il pas de tempérer depuis l'intersaison.

Dans un championnat un peu dingo, dominé dans un premier temps par le duo Hambourg-Bayer, Schalke reste dans l'ombre. Comme le Bayern (de façon moins spectaculaire) et Dortmund (d'une manière plus rectiligne), les hommes de Magath remontent inexorablement vers la tête. Paresseuse, la presse allemande tente le coup des comparaisons avec le Wolfsburg de l'an passé (notamment une phase retour exceptionnelle). Magath insiste pour ne pas faire de parallèles : « Avec le VFL, nous avons mis deux ans à façonner l'équipe. Le groupe a pris son temps pour grandir ensemble. Nous possédions deux buteurs (Dzeko & Grafite) et un meneur (Misimovic) d'envergure internationale. Ici, il y a Kuranyi et ce n'est pas assez » . Et comme pour se convaincre lui-même : « Et Les Loups n'ont jamais joué avec des maillots bleu et blanc » . La malédiction, encore et toujours.

Depuis la création de la Bundesliga sous sa forme actuelle (une poule unique en 1963), Schalke 04 n'a jamais été champion d'Allemagne. Il tourne autour (quatre fois deuxième) sans jamais décrocher le pompon. La décennie 2000-2010 les voit monter en régime. Les "Bleus royaux" terminent trois fois vice-champions d'Allemagne (2001, 2005 et 2007) et montent sur la troisième marche du podium en 2008. Durant cette décennie, leur plus mauvais classement sera une huitième place en 2009. Aujourd'hui encore, la perte du titre de 2001, dans le temps additionnel lors de la dernière journée (au profit de l'inévitable Bayern), hante encore les mémoires de toute la Ruhr. En 2007, après que Dortmund eut torpillé Schalke (2/0) dans le “revierderby” de la Ruhr à deux journées de la fin (ce qui lui coûtera le Meisterschaft (1), des supporters du Borussia louent un petit avion pour survoler la Veltins Arena, lors du match suivant. A l'arrière flotte une banderole : "La vie est longue sans titre en main." Aujourd'hui, tout le monde a oublié, sauf peut-être quelques bibliothécaires émérites, que les aristocrates en paletot bleus furent six fois champions d'Allemagne. Entre 1934 et 1958. Cinq de ces six titres ont été glanés sous le IIIème Reich. Magath est venu pour mettre fin à cette malédiction des sang-bleu, ces aristocratiques Königsblauen. Il a promis le titre... sans préciser l'année.

Ce ne sera probablement pas pour cette fois-ci. Idéalement placé au début du mois, le Null Vier a galvaudé ses chances en dix jours. Une défaite à la maison contre le Bayern (1/2) –qui jouera près d'une heure à dix-, une autre en suivant contre Hanovre (2/4), un relégable, que le Bayern atomisera la semaine suivante (7/0). Le tout agrémenté d'une élimination en ½ finale de la coupe (1/0 a.p) contre...le Bayern, vainqueur à Veltins Arena pour la cinquième fois de rang. « Aucun de mes joueurs ne doit plus s'embêter à penser au titre. Cette défaite est méritée, on a été trop prudent, on leur a montré trop de respect » , a regretté Magath. Peut-être qu'au fond de lui, l'ancien stratège de Hambourg ne souhaite qu'une seconde place pour les siens. Elle les qualifierait directement pour la Champions et constituerait une formidable conclusion, pour un baptême du feu, même si elle ne mettrait pas fin aux vieux démons de plus d'un demi-siècle.

Herta Berlin/Schalke, 15h30

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
vraiment un entraineur à part ce félix magath!! magnifique billet sur lui et sa carrière en tout cas. bravo ;)
il y a 6 heures 315€ à gagner avec City-Monaco, Séville & Caen-Nancy il y a 28 minutes Guardiola a hâte de voir Bielsa à Lille il y a 1 heure Acheampong fête la victoire sur un adversaire il y a 1 heure Neil Warnock veut qu'on le hue à sa mort
il y a 2 heures Christian Bassogog part toucher le jackpot en Chine il y a 2 heures L'entraîneur d'America joue le douzième homme il y a 4 heures Le poirier du coach des Rangers il y a 5 heures Une sacrée quetsche en D2 belge
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
il y a 5 heures Quand le gardien de Sutton était approché pour poser nu il y a 5 heures Une prime de 5000 livres pour les joueurs de Lincoln il y a 5 heures La chevauchée fantastique de Mavididi il y a 6 heures Berbatov cherche un club il y a 6 heures Mon Petit Gazon : les tops et les flops de la 26e journée il y a 6 heures Un joli coup franc du milieu de terrain il y a 6 heures Les golazos de Youri Tielemans il y a 7 heures Superbe geste technique raté au Mexique il y a 15 heures Volés par l'arbitre, ils protestent en laissant leur adversaire marquer trois fois
Hier à 16:34 Coup du foulard de l'espace chez les U15 de Wigan Hier à 16:10 Le golazo d'Insigne face au Chievo Hier à 14:59 Le tifo gigantesque des fans du Standard Hier à 14:33 Le golazo de Rudy Gestede Hier à 14:32 Les supporters de Millwall envahissent la pelouse Hier à 12:50 Ancelotti, un homme (de doigt) d'honneur Hier à 12:03 Ribéry rend visite à Théo Hier à 11:30 Favre en colère contre Letizi Hier à 08:34 Chamakh va rebondir en Serie B Hier à 08:13 Thibaut Courtois chanté par Shay Hier à 08:13 Pronostic PSG Toulouse : jusqu'à 390€ à gagner sur l'affiche de Ligue 1 ce week-end ! samedi 18 février La virgule petit pont de CR7 samedi 18 février Le but somptueux de Thauvin samedi 18 février Ronaldo explique son départ du Barça samedi 18 février Dwight Yorke refoulé des États-Unis samedi 18 février Suspendu six matchs pour avoir bousculé un ramasseur de balle samedi 18 février Cyril Hanouna veut racheter Guingamp samedi 18 février Un club norvégien signe un défenseur grâce au crowdfunding samedi 18 février Momo Sissoko de retour en Europe, en Serie B samedi 18 février CR7 à la télé turque avec Angelina Jolie samedi 18 février André-Pierre Gignac marque enfin samedi 18 février Suspendu 47 matchs pour avoir frappé l'arbitre vendredi 17 février Le coup franc soyeux de Dybala vendredi 17 février Des Iraniens copient Messi et Suárez vendredi 17 février Ronaldinho publie son deuxième clip vendredi 17 février But contre son camp... du milieu de terrain vendredi 17 février Les Ultramarines à l'honneur sur le maillot girondin vendredi 17 février Chabal avec les Chamois niortais
Article suivant
Le mano à Man U continue
0 1