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Lyon et le match d'après

Tout juste après avoir liquidé le dernier titre qui lui restait, celui de bête noire du Real, l'OL retrouve le Stade Rennais pour défendre sa place dans le quarteron des prétendants au titre. Un sommet qui arrive trop vite ? Ce qu'on sait, c'est que les Lyonnais l'ont vu arriver de loin...

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Ce qu'il y a de bien avec l'OL, c'est qu'il prend un malin plaisir à vous faire croire que les saisons se suivent et finissent par toutes se ressembler. Au point de voir les joueurs se prêter au jeu et vous prévenir qu'il ne faudra pas trop compter sur cette fois pour donner un tour inattendu à la fin de saison qui s'annonce. La semaine passée, Jérémy Toulalan s'y était collé. Invité sur OL TV à revenir une dernière fois sur l'épisode cafardeux qui avait plombé son début de saison, il avait profité de l'occasion pour balancer le teaser du match de ce soir face à Rennes : « Ce n'est jamais le match qui vient avant celui de Ligue des Champions qui est difficile. C'est celui d'après. »

La mémoire neuve


On pourrait croire qu'avec cinq saisons au compteur et un nouveau bail pour les trois qui viennent, Toulalan sait de quoi il parle. Les résultats des deux dernières saisons semblent d'ailleurs ne pas dire autre chose, avec ce nul face à Saint-Etienne (1-1) après l'exploit de Bernabeu et la défaite à domicile devant Auxerre (0-2) dans la foulée de la raclée reçue face au Barça. On pourrait s'en tenir là et considérer cette nouvelle page européenne qui s'est refermée brutalement mercredi soir comme le prémisse d'une fin de saison duraille. À moins de ne pas vouloir se fier aux seules apparences que même un type de confiance comme Toulalan a bien voulu vous livrer un soir de confessions intimes sur le plateau d'OL System. À Lyon comme ailleurs, la mémoire reste une affaire de sélections.

Du genre à voir un club ramener volontairement à la surface ses démons qui avaient salement remué le chapitre de fin de saison il y a deux ans après la déroute du Nou Camp. Un souvenir qu'on n'a eu de cesse d'agiter ces dernières semaines, Claude Puel en tête : « Après l'élimination contre Barcelone, la saison était terminée. C'était une vraie dépression. Plus rien ne les intéressait derrière. Ils ne voulaient plus s'entraîner, jouer... Les gens ne s'en rendent pas compte, mais atteindre cette troisième place, ça a été très costaud. » (Lyon Capitale) À force de voir tout ce petit monde resservir pareil traumatisme, on en arrive à se dire qu'il doit bien avoir quelques vertus. Pour servir de repoussoir ou de précaution bien utile. Ou tout simplement pour annoncer que, de Toulalan à Claude Puel, tout l'OL ne tendait plus que vers une seule idée avant même de s'en aller jouer le retour à Madrid : le « match d'après » . Et avec lui, la course au titre en Ligue 1.

Après tout, les derniers résultats du club lyonnais ne disent pas autre chose. Alors que les saisons passées, les Gones se révélaient aussi inconstants en championnat qu'ils pouvaient manifester une rigueur à toute épreuve en Ligue des Champions, ils semblent avoir inversé l'ordre priorité cette saison. Quand la défense lyonnaise se distingue pour ses opérations portes ouvertes sur la scène européenne (treize buts encaissés en cinq matchs), elle passe pour intraitable une fois de retour au quotidien de L1 (deux buts en cinq matchs).

Feuille de route


Dans un club où l'obsession de la Ligue des Champions reste la chose la mieux partagée, le contraste a de quoi étonner. Bien entendu, la solidité défensive accompagnée d'une toute nouvelle profusion offensive en championnat est difficilement dissociable de la compétition européenne qui sait mobiliser les hommes comme jamais dans une saison, leur permettant de monter en régime. Reste qu'elle peut révéler une autre réalité, celle d'un OL davantage calibré pour disputer la course à étapes en L1 que pour jouer les reines d'un soir côté Europe.

Toute la question est de savoir à quel niveau se situera l'engagement des Gones au moment de disputer ce « match d'après » aux airs de juge de paix. Face à une formation rennaise qui passe pour la plus dure et la plus physique du championnat, il faudra sans doute retrouver cette intensité qui a fui le collectif lyonnais mercredi dernier une fois l'illusion de la première demi-heure évanouie. Les incertitudes portent d'abord sur le milieu où promet de se jouer la bataille. Dominé par les Merengue, il n'a eu que trois jours et deux petites nuits pour se refaire une santé – et peut-être un peu plus en voyant Gourcuff aller s'enfoncer à l'arrière du banc après 69 minutes sans âme. Le retour de Pjanic, pour peu que Puel confirme l'option 4-4-2 aperçue la semaine passée à Sochaux, permettrait de soulager le meneur de jeu pour la partition technique.

Ailleurs, ce sont les limites de l'effectif qui risquent d'être mises à l'épreuve. Bastos indisponible pour huit semaines et Delgado contraint de ménager ses adducteurs, Claude Puel devra établir une hiérarchie entre Jimmy Briand, pas franchement à la hauteur mercredi soir, et Jérémy Pied qu'on a surtout appris à apprécier pour ses qualités de supersub. En défense centrale, entre déclarations d'intention et prestations inégales, ni Cris ni Diakhaté n'est parvenu à prendre la place qui reste à côté de Lovren.

Même si le turn-over a convaincu jusque-là à mesure qu'il reprenait du service en championnat, Jean-Michel Aulas n'a pu s'empêcher de repasser par là mercredi en fin de soirée pour fixer la feuille de route : « Nos joueurs n'ont pas su hisser leur niveau de jeu face à une grande équipe madrilène. » Un constat clinique qui évacue les derniers fantasmes de bête noire du Real et ramène son équipe à ce qui doit être son vrai niveau cette saison, celui de prétendant au titre en Ligue 1. Encore un peu et on jurerait avoir compris que ce retour perdu à Bernabeu n'était finalement rien d'autre qu'un « match d'avant » .

Serge Rezza

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