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Lyon tient son milieu

Après avoir éprouvé sa capacité de résistance face au LOSC dimanche dernier, l’OL va devoir remettre ça ce soir face aux Girondins (21 heures). En confrontant pour la première fois son projet de jeu en 4-2-3-1 et le milieu à trois qui le soutient à une autre des équipes du moment en L1.

Il est le dernier à être passé avec ses hommes par Gerland. Alex Dupont avait toutes les raisons d’être dépité par ce match qui aurait pu tourner autrement pour l’AC Ajaccio, défait 2-0 il y a quinze jours. Et pourtant, en fin de partie, le coach biker a fini par lâcher : « Peu d’équipes prendront des points ici. » Au vu des quatre premières réceptions à Gerland, on n’est pas loin du défonçage de porte ouverte dans les règles de l’art – l’OL ayant remporté tous ses matchs à domicile. En écoutant Rémi Garde y aller de son avis en contrepoint, on peut aussi voir les choses autrement : « Notre système de jeu peut changer entre les matchs disputés à l’extérieur et ceux à domicile. Pour celui de dimanche, il est déjà connu. Même si j’aime bien l’adapter en fonction de l’adversaire, je dois aussi tenir compte de nos forces.  » Et après la dernière prestation des Lyonnais en championnat, dans le Grand Stade de Lille, on a compris que les forces de l’OL, quand bien même elles pouvaient être comptées, se situaient surtout dans ce retour au jeu en 4-3-3 accords qui a pris la forme d’un 4-2-3-1.

La maison du milieu

Le retour en question ne doit rien au hasard. Pour reprendre une des expressions préférées de Jean-Michel Aulas, on pourrait même dire qu’il a été « acté » au moment précis où Rémi Garde a paraphé son contrat de deux ans en fin de saison dernière, mettant fin officiellement à la mission qui lui avait été confiée jusque-là : sortir l’OL des crispations héritées de l’ère Puel. Après quoi Garde pouvait enfin incarner cette idée de coach telle qu’il l’avait dessinée à son arrivée à la tête de l’équipe : avec un projet de jeu, un certain sens des valeurs – maison de préférence – et le souci de l’équilibre jusqu’à l’obsession. Dimanche dernier, l’intermède en 4-4-2 qui a obligé l’OL à s’en remettre aux hommes providentiels – Lisandro et Vercoutre pour cette fois – l’a rappelé à sa manière : la formule recherchée par Garde tient moins dans ce 4-2-3-1 que dans le milieu à trois qui a fini par s’imposer au fil des matchs en général et à Gerland en particulier.

La réussite des Lyonnais depuis le début de saison devant leur public pourrait n’être qu’un détail. En vrai, elle est indissociable du discours tenu par l’ancien relais de vestiaire du premier Arsenal de Wenger : l’OL possède une identité de jeu et ce jeu se pratique d’abord vers l’avant. Ce que confirmait il y a peu un ancien de la maison, Sidney Govou : « Pour notre dernier titre avec Perrin, on faisait des 4-1, des 3-2. Honnêtement, on se faisait super plaisir. Et demandez à nos défenseurs s’ils étaient contents…  » (L’Équipe) À défaut de pouvoir ramener le public à Gerland sur la foi de belles affiches de Ligue des champions ou de noms ronflants dans l’effectif, l’OL doit donc se remettre à produire du jeu. Bien sûr, on n’en est pas aux belles arabesques du 4-3-3 des années de domination. Il n’empêche, l’attelage Gonalons-Malbranque-Grenier a montré qu’il savait y faire pour remettre la pratique à l’ordre du jour : belles séquences de conservation de balle, capacité de percussion, maîtrise du grand basculement. Le genre de savoir-faire qui pouvait manquer les saisons précédentes et qui a sans doute quelque chose à voir avec ce qui relie les trois joueurs : leur passage par le centre de formation lyonnais. Car, pendant que les entraîneurs se succédaient à la tête de l’équipe première, les formateurs, eux, restaient les mêmes toutes ces années qui séparent Steed Malbranque de Clément Grenier. Au point de faire des équipes de jeunes et de la réserve le conservatoire du 4-3-3 « à la lyonnaise » , quand celui-ci n’était plus qu’un vague souvenir chez les pros.

La maison du plus fort ?


Pourtant, lorsqu’ils reviennent sur cette réussite, les formateurs en chef, Robert Valette et Armand Garrido, partent moins de l’identité de jeu que de ce qui constitue le cœur même du métier de footballeur : le mental. Steed Malbranque peut bien rappeler sur ses premières sorties que sa technique et sa vision du jeu gravitent au-dessus de la moyenne, tout le club reviendra toujours sur sa détermination à toute épreuve qui en a fait un joueur à part dès ses premières années. C’est ce dont s’est rappelé Lacombe quand il a ramené l’ancien Spurs à l’entraînement. C’est ce qui s’est imposé à Garde qui a fini par le préférer à Fofana pour jouer le relayeur de service. Et pas seulement, si l’on suit un peu plus loin le coach lyonnais : «  Par son expérience, son intelligence de jeu, l’animation offensive et défensive est plus cohérente et peut-être plus variée. Steed soulage aussi Maxime dans son travail. » On en revient alors à cette notion d’équilibre attendue par Garde et qui vaut à l’OL de retrouver davantage de sérénité défensive.

Pourquoi alors s’être passé de ce milieu pour la dernière sortie dans le Nord ? Deux raisons : Rémi Garde compte encore, pour certaines oppositions, principalement contre les cadors de L1, sur Lisandro pour occuper la place de type au-dessus du lot. Ce qu’il a confirmé vendredi, laissant entendre que son capitaine n'aurait pu se montrer décisif s’il avait fallu le renvoyer sur la gauche. La seconde raison tient à la résistance des mecs dans les périodes à plus haute intensité. Pour Garde, il y a ceux qui peuvent enchaîner les matchs (Gonalons et Malbranque) et ceux qu’il faut savoir ménager (Grenier). On ne sait laquelle des deux raisons précède l’autre. En attendant, le choix est clair : il y aura bien un OL de résistance à l’extérieur et un autre de conquête à Gerland. Ne manque plus qu’une dernière étape pour valider la tendance, en se confrontant à une équipe capable de prendre des points entre Saône et Rhône. Ce qui ressemble d’assez près à l’idée qu’on se fait des Girondins en ce début de saison.

Serge Rezza
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