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Magath en sursis

La réception du Bayern Munich samedi à la VeltinsArena de Gelsenkirchen constitue peut-être l'un des cinq derniers matchs à jouer pour Felix Magath. Si le fils de G.I. ne redresse pas la barre d'ici la trêve, il pourrait être forcé à plier bagage.

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« Advent, Advent, bei Schalke brennt's » (1). En ce début de mois de décembre, le torchon brûle à Schalke 04. Le club de Gelsenkirchen est certes qualifié pour les 8èmes de finale de Ligue des Champions, mais pour ce qui est de la Bundesliga, on repassera. L'an dernier, en championnat, lorsque Schalke recevait le Bayern pour le compte de la 29ème journée, les Königsblauen étaient en tête de la Bundesliga, avec deux unités de plus que les Bavarois (58 contre 56). Cette année, avec 13 points, Schalke pointe à une piteuse quinzième place, soit à 10 points du Bayern, mais surtout à 24 points du leader et grand rival qu'est le Borussia Dortmund. Dernière dérouillée en date : l'humiliation 5-0 subie chez le promu Kaiserslautern, la première défaite du genre depuis dix-huit ans. Forcément, les fans ont exprimé leur mécontentement, et à coups de « Magath raus ! » ( « Magath dehors » ) ont réclamé l'éviction de leur coach.

De demi-dieu à ennemi public ?

Pourquoi un tel revirement de situation en six mois ? Comment se fait-il que celui qui était considéré comme un demi-dieu par les fans, celui qui semblait capable envers et contre tous de ramener un Meisterschal attendu depuis cinquante-deux ans est-il désormais appréhendé comme l'homme à abattre ? La réponse se trouve peut-être dans la gestion de ses joueurs. Au mercato, Magath a dépensé 36 millions d'euros pour attirer treize joueurs dans ses filets et en a laissé partir quinze. De plus, les principaux départs, notamment en défense (Bordon, Westermann et Rafinha), n'ont pas été compensés, ou bien alors par des joueurs en net déclin (Metzelder, Sarpei), voire des seconds couteaux (Uchida, Escudero). Et ça se ressent : les Königsblauen ont déjà encaissé 24 buts cette saison en Bundesliga, contre 31 sur toute la saison dernière. Ce qui faisait la force, l'assurance du club, a tout bonnement volé en éclats. Pire encore : sur les treize recrues, sept d'entre elles ont participé à moins de six matchs cette saison. C'est maigre. Une fois de plus, l'argent est jeté par les fenêtres, comme avec Albert Streit (2). Pas sûr, donc, que tout cet argent gaspillé plaise vraiment à des supporters issus pour la plupart du milieu ouvrier.

Le match de Kaiserslautern marque un tournant dans la saison de Felix Magath. Après la défaite, il a tenu à coller le plus près possible à sa réputation. Dans l'ordre : vacances de Noël raccourcies (reprise le 27 décembre, sachant que la reprise du championnat est programmée pour le 15 janvier); horaires des entraînements avancés ; joueurs en short, sans gants et sans bonnet par -4°C ; trois joueurs relégués en équipe réserve. “Quälix” tente d'imposer cette discipline grâce à laquelle il a bâti ses succès... mais pour combien de temps encore ?

Mercredi dernier, Magath a été convoqué par Clemens Tönnies, le président du conseil de surveillance du club (le boss, quoi), pour s'expliquer sur l'épisode de Lautern et sur la situation générale du club. Quelques minutes avant ladite réunion, une information de l'hebdomadaire Die Zeit tombe ; une rumeur selon laquelle Horst Heldt, directeur sportif de Schalke 04, souhaiterait d'une part limiter les fonctions de manager de Magath et d'autre part faire venir le Suisse Christian Gross sur le banc de Schalke. Cette information n'est pas anodine, car Heldt et Gross ont travaillé ensemble à Stuttgart l'an dernier. Christian Gross est de surcroît libre de tout contrat depuis qu'il s'est fait virer du VfB Stuttgart le 13 octobre dernier. Si Tönnies a certes démenti cette rumeur, le message est néanmoins on ne peut plus clair pour Felix Magath. A lui d'engranger un maximum de points lors des trois journées de championnat qui restent avant la trêve et de faire un résultat en Coupe d'Allemagne le 21 décembre prochain. Et surtout, qu'il n'oublie pas que Clemens Tönnies est avant tout le patron de “Tönnies Fleisch”, une entreprise spécialisée dans la viande...

(1) - Référence à la chanson de l'Avent “Advent, Advent, ein Lichtlein brennt”.

(2) - Albert Streit est arrivé en août 2008 en provenance de l'Eintracht Francfort. Il touche actuellement un salaire de 2,3 millions d'euros par an, mais ne joue pas, car il s'est brouillé avec les dirigeants du club.

Schalke 04/Bayern Munich, aujourd'hui à 18h30
Ali Farhat

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