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Lyon, l'ennui fauve

C'est acquis, l'OL ne joue plus pour le titre. Pourtant, en recevant Montpellier ce soir, les Lyonnais ont l'occasion de creuser un premier écart avec la concurrence pour une place en Ligue des Champions. Suffisant pour tromper l'ennui de cette nouvelle saison sans titre ?

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A entendre la rumeur qui descend à nouveau de ses tribunes, Gerland semble bien parti pour redevenir la capitale de l'ennui sonore. Un titre facilement oublié lors de ces années où la domination s'accompagnait d'un souci pour l'esthétisme qui ne laissait pas les chœurs de Gerland indifférents. Depuis, la domination a fini par fuir Lyon et, forcément, les victoires d'aujourd'hui paraissent moins belles que celles d'hier. Pour tromper l'ennui qui pointe certains soirs de match, les supporters se rappellent entre eux les beaux mouvements ou les gestes rares pour lesquels ils ont pu envoyer quelques râles de plaisir. Avant de recevoir Montpellier et d'anticiper une fin de saison qu'on imagine volontiers aussi duraille qu'a pu l'être le début, ils feraient mieux de se rappeler des pires matchs jamais vus à Gerland. La dernière visite des Héraultais entre Saône et Rhône avant la trêve hivernale de la saison passée en fait très certainement partie. A l'époque, les Lyonnais rincés par un début de saison tout entier dévoué à la qualification en Ligue des Champions s'embarquent pour une période de blues épais qui plombe leurs derniers espoirs de reconquête d'un titre en championnat. A ce jour, cette prestation proche du désastre reste comme la secousse la plus sévère jamais enregistrée chez Jean-Michel Aulas – il avait avoué quelques semaines plus tard avoir songé à tout abandonner après cette défaite (1-2).


Près d'un an et demi plus tard, les quelques signes envoyés par le camp lyonnais avant de retrouver Loulou et ses boys donnent l'impression que rien n'a vraiment changé à Tola Vologe. Si les hommes de Claude Puel sont parvenus tant bien que mal à faire illusion face à plus moribonds qu'eux la dernière fois qu'ils ont joué à Gerland (3-0 face à Lens), les doutes et l'étrange fébrilité aperçus contre Rennes puis Nice les ont rattrapés lors du dernier déplacement au Parc des Princes. Une prestation qui a fini de convaincre les premiers intéressés eux-mêmes, les joueurs, comme l'a précisé Jérémy Toulalan : «  On va d'abord se concentrer sur la troisième place. Une fois qu'on l'aura assurée, on visera la deuxième » . On a compris le message : l'OL n'a plus les moyens d'incarner le patron de service. Non pas parce qu'il se retrouve dans le rôle du go-between condamné à regarder le LOSC et l'OM disputer seuls le sprint final pour le titre et à devoir s'en remettre aux piétinements de la meute calée dans son sillage en vue d'une place en Ligue des Champions. Mais à cause plutôt de cet entre-deux dans lequel il va falloir naviguer jusqu'à la dernière journée, entre une nouvelle saison sans titre, donc foirée, et celle d'après déjà présente dans toutes les têtes.

Lisandro, tête de mule

Ça commence avec Claude Puel qui occupe une place qu'on a déjà promis tant et tant de fois à d'autres. Le coach lyonnais a beau maintenir les apparences en répétant « mon présent est à Lyon, et mon avenir est à Lyon » , sa gestion de fin de saison rappelle par moments celle qui avait cours du temps d'Alain Perrin. Lorsqu'en conférence de presse d'après-match il finit par lâcher qu'il ne sait plus s'il doit appeler ses hommes à jouer en position haute ou basse. Lorsqu'il se laisse convaincre en plein match par ses joueurs de ramener son 4-2-3-1 en délicatesse vers un 4-4-2 pour lequel milite une partie du vestiaire, cette tête de mule de Lisandro surtout. Pour un manager appelé à maîtriser le domaine sportif jusque dans ses moindres détails, on repassera. Il faut dire aussi qu'il faut composer, côté joueurs, avec une ligne à peine plus claire. Sans Yoann Gourcuff qui, en laissant déborder ses difficultés aperçues sur le terrain le temps d'une confession grand public – « Sur le terrain, il ne faut pas être timide mais aujourd'hui j'ai peur de prendre des responsabilités » –, vient rappeler que la question du leader technique n'a toujours pas survécu au départ de Juninho. Ou avec des titulaires qui pourraient être sur le départ (Michel Bastos, Lloris, Delgado, Källström) dans l'espoir de ramener les comptes de la maison à flot. A la recherche enfin d'un nouveau daron pour le vestiaire depuis qu'on a demandé à Cris de faire banquette, nécessité ravivée par le passage express de Caçapa ces derniers jours à Tola Vologe, lui qui avait su fédérer tout le vestiaire, au point de se voir envoyer du « papa » par les gars.


On y revient, mais finalement, Toulalan tape plus juste qu'on ne le pense quand il explique que cette place de troisième, puis de deuxième reste la dernière chose que l'OL est en mesure d'assurer. D'autant qu'en recevant des Montpelliérains tout juste sortis de leur finale de Coupe de la Ligue perdue, les Lyonnais tiennent l'occasion d'occuper le rôle dans lequel ils ont été les plus convaincants ces dernières saisons : le second rôle. Celui qui pourrait leur permettre de prendre un peu d'avance sur les poursuivants parisiens et rennais, avant de s'en aller arbitrer la lutte à distance entre Marseillais et Lillois. Preuve que sous l'ennui apparent de cette fin de saison, ce Lyon-là a de quoi sentir encore un peu le fauve.


Serge Rezza

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