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Lyon, c’est aujourd’hui demain

Ce soir, l’OL accueille Toulouse pour boucler la 16ème journée de L1. Une affiche pour déterminer l’équipe la mieux taillée pour la lutte à la 3ème place. Une rencontre aussi pour décider de quelque chose comme l’avenir de l’OL.

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On a le droit de penser, avec Aragon, que la femme est l’avenir de l’homme. Jean-Michel Aulas vient de rappeler que l’homme reste encore l’avenir de l’OL. Alors que Gerland accueillait hier soir la rencontre au sommet de la D1 féminine entre les filles de Lair et celles de Juvisy (1-1), le président lyonnais désertait sa place en tribunes pour honorer une invitation à un mariage. Nul doute qu’il retrouvera sa place aux côtés de Bernard Lacombe, ce soir, pour un match qui vaut bien plus qu’une simple tête d’affiche dominicale. Disons-le tout net, un de ces rendez-vous autour desquels peut se jouer une bonne partie de l’avenir lyonnais.

Cheap et sexy

Pour en saisir la portée, on pourrait relancer la rengaine du match qui doit passer au révélateur les ambitions lyonnaises. Ce serait oublier les quelques rencontres qui ont permis de situer le niveau de l’OL cette saison, tant en championnat (face au LOSC, au PSG et au Stade Rennais) qu’en Ligue des Champions (Real, Ajax) : à la lutte pour la troisième place en Ligue 1 et en Europa League. Cet état des lieux, Rémi Garde l’a rappelé cette semaine en demandant « une place sur le podium avant Noël  » . Ce qui pourrait s’apparenter à une revue à la baisse des ambitions historiques de l’OL – jouer le titre et confirmer sa place de meilleur second rôle en Ligue des Champions – ne correspond jamais qu’au cahier des charges stipulé en début de saison.

Maintenant que les ambitions sont bien établies, reste encore à trouver la formule qui permettra de s’y conformer. C’est là que l’affaire peut se compliquer pour Rémi Garde. Jusqu’à présent, le coach newbie s’était surtout distingué pour sa capacité à s’adapter aux absences qui se sont succédées au sein de l’effectif lyonnais. L’occasion de découvrir quelques jeunes pousses prometteuses (Grenier, Lacazette), un boy next door dans le rôle du patron au milieu (Gonalons) et des types décisifs contre toute attente (Gomis, Briand). Avec le retour d’un groupe enfin au complet, on va demander à Rémi Garde d’occuper cette fois le rôle tel qu’il lui avait été confié l’été dernier : celui de « directeur technique » . Autrement dit, le type à qui il revient de mettre en forme les choix stratégiques de la direction. A sa prise de fonction en juin dernier, il était alors question de ranimer une certaine idée de jeu à la lyonnaise et de remettre au goût du jour un savoir-faire maison en termes de recrutements malins et de promotion de la formation. En résumé, monter une équipe à la fois cheap et sexy.

Cris et chuchotements

Force est de constater qu’au moment de prendre cette mission à bras le corps, Rémi Garde ne dispose que d’un nombre limité de certitudes. Pour s’en rendre compte, il faut s’arrêter sur les trois débats qui agitent les différents secteurs du jeu lyonnais. En défense d’abord, où la place de Cris n’en finit plus d’être discutée. Celle de défenseur en chef largement contestée par Lovren qui, à coups d’interventions décisives et de relances bien senties, confirme les attentes placées en lui à son arrivée entre Saône et Rhône. Celle de taulier de vestiaire que Garde semble vouloir prolonger envers et contre tout. Les quelques murmures sortis de Tola Vologe laissent entendre que cette place ne suscite plus l’adhésion attendue. Le Policier ne s’est jamais imposé qu’à la façon d’un leader par défaut, dernier vestige des années de domination qui n’a gagné cette place qu’on lui accorde qu’à la faveur des départs de ceux qui tenaient alors le vestiaire lyonnais – Caçapa, Juninho, Govou ou encore Coupet. D’autant qu’on croyait avoir compris en début de saison que le vestiaire du moment avait déjà désigné son leader naturel, Lisandro, qui avait convaincu dans le rôle du capitaine qui sait remuer son monde quand ça menace de secouer sévère.

C’est encore au milieu que les chuchotements se font les plus persistants. Ils n’en finissent plus de ramener la chronique lyonnaise au grand mystère de cette première moitié de saison : Yoann Gourcuff. Si l’ex enfant chéri du foot français a rassuré en grande partie sur sa faculté à retrouver ce volume et cette finesse technique que l’on croyait perdus, il n’a toujours pas trouvé sa place dans le jeu lyonnais. La faute à cet isolement rappelé la semaine dernière à l’Abbé-Deschamps le temps d’une célébration sur le premier but de Lisandro lorsque toute l’équipe est venue sauter dans les bras de l’autre absent du jour, Bafé Gomis, sans que Gourcuff y prenne part. La faute surtout à ce jeu d’un meneur qui cherche encore trop souvent à se rassurer dans ses prises de balle, quitte à oublier que les déplacements de Bastos ou Briand appellent un jeu plus direct, en première intention. C’est ce qu’a précisément compris Ederson, sollicitant les passes redoublées et créant les intervalles qui mettent le jeu lyonnais en mouvement. Façon de rappeler qu’en cas de nouvelle titularisation du Brésilien, l’idée d’un départ à moindres frais de Gourcuff pourrait bien prendre de l’ampleur. Garde peut bien affirmer qu’il a dans l’idée de replacer Yoann en Pirlo – à la façon d’un relayeur placé un cran en-dessous –, pas sûr que cela corresponde aux intérêts du joueur. Ni à ceux d’un club en quête d’argent frais, d'ailleurs.

Un Licha et un Bafé

Reste que l’avenir du jeu lyonnais n’est pas réductible au seul mystère Gourcuff. Il concerne aussi la question du système que doit encore trouver Rémi Garde. Et là, c’est devant que l’affaire promet de se régler. Les retours gagnants de Lisandro et Bastos la semaine dernière (trois buts et une passe décisive à eux deux) ont rappelé qu’il valait mieux jouer avec des types providentiels que sans. Encore faut-il savoir comment. Le début de saison avait consacré le 4-4-2 dans lequel Licha s’en donnait à cœur joie avec son Bafé de pivot. Avec les retours des meneurs dans la place, Garde a ressorti le 4-5-1 – ce 4-3-3 historique qui ne dit pas son nom – qui reste à ce jour la formule la plus convaincante au moment de retrouver une certaine idée de jeu à la lyonnaise. On a beau savoir que les joueurs se foutent bien de ce genre de considérations esthétiques, c’est aussi à travers les choix de ce type que se dessine une certaine idée de l’avenir lyonnais. Entre continuer à jouer au jour le jour ou bien voir au-delà en prenant le temps de se construire une identité de jeu – les automatismes et le onze-type qui vont avec. Pour ça, on ne contestera pas le choix de JMA d’occuper sa place en présidentielle aujourd’hui plutôt qu’hier. Ne serait-ce que pour voir se jouer une bonne part de l’avenir des hommes.

Serge Rezza
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