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  2. // Lyon/Real Madrid (1-0)

Lyon mord le Real

Au terme d'une seconde période de haute volée, Lyon a dominé le Real Madrid (1-0). Un avantage court mais essentiel pour l'OL qui a eu la bonne idée de ne pas encaisser de but face à ces Merengue moins forts que prévu. Et si Lyon avait dessiné son premier grand exploit en Ligue des Champions ?

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L'Olympique Lyonnais est en déclin et va donc decrescendo. Oui, après avoir rincé le Real 3-0 en 2005, 2-0 en 2006, Lyon s'est contenté d'un petit 1-0 cette fois. On taquine bien entendu car avant ce match aller, qui aurait parié sur un succès rhodanien sur Madrid ? Car ces succès rhodaniens sur les Merengues dataient de la très grande époque lyonnaise conjuguée à la période la plus mesquine du Real des années 2000. Mais voilà, l'avant-match avait été dessiné en trompe-l'œil entre un OL décrié de tous et un Real de nouveau craint par l'Europe entière. C'était oublier que les anciens maîtres de la Ligue 1 présentent un bilan très solide en 2010 (cinq succès, un nul). C'était aussi surestimer la réussite du Real (2e de la Liga) en oubliant que lors de ses tests les plus sérieux, face au Barça, à Séville ou Milan, Madrid avait été surclassé. On avait insisté sur les failles collectives madrilènes qui laissaient quelques espoirs aux Lyonnais certains cette fois, contrairement aux échecs face à Manchester et Barcelone, de ne pas être totalement surclassés collectivement. Restait simplement à ne pas prendre le bouillon individuellement, comme l'OM en poule, dans les un contre un, le fonds de commerce indépassable de la Maison Blanche encore en construction.

Très vite, les deux équipes affichèrent des options de jeu assez voisines, à savoir la recherche du contre, finalement plutôt logique pour deux formations pas forcément très habiles dans la domination du ballon. Mais au regard de la différence de vitesse, l'OL était placé encore plus bas que le Real, Toulalan étant si près de sa charnière centrale qu'on aurait presque pu croire à une défense à cinq. Ceci étant, le Real n'avait rien à envier à la prudence rhodanienne avec la titularisation rarissime de Mahamadou Diarra, pas forcément aligné pour produire du jeu. Chat échaudé, hein... Car le Real a clairement la pression de devoir enfin briser le signe indien en huitièmes de finale qui le guette depuis six ans. Pas question donc de jouer au plus malin.


Ronaldo en mode bouffon

Après quelques minutes d'observation parsemées de coups de pied arrêtés foirés par Pjanic ( « Juni, reviens putain » , devait se dire alors Lacombe), les choses sérieuses débutaient au bout de dix minutes : ouverture croisée de Delgado pour la volée non-cadrée de Govou dans un angle qui rappelait furieusement sa frappe canon face au Bayern il y a dix ans pour sa naissance au plus haut niveau. Cette action indiquait surtout la tendance de la soirée côté lyonnais avec un travail de très haut niveau des deux joueurs de couloirs. Cinq minutes plus tard, Cristiano Ronaldo répondait à cette alerte d'une talonnade inspirée pour Higuain bien coupé dans la surface par la défense des Gones. Mis en confiance par cette déviation réussie, Ronaldo allait s'adonner à son péché mignon : les bouffonneries techniques inutiles. Tout le contraire de Lisandro Lopez, combattant de l'impossible, régulièrement à son avantage dans les duels, au four, au moulin et prompt à faire un sort à la boulangère si d'aventure elle venait michetonner trop près. Comme sur cette tête, hélas pas assez appuyée seul devant Casillas (36e).

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Mais au vrai, c'est tout le Real qui faisait preuve de légèreté en s'acharnant à vouloir passer dans l'axe. Face à tant de bêtise tactique, l'OL sortait de sa réserve et finissait la première période plus fort, témoin cette volée météorique de Cesar Delgado sur le poteau de Casillas complètement aux fraises (40e). Comme tous les Merengues à l'approche de la pause. Mais, en grande équipe, le Real avait su faire le dos rond pour rejoindre les vestiaires sans dommage. A moins que ce ne soit l'OL qui, en équipe moyenne, n'avait pas su profiter de son temps fort. Rédhibitoire à ce niveau... ou pas !


Que de balles de 2-0 !

Car au retour, Makoun, lancé plein axe face à une défense madrilène sur les talons, déclenchait une frappe somptueuse du coup de pied qui se logeait direct dans la lunette de Casillas (46e). Quatrième but du Camerounais en Ligue des Champions. Mené, le Real allait réagir, non ? Ben, non. Au contraire, c'est Lyon qui continuait à ambiancer le dancefloor. Lisandro tourmentait à lui seul toute la défense castillane, à l'image de ce dégagement totalement bazardé par Casillas directement sur l'Argentin qui croisait un poil trop son tir. Le même Lisandro décalait magnifiquement Cissokho pour un duel face to face avec Casillas mais le portier de la Seleccion gagnait son duel. Gaffe les Gones, gaffe ! Car en face, tour à tour Ronaldo (frappe flottante des vingt mètres) et Higuain (parti dans le dos de la défense) étaient près de l'égalisation mais Lloris sortait le grand jeu, comme un message aux fans de San Iker : et si c'était lui le meilleur portier de la planète ?

Devant tant de misères, Pellegrini sortait Higuain, très discret, pour Benzema à l'heure de jeu. Mais c'était bien Lyon qui dictait le tempo. On retrouvait même des séquences de pressing dignes de l'OL de temps pas si lointains. Le contraste était d'autant plus saisissant qu'en face Madrid brassait de l'air, mal disposé, mal inspiré et très peu en jambes, surtout Kaka, absolument méconnaissable. La fin oscillait entre résistance lyonnaise éclairée par quelques situations de contre, et vague pression madrilène. Comme une manière de renoncement. A moins que ce ne soit le signe d'un Real déjà la tête tournée vers le match retour. On en salive d'avance.

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