Lyon : Quelque chose a changé ?

Malgré sa victoire 1-0 à aller, on promet à l'OL une nouvelle sortie de route en 1/8 de finale face à des Merengues en pleine euphorie. Un pronostic qu'est venue confirmer en dernier lieu la seconde mi-temps aux allures de démonstration du Real face au FC Séville samedi, pendant que les Lyonnais se remettaient à bégayer leur jeu à Boulogne. Tiens, on n'est déjà plus loin du remake du match aller. De quoi donner envie de déceler quelques raisons de croire enfin à cet exploit sur la grande scène européenne après lequel les Gones courent depuis des années.

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Ne pas se fier aux apparences. Et plus particulièrement à cette allure prise par les Lyonnais depuis quelques saisons à chaque fois qu'ils doivent se frapper l'un des favoris annoncés de la Ligue des Champions dès les huitièmes de finale. Même si, comme ce fut le cas lors des deux éditions précédentes, les Gones ont sorti à l'aller le genre de match qui leur permet d'entretenir l'illusion d'un exploit que l'on guette fiévreusement à la même période chaque année entre Saône et Rhône. Même si, en dépit de ces premières quatre-vingt-dix minutes prometteuses, on finit par les donner perdants, pas franchement taillés comme il faut pour prétendre éliminer plus forts qu'eux et gagner ce passage héroïque du côté des quarts qui leur manque tant.


Lost in la seconde manche ?

Tout serait donc réuni pour entendre à nouveau cette vieille rengaine des illusions perdues et voir l'OL quitter Madrid ce soir avec pour seule récompense ce titre de meilleur second rôle pour soirée de C1. Les néo-Galactiques ne disent d'ailleurs rien d'autre, promettant un nouveau passage par la case enfer aux Lyonnais, forts de leurs quatorze buts enfilés en moins de trois semaines, avec pour hit cette remontée fantastique face au FC Séville samedi dernier –ses trois buts, sa trentaine de tirs cadrés, ses trois poteaux et autant de transversales pour sauver Andrès Palop d'un naufrage intégral. Pour peu qu'ils aient vu en plus l'OL piétiner un peu plus tôt dans la soirée du côté du Stade de la Liberté face aux Boulonnais, on veut bien comprendre que les Merengues abordent les quatre-vingt-dix minutes et quelques restantes en toute confiance.

Du coup, on en oublierait presque que les Lyonnais n'abordent pas vraiment cette seconde manche comme d'habitude. Pour en arriver là, il a fallu remiser les quelques manies de vieux garçons qu'ils se traînaient les saisons précédentes et provoquer l'inédit. A commencer par ce match aller à Gerland, le premier du genre, où l'OL n'encaisse pas ce maudit but qui le condamne à l'impossible exploit. Oubliés les 1-1 à répétition (contre le PSV, Milan AC, MU, Barça), annonciation d'une élimination à suivre. De quoi se dire qu'on tient le signe que quelque chose peut changer et raviver un peu plus encore le credo-maison qui fait du Real le bon client, le seul à ce jour, lorsqu'il s'agit de se payer une belle légende de la scène européenne.

De quoi surtout tenir une certitude, une vraie celle-là, gagnée à même le terrain : grâce à son organisation collective, l'OL est capable de tenir le choc face à la menace offensive madrilène. Une révélation qui prendrait des allures de petite révolution quand on repense à ces temps pas si lointains où l'on demandait à Benzema d'éliminer à lui tout seul des Red Devils au sommet ou à Juninho de multiplier les coups-francs gagnants comme les pains en Galilée pour venir à bout de l'invincible armada blaugrana. Débarrassés de ces hommes providentiels qu'on a devinés plus encombrants qu'autre chose dans les mots de Puel, les Lyonnais savent qu'ils ne doivent désormais compter que sur ce bloc-équipe un peu bas du front et franchement dur au mal pour dégonfler la belle confiance affichée par les Madrilènes.

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Losc, retour aux sources

A peu de choses près, un genre de collectif comme avait su en forger Puel pendant ses années loscistes, l'expérience des grandes soirées européennes en plus. Avec une défense retrouvée depuis que Toulalan fauche à tout-va pas loin devant et que Makoun s'emploie enfin à redorer son blason un rien terni auprès des supporters en allant gêner les transmissions du milieu de terrain madrilène. Comme ça que Xabi Alonso, constamment soumis au harcèlement de Jean II, n'avait pu envoyer les quelques lancements attendus en vain par Kaka ou Cristiano Ronaldo.

On comprend mieux alors pourquoi le retour en grâce de Guti prend des allures de résurrection qui arrive à point nommé côté madrilène. Face à Séville, l'entrée du grand blond aux passes de velours a remis le Real sur les rails et a provoqué un déluge de feu sur les buts andalous que d'aucuns ont vu comme un prémisse à la sale soirée à laquelle doivent s'attendre les Lyonnais. Pas de quoi pour autant semer la panique dans un collectif-über-alles plus soudé que jamais, surtout lorsque l'adversaire le donne perdu et déjà perdant.

Pour tout dire, les choses étaient déjà très claires dès le lendemain de la divine victoire du match aller dans les têtes lyonnaises et dans celle de Toulalan plus précisément : « On n'en a pas encore parlé avec le coach, mais je pense qu'il faudra qu'on joue un cran plus bas pour faire face à la pression qu'ils vont mettre pendant les vingt premières minutes » . Façon de rappeler que, oui, quelque chose a vraiment changé. Pour la première fois, les Lyonnais n'auront pas à se tracasser à l'idée de faire le jeu. Ce qui tombe plutôt pas mal quand on sait que c'est encore ce que cette équipe fait de loin le mieux.

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