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M.Estevan : « Rocambolesque »

Quatre montées en cinq saisons et puis c'est tout. Michel Estevan, l'entraîneur d'Arles-Avignon, vient de se voir signifier sa mise au placard par la direction du club. Estevan ne peut plus diriger son groupe, du moins jusqu'au 7 juillet prochain, date de la décision finale du conseil de surveillance acéiste.

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Retour sur un divorce programmé


14 mai 2010 : Arles-Avignon valide son ticket pour la Ligue 1 après une dernière victoire face à Clermont-Foot (1-0). Le défenseur Romain Reynaud parle « d'un exploit d'une bande de potes » et le gardien Cyril Merville vante « les valeurs extraordinaires du club » . Tout un peuple compare Michel Estevan à un messie capable d'amener Arles-Avignon en première division avec le plus petit budget de Ligue 2 (5,7 millions d'euros). Ça pue la fausse allégresse.


2 juin 2010 : Le président Jean-Marc Conrad est licencié par le conseil de surveillance au prétexte des finances incluses dans le nouveau contrat d'Estevan (salaire mensuel de 35 000 €, indemnité de 600 000 € en cas de licenciement). La paire d'actionnaires Marcel Salerno et François Perrot prend les rênes de l'équipe et veut « faire le ménage » . Ça sent le coup de Trafalgar.


18 juin 2010 : Estevan resigne finalement avec le club acéiste et pense avoir « les pleins pouvoirs sportifs » . Tous les dirigeants posent pour la photo de famille. Les deux co-présidents donnent carte blanche en ce qui concerne le recrutement et assurent que tout se passe bien dans le meilleur des mondes. Vous avez dit mensonge ?


30 juin 2010 : Michel Estevan est joint par téléphone et évoque sa situation personnelle.

Comment réagissez-vous à votre mise à l'écart ?


Déjà, je ne suis pas encore viré. J'ai repris l'entraînement lundi et les présidents étaient absents. Il n'y avait qu'une douzaine de joueurs présents. Puis j'ai reçu une lettre de la part de la direction qui m'a signifié que j'étais écarté à titre conservatoire. Je dois participer à une réunion le 7 juillet prochain pour savoir de quoi mon avenir sera fait.

On ne voit pas comment vous pourriez rester entraîneur, non ?


Effectivement, tout porte à croire que je serai définitivement démis de mes fonctions. Mais rien n'est encore décidé.


Avec le recul, comment analysez-vous ces derniers mois ?


C'est rocambolesque cette histoire. J'ai fait monter le club quatre fois en cinq ans, il n'y a pas beaucoup d'entraîneurs qui peuvent se targuer de ce bilan. Et puis j'arrive en Ligue 1, je souhaitais écrire une histoire avec ce groupe. Je suis très déçu.

Les nouveaux présidents vous-ont accusé d'avoir voulu forcer votre prolongation de contrat au sein de la LFP. Que répondez-vous à ces accusations ?


Ah le fameux contrat. Mais vous savez, si je n'étais pas monté à Paris, le contrat n'aurait pas été acté. Et les deux présidents sont aussi allés à Paris pour la validation de ce contrat, chose qu'ils ont d'ailleurs faîte. Je me suis présenté devant la LFP pour rendre caduc cet accord. Tout était réglé et c'est mal connaître la Ligue de foot, composée de grands juristes, que de penser que ce contrat aurait pu être rompu.

Propos recueillis par Romain Poujaud

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