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Lyon et le modèle lillois

Le sommet entre le LOSC et l’OL devait départager deux candidats à la course au titre. Une victoire nordiste plus tard (3-1), il semblerait qu’il ait révélé bien plus que ça. Quelque chose comme la différence entre une grande équipe et une autre qui cherche encore à le redevenir.

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« Une grande équipe ne perd jamais deux fois de suite.  » Pour peu qu’on veuille s’en tenir à l’aphorisme laissé en héritage par Gérard Houllier du côté de Tola Vologe, il n’y a pas à chercher bien loin pour donner un sens au sommet de la 11ème journée de Ligue 1 : des deux adversaires de la veille, le LOSC est bien l’équipe la mieux taillée pour conserver sa place de prétendant au titre. Ou du moins l’idée qu’on s’en fait depuis quelques journées en L1, à savoir une bande de types capable de suivre le rythme imposé en tête de classement par la hype parisienne.

Une formule en Nord

Reste que pour y parvenir, les Lillois ont compris qu’il valait mieux tenir ces quelques éléments qui distinguent les grandes équipes des autres. Ceux qui ont assisté aux années de domination lyonnaise en connaissent la composition par cœur. Pour les autres, la rencontre d’hier soir a pu prendre l’apparence d’une petite révélation. Si les Dogues n’en sont pas encore à graviter loin au-dessus du reste de la concurrence, ils n’en possèdent pas moins cette forme d’autorité qui leur permet d’imposer leur jeu, y compris à un adversaire direct dans la course au titre. Face au pressing intense ordonné par le 4-3-3 nordiste dans leurs 35 mètres, les Lyonnais n’ont eu d’autre choix que d’évoluer le plus clair du temps en deux lignes bien resserrées, trop basses pour ne pas avoir à provoquer ces coups de pied à répétition très étouffants. On pourra toujours évoquer une fragilité récurrente de la défense centrale des Gones quand ça commence à secouer sévère, voire un manque d’expérience certain de Koné dans cette succession de matchs à très haute intensité. C’est encore cette capacité à proposer une idée de jeu précise et à la réciter le temps d’un match qui manque pour l’instant à Rémi Garde et ses hommes pour pouvoir frayer dans la même catégorie.

Une question sans doute d’épaisseur physique et tactique. Une question d’effectif également. A ce titre, le comparatif des entrées et des sorties en cours de match suffit à cerner la différence entre une grande équipe de L1 et une équipe de L1 presque comme les autres. Difficile pour Rémi Garde de tenir la comparaison, obligé coup sur coup d’aligner coûte que coûte un Källström sur une patte, avant de faire prendre le bouillon aux rookies du jour au plus fort de la domination lilloise, Fofana et Lacazette. La faute à ces variations tactiques que Rudi Garcia a pu s’offrir en faisant entrer de son côté Cole, Pedretti et Jelen. De quoi emporter cette décision que Eden Hazard n’avait su provoquer jusque-là. Si le prodige belge n’a pas été pour une fois à la hauteur de ses dernières prestations, il reste encore celui qui incarne le mieux l’idée qu’on a du joueur de classe internationale.

Difficile d’être humble

Côté lyonnais, l’éclair de Gourcuff et l’ouverture du score de Briand qui a suivi à la 22ème minute n’auront jamais servi que de cache-misère. Depuis le début de la saison, la chronique lyonnaise n’en finissait plus de se demander quelle était la valeur réelle de cet OL nouveau, annoncé volontiers plus humble à grands renforts de comm’. Quatre jours après avoir appris que cette humilité n’était pas franchement compatible avec les grandes rencontres sur lesquelles se construisent les ambitions de Ligue des Champions – et pas celles qui se jouent contre l’Ajax ou le Dinamo Zagreb –, on vient de comprendre que l’OL serait trop juste pour remettre au goût du jour sa domination sur la Ligue 1. Rien de surprenant quand on sait à quel point le club lyonnais s’attache depuis l’arrivée de son newbie de coach à reprendre sa politique de projet là où il l’avait laissée, quelque part à la fin des 90’s. Quand une qualification pour les huitièmes de Ligue des Champions était tout sauf une évidence et qu’il fallait batailler sec pour arracher une place dans le trio de tête en championnat.

Le déplacement au Stadium Nord n’a fait que rappeler ce qui avait motivé le choix de Garde l’été dernier et qu’on avait fini par oublier à la faveur d’un début de saison convaincant. Si l’ancien Gunner sait y faire pour s’adapter aux circonstances du moment - celles qui ont autant à voir avec la gestion de son effectif qu’avec l’adversaire du jour - l’effet Garde arrive à bout de souffle quand le talent est à l’œuvre en face. Bien plus qu’un simple coup de pompe passager, les deux dernières défaites ont rappelé aux Lyonnais tout ce qui leur manquait pour le moment : une idée de jeu qui s’impose au gré des circonstances, un effectif à la hauteur jusqu’en bout de banc et un joueur de classe internationale.

Autrement dit, pour revoir à nouveau l’OL devenir raccord avec ce qui fait une grande équipe, il faudra attendre encore un peu. Un retour de Lisandro annoncé dans le rôle de l’homme providentiel, une reprise des affaires par Gourcuff là où il les a laissées il y a deux ans, la confirmation de Gonalons dans le rôle du patron au milieu. Et surtout, remettre la main sur ce savoir-faire qui avait fait de l’OL quelque chose comme une exception taillée pour les grands soirs d’Europe ou de L1. Une sorte de mojo donné pour perdu mardi dernier par Réveillère dès la sortie des vestiaires : « Dans l’ensemble, on a une équipe jeune qui n’a pas l’expérience de cette compétition. » D’ici là, l’OL ne sera jamais qu’une grande équipe en devenir. De celles à qui il arrive de perdre deux fois de suite.

Par Serge Rezza
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